Classe Sirius

Dans la marine française, la Classe Sirius (ou "type D") est une série de 34 dragueurs de mines côtiers. Ces bâtiments portaient des noms d'étoile ou de constellation.

Classe Sirius

Le Sirius (tête de série) empruntant la passe ouest de Cherbourg en 1970
Caractéristiques techniques
Type dragueur de mines
Longueur 46,3 m
Maître-bau 8,55 m
Tirant d'eau 2,5 m
Tirant d'air 15 m
Déplacement 400 tonnes (standard)
440 tonnes (à pleine charge)
Propulsion 2 générateurs à gaz Sigma-Pescara
ou 2 moteurs Diesel SEMT Pielstick
Puissance 2000 chevaux
Vitesse 15 nœuds maxi
Caractéristiques militaires
Armement À l'origine : 1 canon 40 mm Bofors ou 1 canon de 20 mm Oerlikon Mk 4 plage avant
1 canon de 20 mm Oerlikon Mk 4 sur le roof de drague.

Après 1960, 1 canon de 20 mm ou de 40 mm plage avant.

Rayon d’action 3 000 nautiques à 10 nœuds
Autres caractéristiques
Électronique À l'origine : 1 radar de navigation DRBN 30
Équipage À l'origine : 3 officiers
8 officiers mariniers
28 quartiers-maîtres et matelots
Histoire
Constructeurs France
A servi dans  Marine nationale
Période de
construction
1952 - 1957
Période de service 1954 - 1992
Navires construits 37 (dont 3 pour la Yougoslavie)
Navires en activité 0

Tous construits dans différents chantiers français, certains l'ont été sous contrat off-Shore[1], dérivé du Plan Marshall :

Service

Ces bâtiments étaient groupés organiquement en Esdra (Escadrille de dragage), articulées en Didra (Divisions de dragueurs) de trois à cinq unités. La 1re Esdra était basée à Cherbourg et la 2e Esdra, à Brest. Aucune unité de cette classe n'a été affectée à la 3e Esdra, basée à Toulon. Plusieurs bâtiments ont été stationnés Outre-mer (mais pas en tant que dragueur) : deux à Fort-de-France, un à Dakar, un à Djibouti et un à Diego-Suarez, lequel a été par la suite basé à La Réunion.

Avec le Mercure (type DB 1) et trois autres type D construits pour la Yougoslavie, ceux de la classe Sirius ont été les seuls dragueurs de mines de construction française, aptes au dragage à la fois mécanique et à influence magnéto-acoustique. À la construction, une soute avait été prévue pour un appareil de détection sous marine asdic, mais celui-ci n'a jamais été installé. Les dragueurs D ont été progressivement remplacés par les cinq chasseurs de mines de la classe Circé (en 1972-1973) et par les cinq dragueurs océaniques (MSO) de la classe Dompaire refondus en chasseurs de mines entre 1976 et 1979. Certaines unités sous "cocon" sont placées "en complément de mobilisation", rayées des listes de la flotte dès 1970 ont eu une carrière opérationnelle assez brève. D'autres basées à La Pallice, ont sécurisé l'espace maritime du champ de tirs du Centre d'essais des Landes (CEL), au large de Biscarosse. Il s'agissait de dragueurs propulsés par des turbines à gaz Pescara à la mécanique fragile.

Les dragueurs propulsés par des Diesels Pielstick ont eu une carrière opérationnelle plus longue dans la guerre des mines ou comme patrouilleurs outre-mer. Le Phénix est celui qui a navigué le plus longtemps. D'abord basé à Brest puis à Cherbourg, il y a été désarmé en 1992, après 37 ans de service.

Équipage

Avant le repyramidage des grades de 1974, ils étaient généralement commandé par un lieutenant de vaisseau, sauf lorsque le bâtiment était chef de division, auquel cas son commandant était capitaine de corvette. Leur équipage comptait trois officiers, huit officiers mariniers et vingt-huit quartiers-maîtres et matelots. Ces derniers étaient logés dans deux postes d'équipage de quatorze couchettes chacun, au lieu de hamacs, et disposaient d'une cafétéria, ce qui à cette époque, constituait un « luxe » sur des bateaux militaires de construction française.

Conception

Ils étaient conçus à partir des plans du constructeur britannique Thornycroft et donc assez semblables aux dragueurs de la Classe Ton (en) de la Royal Navy britannique et Classe Dokkum (nl) de la Marine royale néerlandaise, d'où parfois l'appellation de dragueurs « type Europe occidentale ».

Pour réduire la signature magnétique, ils étaient équipés d'un circuit d'immunisation. La coque et le pont étaient en bois, les membrures en duralumin et les superstructures en contreplaqué marine et en alliage d'aluminium (AG5).

Propulsion

Pour ce qui concerne la propulsion, vingt-et-un bâtiments étaient équipés de deux générateurs à pistons libres Sigma-Pescara, et treize de deux moteurs Diesel SEMT Pielstick de même puissance, développant au total 2 000 ch. Leur vitesse maximum en route libre était de 15 nœuds, 9 nœuds en dragage mécanique et 6,5 nœuds en dragage magnéto-acoustique. leur rayon d'action était de 3 000 nautiques à 10 nœuds. Ils avaient deux hélices à trois pales fixes sauf sur les M734, M735, M736 et M737 dont les hélices étaient à pas variables.

Matériel de dragage

Les dragueurs de type D étaient équipés de dragues mécaniques, magnétiques, acoustiques et d'une drague explosive :

  • Drague mécanique : De type Oropesa (OD1), elle était capable de sectionner les orins des mines à contact. Les brins de drague étaient armés de cisailles, statiques ou explosives. Il était possible de faire du dragage attelé à deux ou plusieurs dragueurs.
  • Drague magnétique : A l'origine les bâtiments étaient équipés de dragues à boucles symétriques MB1, MB3 et MB4. Au début des années soixante les dragueurs D ont été modifiés pour que le dragage acoustique se fasse à la traîne, pour une meilleure autoprotection. Ils ont été équipés de dragues MB5 dissymétriques dont la boucle était déployée sur tribord. L'alimentation de la drague magnétique était assurée par un groupe électrogène de 550 ch.
  • Drague acoustique : d'abord équipés de dragues à l'aplomb (AM1, AO1, AP1). Ce type de dragage étant trop dangereux car la mine pouvait exploser sous la coque, à partir des années soixante, ils ont été équipés de dragues à la traîne AM1 et AP1 modifiées, filées sur bâbord. Le touret du câble d'alimentation avait été installé sur le rouf de drague, derrière la cheminée, à la place du canon de 20 mm.
  • Drague explosive : la drague AE1 était destinée à influencer les mines acoustiques.

Artillerie

Leur artillerie d'origine était constituée d'un canon de 40 mm Bofors ou d'un canon de 20 mm Oerlikon sur la plage avant. Un canon de 20mm Oerlikon était monté sur le rouf de drague.

Les stationnaires outre-mer (M734 Croix du Sud, M736 Altaïr, M746 Arcturus et M754 Canopus) avaient conservé leur armement d'origine (1 canon de 40mm plage avant et 1 canon de 20mm sur le rouf de drague) car étant utilisés comme patrouilleurs, ils n'avaient pas été modifiés pour le dragage acoustique à la traîne.

Unités

  • M701 Sirius (1954-1971). Condamné après un talonnage le (Cdt : LV Guivarch). (P)
  • M702 Rigel (1954-1974). (P)
  • M703 Antarès (1954-1976), puis P703 (1976-1981). (P)
  • M704 Algol (1954-1976). (P)
  • M705 Aldébaran (1955-1970). (P)
  • M706 Régulus (1954-1974). (P)
  • M707 Véga (1954-1976), puis P707 (1976-1981). (P)
  • M708 Castor (1955-1973),(P)
  • M709 Pollux (1955-1970), puis restitué aux USA (P)
  • M710 Pégase 1956-1974). (P)
  • M734 Croix du Sud (1956-1969), puis P658 (1969-1981). (D)
  • M735 Etoile Polaire (1956-1973), puis P660 (1973-?). (D)
  • M736 Altaïr (1956-1969), puis P656 (1960-?). (D)
  • M737 Capricorne (1956-1988). (D)
  • M739 Céphée (1956-1988). (D)
  • M740 Cassiopée (1954-1976). (P)
  • M741 Eridan (1955-1976), puis renommé P741 Aldébaran (1977-1981). (P)
  • M742 Orion (1955-1970), puis restitué aux USA. (P)
  • M743 Sagittaire (1955-1976), puis P743 (1976-1981). (P)
  • M744 Achernar (1955-1970). (P)
  • M745 Procyon(1955-1970), puis restitué aux USA. (P)
  • M746 Arcturus (1954-1969), puis P650 (1969-1981). (D)
  • M747 Bételgeuse (1954-1989), puis A747 (D)
  • M748 Persée (1956-1970). (P)
  • M749 Phénix (1956-89), puis P749 (1989-1992). (D)
  • M750 Bellatrix (1956-1974), puis restitué aux USA. (P)
  • M751 Dénébola (1955-1974). (P)
  • M752 Centaure (1956-1971), puis restitué aux USA. (P)
  • M753 Fomalhaut (1956-1970), puis restitué aux USA. (P)
  • M754 Canopus (1956-59), puis P659 (1969-1986). (D)
  • M755 Capella (1956-1987). condamné après un abordage le (D)
  • M757 Verseau (1956-1988). (D)
  • M758 Ariès (1956-1974), vendu au Maroc (Q606 Tawfic : 1974-1985). (D)
  • M759 Lyre (1956-1981), puis P759. (D)

Propulsion : (P) Pescara - (D) Diesel.

Notes et références

  1. dits « Off-Shore Program », ou « OSP » ; plus précisément il s'agit des treize unités qui ont été financées par l'aide militaire américaine au titre du Mutual Defense Assistance Act issu d'une décision de Harry S. Truman prise le 6 octobre 1949.

Annexes

Articles connexes

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