Beaurevoir

Beaurevoir est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Beaurevoir

La mairie.

Blason
Administration
Pays France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Bohain-en-Vermandois
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Éric Limpens
2014-2020
Code postal 02110
Code commune 02057
Démographie
Gentilé Bellovisiens
Bellovisiennes
Population
municipale
1 424 hab. (2017 )
Densité 66 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 59′ 50″ nord, 3° 18′ 35″ est
Altitude Min. 97 m
Max. 152 m
Superficie 21,73 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
Beaurevoir
Géolocalisation sur la carte : Aisne
Beaurevoir
Géolocalisation sur la carte : France
Beaurevoir
Géolocalisation sur la carte : France
Beaurevoir

    Géographie

    Communes limitrophes

    Vue panoramique du bourg depuis la tour de guet.

    Hameaux et écarts

    • Ponchaux

    Situé à 1 km à l'est de Beaurevoir, le hameau de Ponchaux comporte une trentaine de maisons et possède son propre Monument aux Morts.

    • Un lieu-dit Genève se trouve sur la commune.

    Histoire

    Vestiges de la tour de guet où Jeanne d'Arc aurait été retenue prisonnière.
    Carte de Cassini du secteur
    (vers 1750).
    Les destructions de l'église et de la mairie suite aux combats de début octobre 1918.

    Toponymie

    Beaurevoir, qui signifie Belle vue apparaît au XIIè siècle sous le sous le nom de Belvoir, puis Biauvoir dans un cartulaire de l'Abbaye du Mont-Saint-Martin. Son nom s'écrira de manières différentes en fonction des transcriptions latines ou picarde. Bellumvisium en 1229 dans un cartulaire de la seigneurie de Guise, Bemmum Videre, Biauvoer, Belawart, Beauvoir-en-Arrouaise, Biaurevoir, Beauvoir-en-Cambrésis et enfin l'orthographe actuelle Beaurevoir au XVIIIè siècle sur la Carte de Cassini. À noter qu'aujourd'hui encore, dans les villages alentour, la prononciation picarde est Bièrvoé [1].
    Jeane d'Arc

    Jeanne d'Arc, prisonnière de Jean de Luxembourg, fut transférée du château de Beaulieu au château de Beaurevoir, château du Vermandois.

    Elle y fut d'abord traitée avec douceur. Elle fut accueillie par une tante de Jean de Luxembourg et par Jeanne de Béthune, l'épouse de Jean. Pieuses et charitables, Jeanne leur fit grande impression. Elles lui offrirent une robe, mais Jeanne refusa de quitter sa vêture masculine[2].

    Jeanne recevait des visites, notamment celle d'Aymon de Macy, et fut tenue au courant de la situation critique de Compiègne et des pourparlers pour la vendre aux Anglais. Elle prit la résolution de tenter une nouvelle évasion, malgré ses "voix" (selon ses déclarations) qui lui conseillèrent la prudence.

    Elle était claustrée au dernier étage d'une tour d'angle, haute d'environ 30 mètres ; la muraille était à pic et s'achevait dans un fossé à sec. L'étroite fenêtre de la geôle n'était pas grillagée, Jeanne s'y glissa et, selon ses déclarations, se recommanda à sainte Catherine. Elle tomba lourdement dans le fossé ; à moitié évanouie, elle entendit des gens crier : elle est morte. Des gardes accoururent, elle reprit conscience. Dans leur saisissement de la trouver encore en vie, l'un ne put que dire : Vous avez sauté ?

    On la porta dans sa cellule, où, courbatue, elle resta étendue sur un grabat, incapable de boire et de manger durant trois jours.

    Les juges de Rouen profitèrent de cette évasion manquée pour l'accuser d'avoir voulu se suicider[3]. Cependant, le réquisitoire définitif ne fit pas allusion au suicide.

    Carte de Cassini
    Sur la Carte de Cassini ci-contre datant du XVIIIè siècle, Beaurevoir est une paroisse avec une tour en ruines (probablement la tour où Jeanne d'Arc aurait était retenue prisonnière trois siècles auparavant. Les hameaux de Ponchaux et Vaux-le-Prêtre (écrit Velleprêtre) ainsi que les fermes de La Sablonnière et La Motte qui figurent sur la carte existent encore de nos jours. Le moulin à vent en bois situé au sud du village ainsi que la ferme et la chapelle de Somescault sont disparus. Somescault ou Fontaine de Somescault dont le nom apparaît en 1531 viendrait d'anciennes sources de l'Escaut dont les eaux se jetaient dans le Canal des Torrents (écrit Canal pour les Torrents)[4].

    La guerre de 1914-1918
    Le 28 août 1914, moins d'un mois après la déclaration de guerre, Lanchy voit l’arrivée des premiers Allemands[5] après la retraite de l'armée française.
    Pendant toute la guerre, le village se trouve en arrière du front, qui est stabilisé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest, vers Péronne. Pendant cette période, les habitants connaissent la dure loi des occupants. Des arrêtés de la kommandantur obligent, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, la population à fournir sous peine de sanctions : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
    Ce n'est que le 4 octobre 1918 que Beaurevoir est repris par les troupes britannique et australiennes après de violents combats et bombardements qui occasionneront de nombreux dégâts aux bâtiments.

    Après l'armistice, nombre d'habitants ne reviennent pas s'installer dans la commune, mais, grâce aux indemnités pour dommages de guerre, commencent une nouvelle vie en d'autres lieux. Pour les autres débute une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 2 300 habitants en 1911, Beaurevoir n'en comptait plus que 1691 en 1921.

    Le 17 octobre 1920, vu les souffrances endurées par la population pendant les trois années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune se voit décerner la Croix de guerre 1914-1918[6].

    L’ancienne voie ferrée

    De 1900 à 1950, Beaurevoir a possédé deux gares; la principale, située dans le bas du village, aujourd'hui rue François Molet et qui est de nos jours transformée en habitation; la seconde était une simple halte située le long de la chaussée Brunehaut et qui desservait le hameau de Ponchaux comme on peut le constater sur la photo de l'horaire des trains. De cette halte, il ne subsiste aucune trace aujourd'hui. Elle faisait de la ligne de chemin de fer de Guise au Catelet, ligne à voie métrique réalisée sous le régime des « voies ferrées d'intérêt local » reliant Le Catelet-Gouy à Bohain puis Guise. Elle servait pour le transport du courrier, des marchandises, des betteraves vers la sucrerie de Bohain et surtout des habitants et des ouvriers qui se rendaient soit à Bohain , pour travailler dans les usines textiles, soit au Catelet pour rejoindre Saint-Quentin ou Cambrai par la ligne du Cambrésis.
    Après 1945, le trafic décline, du fait de l’essor du transport des marchandises par camion et des voyageurs par autobus. Le Département de l’Aisne, propriétaire de la ligne, décide de son déclassement le 1er janvier 1951.

    Politique et administration

    Rattachements administratifs et électoraux

    La commune se trouve dans l'arrondissement de Saint-Quentin du département de l'Aisne. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 1958 de la deuxième circonscription de l'Aisne.

    Elle faisait partie depuis 1793 du canton du Catelet[7]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, elle est désormais rattachée au canton de Bohain-en-Vermandois.

    Intercommunalité

    La commune est membre de la communauté de communes du Pays du Vermandois, créée fin 1993.

    Liste des maires

    Liste des maires successifs[8]
    Période Identité Étiquette Qualité
    Les données manquantes sont à compléter.
    1973 1989 Robert Michel    
    1989 1995 Jean Brouet    
    1995 2001 André Lefebvre    
    2001 mars 2008 Gérard Potterie    
    mars 2008[9] En cours
    (au 23 juillet 2017[10])
    Éric Limpens DVD Agriculteur
    Réélu pour le mandat 2014-2020[11]

    Politique environnementale

    Sept éoliennes sont en construction a l'été 2017 sur le secteur du hameau Ponchaux. Trois supplémentaires sont alors envisagées dans la commune, avec un avis favorable de la municipalité[10].

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[13].

    En 2017, la commune comptait 1 424 habitants[Note 1], en diminution de 3,98 % par rapport à 2012 (Aisne : -1,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    1 1601 1231 2111 2751 3901 4231 5431 7041 803
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    1 8311 9372 0362 1552 1552 0582 0112 0102 109
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    2 1752 2212 3001 6911 7611 5011 4681 1971 277
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
    1 2641 3421 3171 4421 4251 4981 5301 5341 483
    2017 - - - - - - - -
    1 424--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[14].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Personnalités liées à la commune

    Héraldique

    Blasonnement :
    d'or aux trois maillets de sinople.

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39289w/f67.image.r=Saint-Martin-des-Pr%C3%A9s
    2. A son procès, Jeanne d'Arc reconnu, quand les juges l'interrogèrent à ce propos : Si j'eusse dû le faire (quitter sa tenue de guerre), je l'aurais fait à la requête des dames de Beaurevoir, plus qu'à celle de toute autre dame qui fût en France, excepté ma reine.
    3. L'acte d'accusation, dans son article VII, précise : Tu as dit que tu avais volontairement et de ton plein gré, sauté de la tour de Beaurevoir, aimant mieux mourir que d'être remise aux mains des Anglais et que de vivre après la destruction de Compiègne, et que, malgré la défense que t'en avaient faite sainte Catherine et sainte Marguerite, tu n'avais pu t'empêcher de te précipiter.
    4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39289w/f309.image.r=Saint-Martin-des-Pr%C3%A9s
    5. « Cartographie 1914-1918 - Carte des positions au 28 aout 1914 », sur www.carto1418.fr (consulté le 15 novembre 2019)
    6. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
    7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    8. « Les maires de Beaurevoir », sur http://www.francegenweb.org (consulté le 11 octobre 2017).
    9. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
    10. « Le parc éolien pourrait encore s'agrandir à Beaurevoir : Et de dix ? La société qui s’apprête à monter sept éoliennes sur la commune demande à en ajouter trois autres », L'Aisne nouvelle, (lire en ligne).
    11. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 26 juillet 2014)
    12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
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