Cesare Fiaschi

Cesare Fiaschi (né en 1523 à Ferrare et mort en 1558) est un écuyer italien du XVIe siècle et l'un des fondateurs de l'équitation académique.

Cesare Fiaschi
Fiaschi tel qu'il est représenté dans L'histoire pittoresque de l'équitation, Aubry (ed.1843).
Biographie
Naissance
Décès
ou après
Activités
Gravure de La manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux (ed. 1564). Le port d'une plume à la place de la gaule symbolise la légèreté aux aides et des notations musicales permettent de restituer la notion de cadence dans les mouvements du cheval

Biographie

Gentilhomme de Ferrare et célèbre écuyer de la première moitié du XVIe siècle, Cesare Fiaschi fonde en 1534 à Ferrare une école d'équitation et fut le maître du fameux Gianbatista Pignatelli, à l'école duquel furent instruits Salomon de La Broue et Antoine de Pluvinel. Avec son contemporain Federico Grisone il est l'un des fondateurs de l'équitation italienne de la Renaissance qui est à l'origine des équitations européennes de cette période.

Son académie d'équitation est la première où sont mariés le mouvement du cheval, et notamment la cadence des allures, et le rythme de la musique afin d'obtenir une danse hiératique et élégante[1].

Écrits

Son ouvrage Trattato dell'imbrigliare, atteggiare, & ferrare cavalli, écrit en italien, eut de très nombreuses éditions et fut l'objet de plusieurs traductions françaises sous le titre La manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux[2]. La première édition en italien de 1556, publiée à Bologne par Anselmo Giaccarelli[3], est dédicacée au roi de France Henri II. L'édition en français, parait en 1564. Ce livre est considéré comme le premier véritable ouvrage de maréchalerie. Pour la première fois, est introduite l'idée que la ferrure, outil de protection, peut contribuer à résoudre différents problèmes comme les vices d'allure[4].
Son traité contient déjà les notions de ramener, de rectitude, de rassembler. Il recommande une attitude intermédiaire entre le port au vent et l'enroulement. Pour élever la tête, il utilise le caveçon et rejette l'emploi de l'enrênement fixe. Il associe rassembler, ramener et mobilité de la mâchoire[5]. Dans les illustrations le port d'une plume à la place de la gaule symbolise la légèreté aux aides et des notations musicales permettent de restituer la notion de cadence dans les mouvements du cheval[6].

Cet ouvrage présente un intérêt artistique certain en raison de la beauté de la typographie, de la qualité de la composition et de la mise en page, du nombre et du graphisme des lettrines gravées sur bois, et des nombreuses planches qui l'illustrent. Le texte comprend trois traités. En frontispice de chacun, on trouve une planche gravée sur bois en pleine page représentant une scène en rapport avec le sujet traité. Le premier traité est consacré à l'éperonnerie et est introduit par une planche représentant l'atelier d'un artisan en train d'ajuster un mors qu'il a fabriqué dans la bouche du cheval que tient un gentilhomme. La seconde planche représente l'intérieur d'un manège et un cavalier au pas qui suit les conseils du maître de manège. La troisième dépeint le ferrage d'un cheval à l'intérieur de la forge. La planche du manège et les petits cavaliers qui animent les plans de terre sont les seules illustrations connues d'hommes à cheval de toute œuvre imprimée italienne du XVIe siècle. Les traductions qui suivront ne reproduiront pas ces trois planches. L'ouvrage comprend quarante planches de mors dont les quatre dernières présentent des vues de mors démontés. Ces gravures et celles de fers qui terminent l'ouvrage sont parmi les premières connues dans l'histoire du livre imprimé[3].

Apports

Au niveau du pied du cheval

Cesare Fiaschi revient toujours au principe de baseː "Les pieds sont ceux qui portent tout le reste du corps, ..il est trop clair à chacun qu'un cheval ne peut cheminer sans pieds". Pour prévenir l'encastelure, rétrécissement congénital ou acquis du sabot qui fait boiter l'animal et qui provient d'une déformation de la couronne ou d'une déformation du sabot sans lésion de la couronne[7], il insiste sur la nécessité que la corne soit toujours souple. Pour éviter le resserrement des talons qui est souvent douloureux, il conseille l'application régulière d'onguents, pratique qui apparait alors comme novatrice. Intuitivement, il porte une attention particulière à toute la zone arrière des pieds antérieurs, où l'on sait aujourd'hui que se situent les problèmes naviculaires, et à la zone avant des pieds postérieurs, qui influe sur le jarret et donc sur le dos. Il recommande de ne jamais déforcer le pied de l'équidé car trop tailler expose à des problèmes encore plus grands que le problème initial qu'on croyait pouvoir ainsi résoudre par un parage accentué. Il conseille enfin de se débarrasser au plus vite des chevaux ayant des problèmes de pied[4].

Au niveau de la ferrure

Cesare Fiaschi élargit les fonctions de la ferrure jusqu'ici cantonnée à un rôle protecteur, voire esthétique. Protectrice, notamment à la guerre, la ferrure devait assurer une bonne adhérence aux pieds. Les fers, larges, apportaient une bonne couverture et comportaient des crampons en talon, au moins aux antérieurs. Esthétique, elle comportait des artifices pour modifier et flatter les allures du cheval, les amenant à mieux lever les membres et à mieux manier les épaules. Avec l'apparition de la cavalerie aux dépens de la chevalerie, la ferrure doit désormais être plus efficace. Fiaschi condamne les crampons et préconise de s'assurer que le pied pose bien au sol en un seul temps. Seuls les fers ayant des crampons sur les deux branches sont admis. Il donne des conseils sur le parage et la ferrure des chevaux panards et cagneux. Le fer doit faire l'objet d'un ajustage raisonné. Constatant que la corne est plus solide sur le côté latéral du pied, il conseille de mettre davantage de clous en externe qu'en interne. Il décrit un fer de dépannage composé de deux branches articulées autour d'un rivet, et d'un fer sans clous fixé au moyen d'un rabat métallique sur le pourtour du pied et serré en talons par un boulon, apportant ainsi la preuve que le fer sans clous était déjà inventé au XVIe siècle.[4]

Il utilise le fer à des fins palliatives, en jouant sur son épaisseur, la couverture, l'emplacement et le nombre de clous pour tenter de résoudre les problèmes d'aplomb et de locomotion. Pour ce faire, il raisonne et argumente tout en observant. Son raisonnement demeure toutefois empirique[4].

Cadence et allures

Aux gravures qui illustrent son livre, véritable initiateur, Cesare Fiaschi associe une notation musicale. Ces portées musicales étaient destinées à redonner vie aux images et à transmettre le rythme perdu au cours de transcription visuelle du mouvement. La cadence est faite de la répétition d'un même rythme. Le rythme est consécutif de la régularité d'une foulée dans une allure donnée. La battue est le son provoqué par le poser d'un pied du cheval sur le sol. Le pas est à quatre temps, le trot à deux temps, le galop à trois ou quatre temps, le temps de suspension étant noté par un silence[5].

Citations

« … Si d’aventure quelque gaillard Chevalier trouve étrange, qu’en ce second livre j’ai voulu insérer & peindre quelques traits & notes de Musique, pensant qu’il n’en estoit point besoin, je lui répond que sans temps & sans mesure ne se peut faire aucune bonne chose, & partant ai-je voulu montrer la mesure par la musique figurée. »

Notes et références

  1. Béatrice de Andia, Le cheval à Paris, Paris, Action artistique de la ville de Paris, , 215 p. (ISBN 2-913246-56-7), p. Le cheval dans la cité et dans la vie
  2. Essai de Bibliographie Hippique, Général Mennessier de La Lance, Tome 1
  3. sous la direction de Patrice Franchet-d'Espèrey et de Monique Chatenet, en collaboration avec Ernest Chenière, Les Arts de l'équitation dans l'Europe de la Renaissance, Arles, Actes Sud, , 447 p. (ISBN 978-2-7427-7211-7), p. Itinéraire du livre dans l'Europe de la Renaissance (page 253)
  4. sous la direction de Patrice Franchet-d'Espèrey et de Monique Chatenet, en collaboration avec Ernest Chenière, Les Arts de l'équitation dans l'Europe de la Renaissance, Arles, Actes Sud, , 447 p. (ISBN 978-2-7427-7211-7), Naissance ou renaissance de la ferrure (page 93)
  5. sous la direction de Patrice Franchet-d'Espèrey et de Monique Chatenet, en collaboration avec Ernest Chenière, Les Arts de l'équitation dans l'Europe de la Renaissance, Arles, Actes Sud, , 447 p. (ISBN 978-2-7427-7211-7), p. L'équitation italienne, sa transmission et son évolution (page 158)
  6. La main du maître -réflexion sur l'héritage équestre-Patrice Franchet d'Espèrey -2007-
  7. CNRTL, « Encastelure », sur CNRTL (consulté le 3 février 2020)

Bibliographie

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