Antonin Jean Desormeaux

Antonin Jean Desormeaux () est un chirurgien et urologue français, inventeur du premier endoscope largement connu et ayant des applications dans la pratique[1],[2] ; il a aussi créé le mot. Un otoscope (endoscope pour l'oreille) existait avant et était utilisé par son inventeur, Jean-Pierre Bonnafont[3],[4].

Antonin Jean Desormeaux
Antonin Jean Desormeaux
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Biographie

Antonin Jean Desormeaux naît en 1815 à Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Il est le fils du professeur Marie-Alexandre Desormeaux, médecin accoucheur, titulaire de la chaire de Jean-Louis Baudelocque[5] et inventeur d'un instrument médical[6],[7],[8],[9]. Non seulement son père et ses deux grands-pères étaient médecins[10], mais, du côté paternel, il était la quatrième génération de cette profession[11].

Antonin Jean perd sa mère quand il a 8 ans et son père quand il en a 15. Il étudie dans ce qui est aujourd'hui le lycée Jacques-Decour[10].

À partir de 1833, il est externe chez Gabriel Andral, Alfred Velpeau, Auguste-François Chomel, Pierre Rayer[5] et Philippe Ricord[10],[12]. « Désormeaux, à 20 ans, continu[e] les cours d'accouchement de son père[13] ». En 1839, il est interne des hôpitaux de Paris ; il est de la même promotion que Claude Bernard et Alfred Richet. Il soutient sa thèse de doctorat en 1844. Il se marie en 1849[10]. En 1851, il écrit les procès-verbaux de la première conférence sanitaire internationale[14], dont il est le secrétaire.

Il travaille ensuite au Bureau central des hôpitaux[15], à l'hôpital de la Maternité[16], à l'hôpital de Lourcine (où il devient chef de service), à l'hôpital Cochin et, à partir de 1862, à l'hôpital Necker (où le service est dirigé par Morel-Lavallée) ; dans ces deux derniers hôpitaux, de 1860 à 1866, il donne aussi des conférences[17]. Il a beaucoup d'attachement pour Necker.

Desormeaux est surtout connu pour son invention de l'endoscope le 20 juillet 1853[18]. Il est aussi le premier à s'en servir sur un patient.

Il meurt à l'âge de 78 ans et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (19e division)[19] le [20]. Il était officier de la Légion d'honneur[5] à titre militaire[21] et membre de nombreuses sociétés savantes.

Contributions

L'endoscope de Desormeaux[19],[22]

L'invention de Desormeaux a été le premier[4] instrument à pouvoir être utilisé pratiquement pour des opérations simples comme la cautérisation chimique. La nouveauté consistait en l'usage d'une lampe gazogène brûlant un mélange d'alcool (96 %) et de térébenthine ; la lampe avait une cheminée qui exploitait l'effet Venturi et éclairait comme jamais auparavant. Était supérieure également la focalisation de la lumière venant de l'endoscope.[réf. nécessaire]

Chef de service à l'hôpital Necker à Paris, il fait connaître, « avec force et enthousiasme[23] », son instrument aux autres médecins. Mais tous ne sont pas convaincus[24],[25].

Dans l'histoire de l'endoscopie, Desormeaux suit Philipp Bozzini (de) et son Lichtleiter (1805), John Dix Fisher (en) (1824), Pierre Salomon Ségalas[26] et Jean Civiale[27]. L'illumination électrique (cytoscope de Maximilian Nitze (de)) a ensuite supplanté l'invention de Desormeaux.

Il pratique la première ablation d'un papillome de l'urètre[28].

Publications

Coupe de l'endoscope
par Pierre Lackerbauer[29]

Bibliographie

Position de l'endoscope durant l'application[37]

Compléments

Notes et références

  1. Edwin Hurry Fenwick, The electric illumination of the bladder and urethra as a means of diagnosis, p. 2.
  2. Alain Segal conteste à Desormeaux le titre de « père de l'endoscopie ». Il montre que Jean-Pierre Bonnafont avait conçu, avant Desormeaux, un endoscope qui était un otoscope.
  3. Segal.
  4. « M. le docteur Bonnafond [sic], au sujet de la communication de M. Desormeaux, d'un instrument destiné à porter la lumière dans le canal de l'urètre, soumet à l'Académie [de médecine] un appareil en tout point semblable à celui désigné ci-dessus, dont il se sert depuis plus de vingt ans, pour éclairer le conduit auditif externe. ». Cette contestation de paternité par Bonnafont est reproduite par Alain Segal, p. 60. Consulter aussi les Archives générales de médecine, 1854, vol. 1 série v, p. 90.
  5. Le progrès médical.
  6. Dictionnaire de médecine ou répertoire général des sciences, 2e  éd., vol. 11, p. 316.
  7. Frédéric Dubois d'Amiens écrit de lui : « le studieux, le sage, le placide Desormeaux, l'un des types les plus purs de la probité médicale, qui cachait sous une froide enveloppe le cœur le plus chaud et le plus aimant » (« Éloges de MM. Desormeaux, Capuron, Deneux et Baudelocque », dans Mémoires de l'Académie de médecine, t. 19, 1855, p. II). Il naît le à Paris ; il meurt le (Fiche de geneanet.org).
  8. « Notice biographique sur M. A. Desormeaux, professeur de la faculté de médecine de Paris, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, médecin en chef de l'hospice de la Maternité, membre de la Légion d'honneur », dans Archives générales de médecine, vol. 23, p. 148.
  9. Il y a pour le chercheur risque de confusion entre le père et le fils, par exemple quand un article d'encyclopédie est simplement signé « Desormeaux ». Notons que le père a collaboré avec Paul Antoine Dubois (« Paul Dubois ») et le fils avec Paul Gervais.
  10. Léger, p. 1231.
  11. Parlant du père d'Antonin Jean, Frédéric Dubois d'Amiens écrit : « Son père, son aïeul, et son bisaïeul avaient exercé la médecine avec distinction » (« Notice biographique sur M. A. Desormeaux, p. 406).
  12. « Élève de Rayer, auquel il a dédié son seul ouvrage important, et de Ricord, qu'il semble avoir eu plus tard comme rival » (Le progrès médical).
  13. Pierre Huard, « L'enseignement libre de la médecine à Paris au XIXe siècle », dans Revue d'histoire des sciences, vol. 27, 1974, no 1, p. 49.
  14. On peut consulter la section sur ce sujet dans Bernard Hillemand et Alain Ségal, « Les six Conférences sanitaires internationales de 1851 à 1885 prémices de l’organisation mondiale de la santé ». Ou encore l'article qui est consacré à ces conférences dans la Wikipédia en langue anglaise.
  15. « [L]'Assistance Publique avait créé en 1811 cette structure, située à l'hôtel-Dieu, seul[e] habilitée, hors urgence, à décider d'une hospitalisation, ceci pour éviter les admissions abusives réclamées par les indigents » (Léger, p. 1231).
  16. L'hospice de la Maternité avait été ouvert en 1795 dans les locaux de l'abbaye de Port-Royal de Paris et ceux de l'Oratoire, voisins.
  17. Titres et travaux.
  18. Date de son mémoire, « De l’endoscope », à l'Académie de médecine.
  19. Léger.
  20. Registre journalier d'inhumation, 13 octobre 1894, n°3335, page 17
  21. Il était revenu travailler en 1870 et avait été affecté à l'hôpital du Gros-Caillou à Paris (Léger).
  22. On trouve une photo de l'endoscope de Desormeaux dans un article du 24 octobre 2007 de Rainer Engel, « Development of the modern cystoscope : an illustrated history », site Medscape ; l'instrument est au William P. Didusch Center for Urologic History.
  23. « [P]owerful and enthusiastic advocacy ». Edwin Hurry Fenwick, The electric illumination of the bladder and urethra as a means of diagnosis, p. 2.
  24. Un témoin anglais écrit toutefois : « the instrument [the endoscope] fell into such entire oblivion, that we have seen no one but M Desormeaux himself use it in the hospitals, an undeserved neglect which is much to be lamented ». Article reproduit dans The retrospect of medicine, vol. 48, 1863.
  25. Sir Henry Thompson (en), élève de Civiale, écrit : « After a long and careful study of these instruments, I am compelled to record my belief that they are of very little value. I have never yet found them of the slightest service in stricture. To the surgeon who has a delicate and practised hand, the endoscope can offer no advantages, and if he is not so endowed, it can be of no use at all, but rather a source of danger » (The pathology and treatment of stricture of the urethra and urinary fistulae, 1885, p. 93). A. Pauchon, après avoir cité Thompson, ajoute : « telle est, en effet, l'opinion de la plupart de ceux qui ont expérimenté l'endoscope » (Précis théorique et pratique des maladies des voies urinaires du Dr Sirus Pirondi, 1878, p. 115).
  26. Selon Edwin Hurry Fenwick (The electric illumination of the bladder and urethra as a means of diagnosis, p. 2), Desormeaux lui attribue par erreur la découverte des principes de l'endoscope.
  27. Nezhat.
  28. « Desormeaux (Antonin Jean) », site BIUSanté.
  29. De l'endoscope et de ses applications, p. 12.
  30. Liste de worldcat.org.
  31. « C. D. », (Recension), dans Revue médicale française et étrangère, t. 1, 1845, p. 86.
  32. Léger, p. 1231 : « Desormeaux s'en tint à un discours théorique expliquant que le comblement se fait par exsudation, apparition au sein de l'exsudat de granulations qui vont se rassembler pour former un noyau autour duquel vont se grouper des cellules qui se multiplient. « La première cellule d'un tissu morbide, une fois déposée dans un organe, s'y développe et détermine autour d'elle la formation d'autres cellules semblables. La science ne peut expliquer la formation de la première molécule ou cellule ». Certes l'histologie n'en était encore qu'à ses débuts mais le propos n’était guère convaincant. ».
  33. La page titre porte par erreur « 1843 ».
  34. Voir la place donnée à Desormeaux par Louis Gallez dans son Histoire des kystes de l'ovaire, Bruxelles, 1873.
  35. Autre numérisation de la communication.
  36. Paul Gervais était professeur de zoologie et d'anatomie à la faculté des sciences de Montpellier.
  37. De l'endoscope et de ses applications, p. 16.

Voir aussi

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