Baussant

Le baussant, appelé aussi gonfanon baussant, était l'étendard des Templiers.

Le gonfanon baussant

Il a aujourd'hui été repris par l'Association des guides et scouts d'Europe, qui en a fait le drapeau des associations de l'Union internationale des guides et scouts d'Europe : le Baussant.

Dénomination

Le gonfanon était un étendard rectangulaire accroché sur une hampe par un de ses côtés les plus grands. Plusieurs étymologies sont connues, mais il semble que le terme « baussant » signifie « mi-parti de couleur » car l'étendard était séparé en deux couleurs différentes, blanc et noir. Les Templiers eux-mêmes ont supprimé le terme gonfanon pour le baptiser simplement « baussant ».

Héraldique

En termes héraldiques, le gonfanon baussant se décrit comme « coupé d’argent et de sable, à une croix de gueules brochant». Malgré cette description qui place l'argent (le blanc) en haut, le baussant est le plus souvent représenté avec la partie supérieure noire (sable).

Symbolique

Les couleurs du baussant n'ont pas été choisies au hasard. L'évêque d'Acre et chroniqueur de l'époque, Jacques de Vitry, tenait ses renseignements des Templiers eux-mêmes[1].

Il explique ainsi que le noir symbolisait la férocité des Templiers envers leurs ennemis alors que le blanc symbolisait, quant à lui, l'amour (franc et bienveillant) pour leurs amis. « Des lions en guerre, des agneaux en paix. » résume Jacques de Vitry dans son Historia orientalis.

L’historien Alain Demurger propose une autre explication : le noir était le symbole de l'humilité et de la pénitence (ce qui explique pourquoi les moines de Cluny l'ont choisie), tandis que le blanc était celui de la pureté (et a été préféré au noir par les cisterciens qui voulaient marquer une rupture avec les excès qu'ils reprochaient aux bénédictins[2]).

Valeur

Dans la hiérarchie de l'ordre du Temple, c'était un grand honneur que d'occuper le rang de gonfanonier (c'est-à-dire porteur du gonfanon) car le gonfanon baussant était le signe de ralliement des chevaliers au cours des batailles.

En aucun cas, il ne devait être baissé ni perdu pendant la bataille sous peine de sanction grave qui pouvait aller jusqu'à l'exclusion de l'ordre (perte de la maison) si le gonfanon avait été abandonné par lâcheté ou par peur devant l'ennemi. Le fait que les Templiers mettaient jusqu'à dix combattants à disposition du gonfanonnier durant la bataille pour assurer la défense du gonfanon est une indication claire de l'importance majeure que les moines-chevaliers accordaient à leur bannière.

Références

  1. Marion Melville, La vie des Templiers, Gallimard, coll. « La Suite des temps », (1re éd. 1951), 339 p., broché (ISBN 978-2-0702-4377-8, présentation en ligne), p. 103
  2. Alain Demurger, Chevaliers du Christ, Seuil, 2002
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