Charles Gaspar

Charles Gaspar, né à Arlon le et décédé le , est un photographe belge[1],[2].

Charles Gaspar
Autoportrait de Charles Gaspar
Naissance
Décès
Nationalité
Belge
Activité
Mouvement

Biographie

Charles Gaspar nait à Arlon en 1871. Bien que considéré brillant, il ne poursuit pas ses études universitaires et se dirige vers sa passion : la photographie. Charles est une figure marquante de la photographie belge de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Il est particulièrement impliqué dans le mouvement pictorialiste, et fait d'ailleurs partie de deux groupes de photographes : « L'Effort » dont il est l'un des fondateurs et « l'Association belge de Photographie ». Il prit part à quelques-uns des plus importants salons de photographie, tant en Belgique qu'à l'étranger.

Il est issu d'un milieu privilégié, comme la majorité des photographes de l'époque et c'est dans le contexte de sa famille, qui est très sensible à l'art, qu'il débute sa pratique de la photographie en 1892.

En 1893, la famille Gaspar s'installe dans la demeure de la rue de Virton (actuel musée Gaspar[3]) après la mort de deux de ses frères, Paul et Alphonse. Charles, alors âgé de 22 ans, s’y installe avec ses parents. Ceux-ci ont également aménagé un atelier dans le jardin pour Jean Gaspar, leur deuxième fils (1861-1931), sculpteur animalier déjà médaillé à l’Exposition universelle de Paris de 1889. Le père de Charles, Alphonse, sombre dans une dépression, qui signifie la fin de ses activités notariales, obligeant Charles à reprendre les activités familiales. Alphonse décèdera en 1898. Grâce aux talents de rentier de Charles, la famille pourra par la suite vivre de ses rentes et mise en location de leur bien immobilier.

Il se fait membre de l’Association belge de photographie de 1896 à 1914 mais c'est durant la période 1901-1905 qu'il est le plus actif[4]. Il expose dans l’Europe entière. La collection de médailles réunie au Musée Gaspar atteste d’une activité intense durant vingt années, même si la majeure partie de ses médailles sont des médailles reçues pour sa participation aux Salons et non pas pour les avoir remportés.

Il est contemporain des grands noms du mouvement pictorialiste, comme Léonard Misonne ou Gustave Marissiaux. Sa bibliothèque personnelle s’enrichit également, par des ouvrages d’histoire de l'art, de tourisme, d’histoire militaire… Il collectionne les meubles anciens et les tableaux d’artistes, qui sont souvent, d’ailleurs, ses amis. Il devient membre de l’Institut archéologique du Luxembourg en 1925.

Durant la Première Guerre mondiale, il participe, à l'instar de nombreux notables de la Province de Luxembourg à l'Œuvre de la Soupe de guerre, permettant de distribuer de la soupe gratuitement à plusieurs milliers d'enfants déshérités de la région[5]. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Charles Gaspar s’investit dans des mouvements patriotiques et des œuvres sociales. Au début de l'année 1919, Charles Gaspar héberge chez lui brièvement Franklin Delano Roosevelt, alors chargé de superviser la démobilisation des troupes américaines en Europe après la guerre [6]. En tant que secrétaire de la Jeunesse Arlonaise, « cercle patriotique et d’intérêt local », Charles Gaspar fait partie des initiateurs de monuments comme le Coq Gaulois ou le Jass, sculptures commandées à son frère Jean pour honorer respectivement les soldats français (1919) et les Arlonais morts pour la patrie (1920). Entre 1927 et 1936, il est président de la Commission d'Assistance publique d'Arlon[7].

Son frère décède en 1931, sa mère en 1933. Il s’attèlera désormais à rendre hommage à l’œuvre de son frère et veille à la bonne gestion de ses biens. Il est également membre du comité local des Sangliers réunis, les Luxembourgeois de la capitale, qui souhaitent rendre hommage au sculpteur décédé en érigeant, d’abord place Léopold puis au square Astrid, une reproduction agrandie de son Appel de la forêt.

Charles Gaspar décède le 30 avril 1950 à l’âge de 79 ans et est enterré au cimetière d'Arlon.

Testament

  • Charles Gaspar a légué sa demeure à la ville d'Arlon avec les conditions que la maison soit transformée en musée où seront exposées les œuvres de son frère, Jean Gaspar et qu'une rente annuelle soit versée à ses neveux[8].
  • Il lègue aussi à la ville ses meubles et objets anciens.
  • Trois cent mille francs sont légués à la Commission d'Assistance Publique de la Ville d'Arlon, avec la condition que cet argent soit utilisé pour la création d'une maison de retraite
  • Il lègue cinquante mille francs dont le revenu sera utilisé pour la création de quatre prix annuels dont la récompense est de cinq cents francs chacun. Chaque prix sera décerné à des personnes ayant fait preuve de dévouement à leur famille. Les gagnants de ses prix doivent être une veuve, un veuf, une jeune fille et un jeune homme.
  • Il lègue à neuf œuvres et organismes locaux la somme de cinq mille francs chacun.
  • Il lègue à son neveu, Pierre Gaspar, son terrain square Albert Ier à Arlon.
  • Il lègue le reste de sa fortune ainsi que les bijoux lui appartenant à ses trois neveux, Paul, Pierre et Jacques.

Expositions posthumes

Références

  1. Springael 2009
  2. Peuckert 2009
  3. « Charles Gaspar (1871-1950), photographe et mécène : un héritage pour Arlon », sur quefaire.be (consulté le 13 juillet 2015)
  4. Jean-Marie Wynants, « La femme selon Monsieur Gaspar », Le Soir, (lire en ligne, consulté le 13 juillet 2015)
  5. Colling 2011, p. 173
  6. Jean-Marie Triffaux, « La présence attestée de Franklin Delano Roosevelt à Arlon début 1919 », Bulletin trimestriel de l'Institut Archéologique du Luxembourg, vol. 88, 1-2, , p. 73-76
  7. Colling 2011, p. 177
  8. « Le Musée Gaspar », sur ial.be (consulté le 13 juillet 2015)
  9. Springael 2009, p. ?
  10. Jean-Marie Wynants, « Les études de Monsieur Gaspar », MAD (supplément du journal Le Soir), (lire en ligne, consulté le 24 juillet 2015)

Bibliographie

  • Maïté Springael, « Charles Gaspar à l'aune du pictorialisme », Bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, vol. 85, nos 3-4, , p. 129-178
  • Valérie Peuckert, « Charles Gaspar (1871 - 1950) : un héritage pour Arlon », Bulletin trimestriel de l'Institut Archéologique du Luxembourg, vol. 85, nos 3-4, , p. 179-222
  • David Colling, « La bienfaisance de Charles Gaspar », Annales de l'Institut Archéologique du Luxembourg, vol. 145, , p. 171-178 (ISSN 0776-1244)
  • « Un grand bienfaiteur de la Ville : Charles Gaspar », L'Action Libérale, no 11,
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