Fontaine Bartholdi

La fontaine Bartholdi se situe place des Terreaux, dans le centre de la ville de Lyon (1er arrondissement). Elle a été réalisée par le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi et inaugurée en 1892 sous son appellation originelle de "Char triomphal de la Garonne"[1] alors que son nom officiel est "Les fleuves et les sources allant à l'océan"

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Fontaine Bartholdi
Fontaine Bartholdi, place des Terreaux
Présentation
Type
Créateur
Matériau
Construction
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Coordonnées
45° 46′ 04″ N, 4° 50′ 00″ E
Localisation sur la carte du Rhône
Localisation sur la carte de France

Histoire

La ville de Bordeaux décide, en avril 1857, de faire réaliser une fontaine pour la place des Quinconces. Elle lance un concours dont le lauréat est un jeune sculpteur de 23 ans, Frédéric Bartholdi, qui présente une œuvre[2] inspirée du bassin d'Apollon à Versailles, réalisé par Tuby.

Cependant, le conseil municipal de Bordeaux ne donne pas suite à son projet. En 1886, après l'inauguration dans le port de New York de la Statue de la Liberté, le maire de Bordeaux reprend contact avec lui pour relancer l'ébauche réalisée près de trente ans plus tôt.

Bartholdi termine alors sa fontaine du Char triomphal de la Garonne, et la fait réaliser en 1888 par la société Gaget & Gauthier, qui a travaillé avec lui sur la Statue de la Liberté. La fontaine est présentée à l'Exposition universelle de Paris de 1889, dans la galerie centrale appelée « galerie de trente mètres », du fait de sa largeur. Mais Bordeaux stoppe tout une seconde fois. Le prix est jugé trop cher. Par la suite, Bordeaux choisit un autre projet, qui ressemble beaucoup au projet de Bartholdi[3].

Le maire de Lyon, Antoine Gailleton, est séduit par l'œuvre et décide de l'acheter (le prix était fixé à 150 000 francs). Le conseil municipal de Lyon donne son accord en juillet 1890, mais pour un prix de 100 000 francs. Bartholdi est déçu par le prix, mais vient tout de même à Lyon en automne de la même année, il écarte les sites du cours Perrache, de la place de la République et du parc de la Tête d'or qui ne lui conviennent pas, puis accepte celui de la place des Terreaux. La fontaine y est installée[4] face à l'hôtel de ville à la suite de la décision du conseil municipal de mars 1891, et son inauguration a lieu le 22 septembre 1892[5],[6].

En 1992, la municipalité décide de réaménager l'espace à la suite de la construction d'un parc de stationnement sous la place. Lors de la rénovation de la place par Christian Drevet et Daniel Buren, la fontaine est déplacée pour des raisons d'ordre architectural. Il a été choisi par les concepteurs afin de donner l'illusion que l'eau s'écoule des pentes de la Croix-Rousse dans le sens du Rhône et de la Saône. Elle se trouve donc désormais face au musée des beaux-arts[7], qui contient d'ailleurs une ébauche en terre cuite de la Statue de la Liberté.

Le 29 septembre 1995[5], la fontaine Bartholdi est classée monument historique. Elle est alors inaugurée une seconde fois.

Après une importante opération de rénovation de mars 2016 à octobre 2017 avec un démontage complet, une nouvelle inauguration est effectuée le 22 mars 2018[8].

Description

La fontaine pèse au total 360 tonnes. Elle est constituée de deux bassins et d'une statue pesant 21 tonnes, soutenue par une armature de fer sur laquelle aurait travaillé Gustave Eiffel, habillée d'une peau de plomb de mm. Cette peau en plomb est en fait constituée de deux épaisseurs de métal superposées d'une feuille de plomb d'une épaisseur comprise entre 1 et 1,5 mm et d'une feuille en alliage plomb étain sur une épaisseur de 4 à mm d'épaisseur. La statue mesure 4,85 m de haut pour une envergure de m et le diamètre total est de 15 m. Il y a 9,33 m entre l'extrémité des pieds des chevaux extérieurs et 9,50 m entre le bord de la vasque haute et les naseaux des chevaux centraux. On distingue des griffes sur les sabots des chevaux. Cette fontaine est remarquable à la fois par ses dimensions monumentales et la prouesse technique de sa structure et des chevaux en porte-à-faux. Il y a également de l’eau vaporisée qui sort des naseaux des chevaux.

C’e sont les fonderies Gaget-Gauthier et Cie, qui ont précédemment réalisé pour Bartholdi la Statue de la Liberté, qui ont développé cette technique de sculpture issue de l’orfèvrerie et de la cuivrerie d’art. Les statues sont composées d’une ossature métallique sur laquelle sont fixées 6 plaques de plomb préformées. La peau en plomb est ensuite retouchée selon des techniques de repoussage et ciselage de la matière afin obtenir des effets de relief.

Le groupe est une allégorie de la France et de ses quatre grands fleuves[1]. C'est Amphitrite qui symbolise la France, les fleuves étant représentés par des chevaux.

La déesse grecque de la mer, accompagnée d'un enfant, dirige un quadrige tiré par quatre chevaux marins. Commandée initialement par Bordeaux, le groupe se nommait alors : Char triomphal de la Garonne [1] et symbolisait : la Garonne (Amphitrite), la Dordogne ( l'enfant) et les quatre principaux affluents[1],[9].

Oeuvre innovante

La fontaine Bartholdi, de style la fois classique et baroque, est cataloguée comme une innovation technique doublée d’une référence artistique. Outre sa conception, son originalité réside dans le réalisme et dynamisme de la structure ainsi que dans l’utilisation des jeux aquatiques.

Les quatre chevaux semblent jaillir de l’eau. Cinq jets entrecroisés alimentent une conque dont le débordement donne au métal de multiples couleurs. De plus, les naseaux des chevaux exhalent de l’eau pulvérisée, effet spectaculaire et rarement reproduit.

C'est le réseau d'eau de la ville qui alimentait initialement le monument, mais, en 1907, la municipalité a décidé d'installer un circuit fermé (moteur électrique actionnant une pompe centrifuge). Cette technique, nouvelle pour l'époque, permet des économies d'eau substantielles.


Restauration

La fontaine avant la restauration
Chantier pendant le remontage.

Au vu du mauvais état général de la statue, une restauration prévue en janvier 2015 démarre effectivement en mars 2016, pour un budget de 2 750 000 euros[10]. En effet, la structure métallique est entièrement rouillée et la statue de plomb est déformée et fissurée. L'objectif de la restauration est double, pérenniser l'œuvre et redonner davantage de lisibilité et de vivacité à la sculpture.

Après renfort de la structure interne, chaque partie de la statue est délicatement démontée en mai et juin 2016, pour être transportée dans l'atelier de restauration d'objet d'art de la fondation de Coubertin dans le sud-ouest de l'Île de France. Huit mois de restauration et trois mois de remontage sont prévus[11]. Les travaux sont achevés fin 2017[12] avec la pose de la tête d'Amphitrite le 3 octobre[13]. L'inauguration de la fontaine et la remise en eau sont réalisées le 22 mars 2018[8].

Notes et références

  1. « La fontaine Bartholdi  », sur Office du tourisme et des congrès du Grand Lyon (consulté le 26 avril 2016).
  2. Revue des Sociétés savantes, tome quatrième, année 1858, 1er semestre, p. 104-105.
  3. La fontaine du monument aux Girondins sur la place des Quinconces.
  4. Moyennant le transfert de la fontaine, qui se trouvait là, sur la place Guichard que l’on venait de créer pour aérer le quartier.
  5. Notice no PA00118120, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. Perval, « La fontaine Bartholdi », La Construction Lyonnaise, no 11 (14e année), , p. 123-124 (lire en ligne)
  7. « Retour en images sur l’inauguration de la fontaine Bartholdi restaurée », sur lyonmag.com, (consulté le 19 octobre 2018)
  8. Lot, Tarn et au choix, deux autres : Ariège, Gers, Baïse...
  9. Steven Belfils, « Lyon : la fontaine Bartholdi va quitter la place des Terreaux », sur Lyon Capitale, (consulté le 26 avril 2016).
  10. « Retrouver Bartholdi », Lyon Citoyen, no 144, , p. 8 (lire en ligne [PDF], consulté le 26 avril 2016).
  11. Philippe Bette, « La restauration de la fontaine Bartholdi se poursuit à Paris », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le 1er juin 2017)
  12. Caroline Girardon, « Lyon: La fontaine des Terreaux retrouve sa place », sur 20minutes.fr, (consulté le 19 octobre 2018)

Voir aussi

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