Famille de Courcelles

La famille de Courcelles est une famille de la noblesse française, d'extraction chevaleresque, originaire de Normandie. Elle est ainsi nommée de la terre de Courcelles-sur-Seine dans l'Eure.

Famille de Courcelles

Armes des Courcelles[1]

Blasonnement D'argent à trois croissants de gueules[2]
Branches - de Courcelles
- Guillaume de Courcelles[3]
Période XIVe – XVIIIe siècle
Pays ou province d’origine Normandie
Allégeance  Duché de Bourgogne
 Royaume de France
Royaume d'Angleterre
Fiefs tenus Courcelles-sur-Seine
La Baguelande
Alincourt
Saint-Liébault
Tanlay
Saint-Vinnemer
Ravières
Paisson
Foiseul, Nogent, Les Jarries
Demeures Château de Tanlay
Château fort de Saint-Liébault
Château de Blandy-les-Tours
Château d'Alincourt
Hôtel d'Alluye[4]
Hôtel du Val-Coquatrix[5]
Manoir de Saint-Vinnemer
Manoir de Pimelles[6]
Manoir de Courcelles-sur-Seine
Charges
Fonctions militaires Chevalier du roi Charles V
Chevalier à la Bataille de Marignan
Fonctions ecclésiastiques Chanoine de Troyes
Archidiacre
Abbesse
Doyen
Curé

À la suite de son alliance avec la famille de Chamigny[7] (héritière de la Maison de Courtenay-Tanlay) au milieu du XVe siècle, la famille de Courcelles prend possession de la seigneurie de Tanlay qu'elle gardera jusqu'au début des années 1530 et qui passera ensuite à la puissante famille de Coligny. Par ailleurs, ses alliances au fil du Moyen-Âge comptent d'autres grands noms comme les Melun, Coligny, Fontenay et les Ray.

Les seigneurs de Courcelles et Tanlay

Il existe un chaînon manquant entre le début de la filiation suivie de la famille de Courcelles depuis Pierre vers 1330 et les premiers seigneurs de Courcelles-sur-Seine, on peut cependant supposer que les premiers sont les ancêtres des suivants[8] :

  • Gautier, sénéchal du Vexin pour le roi Philippe Auguste en 1188.
  • Gautier II, chevalier, seigneur de Courcelles en 1255.
  • Jean, chevalier, seigneur de Courcelles en 1289. Fils du précédent et de Catherine.

Filiation suivie :[3]

  • Pierre, seigneur de Courcelles en 1330. Premier membre de la famille de Courcelles connu à prendre pour sceau "un écu à trois croissants supporté par deux oiseaux dans un quadrilobe" en 1342[1]
  • Pierre, chevalier, seigneur de Courcelles en 1370. Fils du précédent. Enfant : Jean qui suit.
  • Jean, chevalier, seigneur de Courcelles et Saint-Liébault.
    Commissaire et Réformateur général[9] du royaume en 1419, conseiller au Grand Conseil[10]et chambellan du roi Charles VI de France. Il fût un des partisans du duc de Bourgogne Jean-sans-Peur lors du conflit entre Armagnacs et Bourguignons. Il fût également conseiller du roi d'Angleterre Henri VI, lieutenant au gouvernement de Paris et maître d'Hôtel du duc de Bedford. Fils du précédent et de Marie de Gagny. Enfants : Marie, Pierre qui suit, Jeanne, Marguerite.
  • Pierre, chevalier, seigneur de Courcelles en 1452, Saint-Liébault et Chennegy. Fils du précédent et de Marguerite de Fontenay, dame de Saint-Liébault. Enfants : Philippe qui suit, Prégente, Éléonore, Jean, Louis, Agnès, Catherine.
  • Philippe, chevalier, seigneur de Courcelles en 1488, d'Alincourt, de Saint-Liébault et Tanlay, lieutenant général au gouvernement de Champagne. Il vendit la seigneurie de Courcelles à la fin du XVe siècle à Richard Guère (qui est seigneur de Courcelles dès l'an 1502) un des financiers du Château de Gaillon. Fils du précédent et de Prégente de Melun-La Borde, dame d'honneur de la reine Marie d'Anjou et confidente de la dauphine de France, Marguerite d'Écosse. Enfants : Louis "bâtard", Philippe "bâtard", George, Edme qui suit, Catherine.
  • Edme, seigneur de Tanlay en 1510, de Saint-Liébault, Saint-Vinnemer, Ravières, Paisson. Il accompagne en 1515 le roi François Ier à la Bataille de Marignan. À sa mort en 1533/34, sans enfant légitime, la seigneurie de Tanlay sera acquise par Louise de Montmorency femme de Gaspard Ier de Coligny, maréchal de France (fils d'Éléonore de Courcelles et de Jean de Coligny) qui la transmettra à leur enfant , le bien connu, François de Coligny d'Andelot qui rebâtira le château de Tanlay sur l'ancien château des Courcelles. Fils du précédent et de Philiberte de Chamigny, dame de Tanlay, héritière de la branche de Tanlay de la maison capétienne de Courtenay. Enfants : Jean "bâtard", Catherine "bâtarde".
François de Coligny (1521-1569), seigneur d'Andelot et de Tanlay, petit-fils d'Éléonore de Courcelles.

Armoiries

"La maison de Courcelles, ancienne et riche possedoit en ces quartiers de belles terres comme Tanlay, S.Liébault, Courcelles, Chennegy, Neuville et dépendances. Philippe de Courcelles (l'auteur le confond avec son père Pierre) étoit seigneur de Saint-Liébault et Chennegy il y a plus de six-vingt ans (120 ans) et se voient en l'église de Chennegy ses armes et celles de sa femme qui sont celles de Melun brisées sur le chef d'un lion naissant de gueules. Les armes de Courcelles sont d'argent à trois croissants montants de gueules. Jacques de Courcelles, chevalier de Malte est aussi représenté es vistres de l'église avec sa sopraveste chargée de ses armes brisées de celles de Saint-Jean de Hiérusalem de Malte, elles se voyent aussi en la chapelle du Hayer et de plus Jean de Courcelles et sa femme (Marguerite de Fontenay) qui portoit de sable à un léopard lionné d'argent semé de trèfles du même."[11]

"Messire Jehan, seigneur de Courchelles".
Armorial de la Cour amoureuse du roi Charles VI[12].
Blasons de Jean de Coligny et d'Éléonore de Courcelles présents dans le Dossier Bleu d'Hozier 229 (de Damas).
"Ceulx de Courselles".
Blason présent dans l'Armorial de Gilles Le Bouvier vers 1450. Les trois croissants sont vraisemblablement mis dans le mauvais sens par l'auteur.

Ce texte établi plus de 120 ans après la mort de Philippe de Courcelles, seigneur de Saint-Liébault et Tanlay (+1519) aurait donc été rédigé vers 1640. Durant cette période, plus exactement en 1646, le mémorialiste François-Nicolas Baudot Dubuisson-Aubenay publia son récit "Voyage d’un archéologue dans le sud-ouest de la Champagne en 1646", on peut donc supposer que cet extrait issu des archives de l'Aube soit tiré de l'écrit du mémorialiste. Dans ce même ouvrage, Baudot nous décrit également d'autres armoiries, celles-ci sont présentes sur des vitraux de l'église abbatiale de l'Abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes, le blason mentionné dans ce texte est celui de Catherine de Courcelles (+9 juillet 1519), fille de Pierre de Courcelles et de Prégente de Melun-La Borde puisqu'elle fût l'abbesse de ce lieu de ~1483 à 1519 (abbés et abbesses avaient pour habitude de timbrer leurs armes d'une crosse abbatiale).

"Es vistres du sanctuaire, armes tymbrées d'une crosse abbatiale comme elles sont en pierre à la porte du logis abbatial, d'argent à trois croissans montans de gueules. Elles sont en ceste vistre qui est australe à l'autel, équartelées d'azur à sept besans d'argent ou d'or appâli, 4 et 3, au chef d'or chargé comme d'un cerf issant de gueules" (1646)

(Baudot parle ici des armes de la famille de Melun-La Borde).

FigureBlasonnement
Pierre de Courcelles (~1300-1370)
Seigneur de Courcelles, premier Courcelles connu à utiliser comme sceau un écu à trois croissants le 24 novembre 1342.

"D'argent à trois croissants de gueules."[1]

Pierre de Courcelles (~1405-~1474)
Chevalier, seigneur de Courcelles, d'Alincourt et Saint-Liébault, etc.
Armoiries à la suite de son alliance avec Prégente de Melun-La Borde le 28 mars 1436. Ces armes étaient présentes sur les vitraux de l'église de Chennegy et de l'église abbatiale de l'Abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes dont Catherine de Courcelles, la fille de Pierre, en était l'abbesse (+9 juillet 1519)[13].

"Écartelé : au 1er et 4e, d'argent à trois croissants de gueules (qui est de la famille de Courcelles) ; au 2e et 3e, d'azur à sept besants d'or, placés 3, 3 et 1, au chef d'or chargé d'un lion issant de gueules (qui est de la famille de Melun-La Borde)."

Éléonore de Courcelles (~1445-29 juin 1510)
Femme de Jean de Coligny-le-Vieux, seigneur d'Andelot et de Châtillon : parents de Gaspard et grands-parents de l'amiral de Coligny.
Ces armes sont encore présentes sur la dalle funéraire d'Éléonore en l'Église Saint-Lyé de Saint-Lyé[14].

"Mi-parti : au 1er, de gueules à l'aigle d'argent, couronnée, becquée et membrée d'azur (qui est de la famille de Coligny), au 2d, d'argent à trois croissants de gueules (qui est de la famille de Courcelles)."

Nicole de Courcelles (~1615-1663)[15]
(Pimelles)

Fille de Jean de Courcelles, seigneur en partie de Tronchoy et de l'Isle, et Claude d'Anstrude. Elle épouse en 1642, Jean de Channe, seigneur en partie de Tronchoy.

"D'or à trois croissants de gueules."[16]

Pierre de Courcelles (~1635-7 juillet 1711)
Curé de Pimelles et doyen de Rugny, il est issu de la branche des Guillaume dite "de Courcelles" descendante de Jean de Courcelles fils bâtard d'Edme, seigneur de Tanlay[17].

"D'azur à trois croissants d'argent rangés en chef et trois roses d'or rangées en pointe sommées chacune d'une colombe aussi d'or."

Demeures

Manoir de la famille de Courcelles sur le fief éponyme (présent sur le cadastre de la ville de Courcelles vers 1830). Il a aujourd'hui disparu.
  • Château de Blandy-les-Tours[18]
    En 1422, le château est donné par le régent de France Jean de Lancastre au nom du roi Henri VI d'Angleterre à Jean de Courcelles, son conseiller et seigneur de Saint-Liébault qui le conservera jusqu'au départ des anglais vers 1435.
Vue satellite de l'ancien emplacement du château fort de Saint-Liébault puis du château de Pierre Seguier en l'actuelle Place Caroline à Estissac (Saint-Liébault).
Plan du début du XIXè siècle montrant l'emplacement du château de Saint-Liébault[19].
Cadastre du village d'Estissac de 1840 montrant l'emplacement du château.
Le château Renaissance de Tanlay du milieu du XVIe siècle de François de Coligny d'Andelot est bâti sur l'ancienne forteresse des Courtenay et Courcelles.
Pierre Le Gendre, trésorier de France achète la terre d'Alincourt à Philippe de Courcelles, seigneur de Tanlay en 1488. Il embellit l'ancien manoir médiéval du XIVe siècle et le transforme en véritable château.
Le manoir vu du canal.
Vue satellite du manoir, l'entrée du logis porte les armes de la famille de Courcelles.
Vue du manoir depuis l'ancienne grange, l'entrée du logis porte les armes de la famille de Courcelles.

Sources

  1. Inventaire des sceaux de la collection Clairambault à la Bibliothèque nationale. Tome 1 par G. Demay / numéro 2873. Première trace du blason daté de novembre 1342.
  2. Sources couleurs blason:
    -Dossier Bleu d'Hozier 215 : Courcelles (BNF).
    http://www.europe.palisep.fr/fiche/armorial/1240. Famille de Courcelles-Saint Liébault.
    -Statistique monumentale du département de l'Aube Tome 3 (1894) par Charles Fichot Cathédrale de Troyes.
    -Armorial Historique de l'Aube par Louis Le Clert n°540 (1911).
    -Le vitrail à Troyes: Les chantiers et les hommes 1480-1560 par Danielle Minois (2005) page 202.
    -Voyage d’un archéologue dans le sud-ouest de la Champagne en 1646 François-Nicolas Baudot Dubuisson-Aubenay (1646).
    - Alain Noël, « Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulnes : Histoire de la Maison de Courcelles Courcelles-sur-Seine - Saint-Liébault (Estissac) - Tanlay - Pimelles - Cruzy-le-Châtel », sur Annales de Micro-histoire, (consulté le 12 janvier 2020), p.50.
    - Armorial de Gilles Le Bouvier vers 1450.
  3. Alain Noël, « Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulnes : Histoire de la Maison de Courcelles Courcelles-sur-Seine - Saint-Liébault (Estissac) - Tanlay - Pimelles - Cruzy-le-Châtel », sur Annales de Micro-histoire, (consulté le 12 janvier 2020).
  4. Topographie historique du Vieux Paris: Région du Louvre et des Tuileries, Volumes 1 à 2 - 1868.
  5. La Cour de Bourgogne à Paris - Florence Berland p.102 / https://hal.univ-lille3.fr/tel-02116311/document
  6. Manoir de Saint-Vinnemer et de Pimelles, site internet des châteaux fort et manoirs par l'Université de Bourgogne
  7. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de la France (etc.), Volume 18 / Page no 784
  8. Histoire de la Maison Royale de France, et des grands officiers de la Couronne - 1733 / Page no 876.

    En effet Pierre de Courcelles, maitre et enquêteur des Eaux et Forêts de France, porte un écu à trois croissants en 1367 et utilise apparemment en 1370 un écu au "croissant accompagné de 6 trèfles, trois en chef et trois en pointe" comme sceau. L'auteur confond possiblement les six trèfles avec les six oiseaux présents dans le sceau que porte le chevalier Gautier II de Courcelles en 1265.
  9. Ordonnance des roys de France de la 3e race (1769) / Page 56
  10. « Site de l'Opération Charles VI », sur vjf.cnrs.fr.
  11. Archives départementales de l'Aube. Fichier Chandon : DE COURCELLES.
  12. - BNF - Recueil d'armoiries coloriées disposées selon un ordre méthodique, et généalogies diverse vers 1500. Armorial de la Cour Amoureuse du roi Charles VI : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53023966f/f111.item.r=5233.langFR
    - La Cour Amoureuse : http://audreypennel.fr/cherchemonde/2013/12/01/la-cour-amoureuse-dite-de-charles-vi-a-travers-lexemple-des-armoriaux-de-vienne-ms-51-et-du-ms-fr-5233-de-la-bnf/
  13. Le vitrail à Troyes: Les chantiers et les hommes 1480-1560 par Danielle Minois (2005) page 202.
  14. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM10002001
  15. Alain Noël, « Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulnes : Histoire de la Maison de Courcelles Courcelles-sur-Seine - Saint-Liébault (Estissac) - Tanlay - Pimelles - Cruzy-le-Châtel », sur Annales de Micro-histoire, (consulté le 12 janvier 2020), p.102.
    Archives départementales de l'Yonne 4E. 98/1.
  16. Alain Noël, « Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulnes : Histoire de la Maison de Courcelles Courcelles-sur-Seine - Saint-Liébault (Estissac) - Tanlay - Pimelles - Cruzy-le-Châtel », sur Annales de Micro-histoire, (consulté le 12 janvier 2020), p.88.
    - Mentionné dans les preuves de noblesse de la famille de Channe en 1642 pour "Nicolle de Courcelles" femme de Jean de Channe (Archives départementales de l'Yonne 41 J.10).
  17. Alain Noël, « Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulnes : Histoire de la Maison de Courcelles Courcelles-sur-Seine - Saint-Liébault (Estissac) - Tanlay - Pimelles - Cruzy-le-Châtel », sur Annales de Micro-histoire, (consulté le 12 janvier 2020), p.88.
    - Armorial d'Hozier 1696 (Paris) : "Pierre Courcelle, curé".
    - Archives en ligne de l'Yonne registre paroissial de Pimelles - 1711.
  18. - http://www.chateau-blandy.fr/library/Dossier-pedagogique-du-Chateau-de-Blandy-les-Tours
    - Le château fort de Blandy-les-Tours: images de son histoire / page 42. par Marc Viré
  19. Archives de l'Aube, carton 197, n° 780 et suivants, 2e série de la Vente des biens des émigrés.
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