Antoine Meyer

Antoine Meyer alias Antun Meyer, né le à Luxembourg et mort le à Liège[1], était un professeur de mathématiques et un poète luxembourgeois puis belge à partir de 1842.

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Antoine Meyer
Biographie
Naissance
Décès
(à 55 ans)
Liège
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plaque commémorative

Outre ses travaux concernant les mathématiques, il est connu pour ses ouvrages de poésie en langue luxembourgeoise, ainsi que pour avoir tenté de donner une grammaire et une orthographe à cette langue[2].

Biographie

Né dans une famille modeste, Antoine Meyer est le fils de Hubert Meyer, cordonnier de profession et d'Elisabeth Kirschenbilder[1].

Après avoir terminé ses études humanitaires à Luxembourg, Meyer alla en 1818 suivre les cours de l'Université de Liège et y obtint des succès. Pendant un séjour de six ans qu'il fit dans cette ville, il s'adonna principalement à toutes les branches des mathématiques pour lesquelles il se sentait une vocation toute particulière[1].

En 1824 il obtint le diplôme de Docteur en sciences, mathématiques et physique. Pour se perfectionner de plus en plus, il conçut le projet d'aller à Paris entendre quelques-uns des maîtres de la science, il partit en conséquence. Pendant tout le temps qu'il habita Paris, il fut comme à Liège obligé de pourvoir à ses besoins en se livrant à l'enseignement privé[1].

En 1826, l'administration communale d'Echternach l'attira dans cette ville pour lui confier une chaire dans son collège qu'elle tentait de réorganiser. Il y enseigna les mathématiques, le latin, le grec, l'allemand, le hollandais et le dessin linéaire appliqué aux arts, jusqu'en [1].

Pendant son séjour à Echternach, Meyer avait eu l'occasion d'écrire et de publier dans le journal de Luxembourg, sous le titre de Fragment d'une lettre trouvée à l’ermitage d’Echternach, une espèce de satire contre les tendances de l'époque pour centraliser les établissements d'instruction moyenne[1].

Il obtint par la suite une nomination de professeur de mathématiques à l'école militaire de Bréda, qu'il quitta en 1830 ; puis fut nommé pour le même poste au collège de Louvain en 1831. Quelque temps plus tard il entra en la même qualité à l'institut Gaggia, à Bruxelles, où il resta jusqu'en 1837[1].

Après l'érection de l'Université libre de Bruxelles, il y obtint en 1838 la chaire de mathématiques supérieures et peu de temps après, le gouvernement l'attacha au dépôt de la guerre en qualité de calculateur. Placé désormais dans une position stable, Meyer ne tarda pas à devenir auteur. L'année même de son entrée à l'Université de Bruxelles, il publia son premier ouvrage de mathématiques supérieures sous le titre de Quelques développements d’analyse combinatoire. D'autres suivirent rapidement et attirèrent sur lui l'attention de l'Académie royale de Belgique qui l'admit le au nombre de ses correspondants[1].

Lorsqu'en 1849 une chaire de mathématiques supérieures devint vacante à l'Université de Liège, il l'obtint. Plus tard, la mort a surpris Meyer au milieu de l'impression d'un travail étendu et dont plusieurs feuilles étaient déjà prêtes à être livrées au public, celui-ci était intitulé Essai sur une exposition naturelle de la théorie analytique des probabilités a priori[1].

Meyer était également peintre pendant ses moments de distraction. Il s'occupait volontiers à représenter sur la toile différents sujets dont plusieurs ont été appréciés par des connaisseurs. Il a peint, entre autres, une grande vue du marché et de l'église abbatiale d'Echternach[1].

Auteur en langue luxembourgeoise

En 1829 il publie un recueil de poésies composées dans le dialecte de Luxembourg-Ville, auquel il a donné le titre de E' Schrek ob de lezeburger Parnassus (Un pas sur le Parnasse luxembourgeois)[3]. Cet écrit serait le premier essai qui eût été fait pour écrire et pour poétiser la langue luxembourgeoise[1]. L'auteur l'a fait précéder de remarques sur la grammaire et les méthodes qu'il a suivies dans la fixation de l'orthographe[3].

En 1832 à Louvain, dans le même format, il publie sous le titre de Jong vum Schreck op de Letzeburger Parnassus, une seconde brochure de 18 pages de nouvelles poésies de ce genre ; en 1845 à Bruxelles, une troisième, intitulée Luxemburgische Gedichte und Fabeln, accompagnée d'une introduction sur la grammaire, avec interprétation des mots propres au dialecte luxembourgeois et des expressions ou tours de phrase particuliers à cet idiome, par M. Gloden ; ainsi qu'une quatrième à Liège, en 1853, suscrite Oilzegs Klæng (Oilzegt-Kläng)[1].

D'après Félix Thyes, c'est à M. Meyer que revient l'honneur d'avoir, le premier, tiré cette langue de l'indifférence et du mépris où elle gisait. Et d'avoir créé, en quelque sorte, une littérature nouvelle. Il avait voulu prouver « que le dialecte luxembourgeois n'est pas aussi rude, pauvre, déréglé, raide et barbare que beaucoup de Luxembourgeois de naissance veulent le prétendre avec un ton ironique »[4].

Publications

  • Nouveaux éléments de Goniometrie, Liège, Dessain, 1854
  • Manuel d'un cours de calcul différentiel, Liège, Dessain, 1855
  • Nouveaux éléments du calcul des variations, Liège, Dessain, 1856
  • Essai sur une exposition nouvelle de la théorie analytique des probabilités à posteriori, Liège, Dessain, 1857

Publications en luxembourgeois

  • E' Schrek ob de' lezeburger Parnassus, Lezeburg, Lamort, (lire en ligne)
  • Jong vum schrek op de' letzeburger parnassus, Léwen, Massar-Meyer, (lire en ligne)
  • Luxemburgische gedichte und fabeln : nebst einer grammatischen einleitung und einer wörtererklärung der dem dialekt mehr oder weniger eigenartigen ausdrücke, von Gloden, Brüssel, Delevingne und Callewaert, (lire en ligne)
  • Oilzegt-Kläng, Lüttich, Dessain, (lire en ligne)
  • Règelbüchelchen vum lezeburger Orthoegraf, en Uress, als Próf, d'Fraèchen aus dem Hâ, a Versen, Liège, 1854

Liens externes

Notes et références

  1. Auguste Neÿen, Biographie Luxembourgeoise : histoire des hommes distingués originaires de ce pays, considéré à l'époque de sa plus grande étendue, ou qui se sont rendus remarquables pendant le séjour qu'ils y ont fait, Luxembourg, Pierre Bruck,
  2. Philippe Vandermaelen, Dictionnaire géographique du Luxembourg, Bruxelles, 1838
  3. Dictionnaire des hommes de lettres, des savans et des artistes de la Belgique ; présentant l'énumération de leurs principaux ouvrages, Bruxelles, 1837
  4. Félix Thyes, Essai sur la poésie luxembourgeoise, Bruxelles, 1854
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