Ernest Goupil

Ernest Goupil (Châteaudun, 1814 - Hobart, 1840[N 1]) est un peintre, dessinateur et aquarelliste français. Il est connu pour les illustrations qu'il a effectuées lors d'une expédition autour du monde dont il était le peintre officiel, et qui sont parues dans le Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, exécuté par ordre du roi pendant les années 1837-1838-1839-1840 (1845).

Ernest Goupil
Biographie
Naissance
Décès
(à 25 ans)
Hobart
Sépulture
Nationalité
Activités

Biographie

Auguste Ernest Goupil est né le selon la déclaration faite par ses parents dans l'acte de naissance à Châteaudun[4], fils d'Auguste Goupil, pharmacien à Paris et d'Anne Lutton, mariés à Paris le . Il a deux frères aînés : Auguste, né en 1794, docteur en médecine et Adolphe, né en 1806, qui sera un des plus importants marchands et éditeurs d'art du xixe siècle.

Selon Jules Dumont d'Urville, Ernest Goupil est né le à Châteaudun[5]. Sa mère aurait fui la guerre et il serait né avant terme[5].

Formation

Il étudie la peinture à l'atelier de Louis Étienne Watelet, puis auprès de Jules Coignet[5].

En 1833, il voyage en Auvergne et se lie d'amitié avec son compagnon de l'atelier Watelet, Prosper Marilhat, dont le succès de ses images orientalistes a inspiré ses envies de voyage, afin de ne pas se contenter de copier les œuvres d'autres artistes[6]. Charles Mozin a lui aussi contribué à donner à Goupil le besoin d'étudier la nature, en particulier en bord de mer[6].

Premiers voyage

En novembre 1835, Goupil embarque à Saint-Valery pour un bateau marchand qui contourne l'Espagne pour aller à Marseille. Ne pouvant étudier à Cette, il embarque pour l'Algérie. Mais le voyage est houleux et il n'arrive qu'en février de l'année suivante. Il reste deux mois en Afrique puis rentre à Marseille[7]. Malgré une production intéressante, il part à Montpellier rejoindre son ami, le peintre Gaspard-Jean Lacroix, qui s'y était installé avec Jean-Baptiste Camille Corot et Achille-Adolphe Francey[7]. Il reste sur les bords de la Méditerranée jusqu'en 1836, où il repart préparer le Salon de Paris, auquel il avait aussi participé en 1834[8] et 1835[7].

Expédition avec Dumont d'Urville

Quand il apprend que Jules Dumont d'Urville prépare une expédition scientifique de trois ans, Ernest Goupil présente au capitaine ses dessins afin d'y être enrôlé. Il obtient ainsi du ministre de la marine le titre officiel de dessinateur de l'expédition autour du monde et au pôle antarctique, à bord de la Zélée et de l’Astrolabe. Il y est très productif et très apprécié par l'équipage[9]. Dans Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, exécuté par ordre du roi pendant les années 1837-1838-1839-1840 (1845), ses dessins sont transposés sur pierre[5], notamment par Émile Lassalle, Pharamond Blanchard et Adolphe Jean-Baptiste Bayot (en)[10]. Dumont d'Urville raconte : « Sur la Zélée, M. Goupil emplit ses cartons de tableaux précieux, et sur l'Astrolabe, le jeune chirurgien Le Breton[N 2], qui a un talent remarquable dans ce genre, exécute aussi à ma demande des dessins charmants[12]. »

Certains dessins ont été envoyés au ministre de la marine et ont été montrés au roi, qui voulut les voir transposés en peinture par le peintre de marine Théodore Gudin, mais Goupil n'aurait pas donné son consentement[13]. La frégate atteint les îles du Pacifique, dont la luxuriance plaît énormément au peintre, au point d'être frustré de ne pas pouvoir retranscrire la totalité de ce qu'il voyait, par manque de temps[14].

Mais à Samarang, l'équipage est frappé d'une violente épidémie, et après deux mois de souffrance, Ernest Goupil succombe à son tour de dysenterie à Hobart, le [3]. Il est enterré avec les honneurs militaires à Hobart-Town[15],[N 1].

Œuvres

Ernest Goupil est fortement inspiré par Claude Le Lorrain et Jan-Baptist Huysmans[14]. Il cherche à reproduire fidèlement ce qu'il voit, sans recherche de forts contrastes, et éloigné des fantaisies des Orientalistes[16].

Il a principalement produit des aquarelles et des peintures (gouache)[17].

La bibliothèque nationale de France conserve un recueil des œuvres d'Ernest Goupil[18].

Notes et références

Notes
  1. Les notices d'autorité indiquent une mort en 1841, mais l'épitaphe sur sa tombe donne une date de décès au  : « Ici repose Ernest Goupil, peintre de l'expédition autour du monde et au pole austral, des corvettes françaises l'Astrolabe et la Zélée ; Commandants, MM. Dumont-d'Urville et Jacquinot. Mort a Hobart-Town, le , âgé de 26 ans.[1]. » Par ailleurs, le Bénézit et la bibliothèque nationale de France — qui source sa notice avec le Bénézit —, prétendent que Goupil serait né et mort à Paris, mais la biographie parue dans le Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrobale et la Zélée, exécuté par ordre du roi pendant les années 1837-1838-1839-1840 (1845) ne laisse aucun doute sur le fait qu'il est mort lors de l'expédition. Ces dates sont reprises par la bibliothèque nationale d'Australie[2]. Enfin, son acte de décès, qui est librement consultable dans les registres de l'état civil du district d'Hobart, indique un décès le 2 janvier 1840[3].
  2. Louis Le Breton est le second d'Ernest Goupil, et perfectionne son trait auprès de lui. À la mort de Goupil, Le Breton devient le dessinateur officiel de l'expédition[11].
Références
  1. Dumont d'Urville 1845, p. 256.
  2. (en) « Fiche d'Ernest Goupil », sur bibliothèque nationale d'Australie (consulté le 5 septembre 2017).
  3. (en) « Acte de décès n°317 à Hobart », Registers of Hobart Deaths and Launceston and Country Districts Deaths. (RGD35), .
  4. « Acte de naissance no 160 d'Auguste Ernest Goupil le 10 avril 1814 », Archives départementales d'Eure-et-Loir, (consulté le 20 mars 2019).
  5. Dumont d'Urville 1845, p. 381.
  6. Dumont d'Urville 1845, p. 382.
  7. Dumont d'Urville 1845, p. 383.
  8. (en) « Ernest Goupil », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, (ISBN 9780199773787).
  9. Dumont d'Urville 1845, p. 384-385.
  10. « Océanie », sur Galerie Christian Collin (consulté le 5 septembre 2017).
  11. « Louis Le Breton. Peintre et explorateur », sur Le Télégramme, (consulté le 5 septembre 2017).
  12. Le Moniteur universel, n°315, 11 novembre 1838, pp. 2430-2432
  13. Dumont d'Urville 1845, p. 386.
  14. Dumont d'Urville 1845, p. 387.
  15. Dumont d'Urville 1845, p. 389-390.
  16. Dumont d'Urville 1845, p. 388.
  17. (en) « Fiche d'Ernest Goupil », sur artprice.com (consulté le 4 septembre 2017).
  18. « Recueil. Œuvre de Ernest Goupil », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 4 septembre 2017).

Annexes

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrobale et la Zélée, exécuté par ordre du roi pendant les années 1837-1838-1839-1840, Gide,
  • A. Soudry et G. Téqui, Dumont d’Urville, sa vie intime pendant son troisième voyage autour du monde, G. Téqui, libraire-éditeur,
  • Étienne Taillemite, Marins français à la découverte du monde : de Jacques Cartier à Dumont d'Urville, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-60114-3)
  • Bénézit, 1999
  • (en) The Dictionary of Australian Artists: painters, sketchers, photographers and engravers to 1870

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