George Talbot (4e comte de Shrewsbury)

George Talbot, né vers 1468 à Shifnal dans le comté de Shropshire[1] en son manoir de Wingfield, dans le comté de Derbyshire, est l'un des principaux généraux du roi Henri VIII. Son appui indéfectible au monarque lui valut l'une des premières places de la Cour.

George Talbot

Gisant de George Talbot et de sa femme Anne (chapelle des Shrewsbury dans la Cathédrale de Sheffield).

Titre comte de Shrewsbury
(1473 - 1538)
Autre titre comte de Waterford, baron Talbot, baron Furnivall
Allégeance Royaume d'Angleterre
Souverains Henri VIII d'Angleterre
Grade militaire lieutenant général
Années de service 1489 - 1538
Commandement Marche du Nord
Conflits Quatrième guerre d'Italie (1508-1513)
Faits d'armes Bataille de Stoke
Bataille de Guinegatte (1513)
Distinctions Ordre de la Jarretière, Ordre du Bain
Autres fonctions Lord Grand Intendant
Biographie
Dynastie Talbot
Stafford
Naissance vers 1468
Shifnal, dans le Shropshire
Décès
Manoir de Wingfield, dans le Derbyshire
Père John Talbot (3e comte de Shrewsbury)
Mère Catherine Stafford
Conjoint Lady Anne Hastings
Elizabeth Walden
Enfants Francis Talbot (5e comte de Shrewsbury)
Lady Mary Talbot
Margaret
Elizabeth
Dorothy
Richard
Henry
John I
John II
William
Anne I
Anne II
Adversaires Robert Aske

Biographie

Né en 1468 de John Talbot (3e comte de Shrewsbury), et de Lady Catherine Stafford, fille du duc de Buckingham[2], il succéda à son père dans la pairie d'Angleterre en 1473, alors qu'il n'avait que cinq ans, et fut reçu dans l’Ordre du Bain en 1475[1].

Dès le règne du roi Henri VII, Shrewsbury parut comme un remarquable soldat. Il se distingua au combat contre Lambert Simnel à la bataille de Stoke en 1487, ce qui lui valut d'être fait chevalier de l'Ordre de la Jarretière après la bataille. En 1489 il rejoignit le corps expéditionnaire anglais des Flandres venu à l'aide de l’empereur dans son combat contre Charles VIII[3]. La même année, il fut choisi comme parrain de la princesse Margaret Tudor[2].

Ruines du manoir de Sheffield dans leur état de 1819.

À l’avènement de Henri VIII, le comte de Shrewsbury renouvela le serment de son père à la Couronne et confirma sa valeur de guerrier. Il conserva la faveur royale et poursuivit son ascension à la cour, obtenant la charge héréditaire de Lord Grand Intendant d’Irlande de 1473 à 1538 ; nommé Grand Intendant de la Maison du Roi de 1509 à 1538, Conseiller Privé en 1512[4] and Lieutenant-General of the North in 1522[4]. Il fut le chef d’état-major de l’armée anglaise lors de la campagne de France de 1512, assista à l'entrevue du Camp du drap d'or[4], et se vit confier le commandement de l'armée chargée de contrôler la Marche d’Écosse. Il était désormais l'un des hommes les plus en vue de la cour d'Angleterre.

Lorsque Henri VIII déclara qu'il entendait demander le divorce, Shrewsbury prit son parti, témoigna en sa faveur au procès de la reine Catherine d'Aragon, et contresigna la lettre d'agrément du divorce adressée au pape. Il contresigna de même le décret d'arrestation du cardinal Thomas Wolsey en 1529. Le , Wolsey fut arrêté pour haute trahison et transféré de York vers le sud pour y être jugé. Il arriva quatre jours plus tard au manoir du comte de Shrewsbury à SHeffield, où il devait faire étape pour 18 jours. Le comte et sa famille le reçurent avec honneur, s'efforçant de lui rendre le séjour le plus agréable qu'ils pouvaient ; toutefois, Wolsey tomba gravement malade alors qu'il quittait Sheffield sous bonne garde[2].

La Chapelle de la famille Shrewsbury dans la Cathédrale de Sheffield, construite sur commande du comte George Talbot.

Lorsque la révolte éclata dans le Nord en , Shrewsbury leva lui-même une armée et selon l'historien Froude sa détermination sauva peut-être la couronne du roi Henri[5]. Le comte, avec l'appui de John Russell, de Sir William Parr (oncle de la reine consort Catherine Parr), de William Gonson, de Sir Francis Bryan et de l'amiral William FitzWilliam, tous royalistes, rallia à lui le régiment de 1000 hommes de Gloucester stationné à Stony Stratford, qui réprima le Pèlerinage de Grâce à Ampthill, dans le Bedfordshire. Thomas Howard (3e duc de Norfolk), et le comte de Shrewsbury entreprirent les premiers pourparlers avec les insurgés à Doncaster, où Robert Aske avait rassemblé entre 30 000 et 40 000 hommes. Ils convinrent d'un armistice, moyennant lequel les insurgés obtenaient audience auprès du roi[2].

Le manoir de Wingfleid devint bientôt trop petit pour la famille et la domesticité du comte de Shrewsbury ; aussi, rompant avec la tradition familiale, décida-t-il de faire du château de Sheffield, construit par Lord Furnivall, son palais. Ce château est connu comme le lieu de détention de la reine Marie Stuart : en effet, il reviendra au petit-fils du vainqueur de Guinegatte de se charger de cette mission.

En 1516, le comte de Shrewsbury entreprit se faire construire une gentilhommière sur une colline à trois kilomètres de là. Puis en 1520, il fit ajouter une chapelle familiale dans l’église paroissiale de Sheffield. Cette chapelle forme aujourd'hui l'aile historique de la Cathédrale[2].

Le comte mourut en 1538, dans son manoir de Wingfield. On l'inhuma aux côtés de sa femme Lady Anne, dans la Chapelle des Shrewsbury. Conformément à ses dernières volontés, la tombe est recouverte de trois gisants de marbre représentant le comte en costume de chevalier de la Jarretière, sa première épouse et sa seconde épouse[2].

Notes et références

  1. G. E. Cokayne, The Complete Peerage : or a history of the House of Lords and all its members from the earliest times, vol. XI, St Catherine's Press pour H. A. Doubleday, (réimpr. 1936), p. 706
  2. Albert Frederick Pollard et Lee, Sidney (dir.), Dictionary of National Biography, vol. 55, Londres, Smith, Elder & Co., , « Talbot, George (1468-1538 », p. 313–314.
  3. G. E. Cokayne, The Complete Peerage : or a history of the House of Lords and all its members from the earliest times, vol. XI, H. A. Doubleday & Lord Howard de Walden, , p. 707
  4. G. E. Cokayne, The Complete Peerage, vol. XI, H. A. Doubleday & Lord Howard de Walden, , p. 708
  5. James A. Froude, History of England: from the fall of Wolsey to the death of Elizabeth. Volume iii. pg 109.

Source

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