Héliophyllite

L'héliophyllite est une espèce minérale rare composée de chlorure de plomb de formule Pb6As2O7Cl4.

Héliophyllite
Catégorie III : halogénures[1]

Héliophyllite - Baie de Thorikos, Grèce - (taille des sphérules : 225 µm)
Général
Classe de Strunz 3.DC.65
Classe de Dana 46.02.02
Formule chimique As2Cl4O7Pb6 Pb6As2O7Cl4
Identification
Masse formulaire[2] 1 646,9 ± 0,6 uma
As 9,1 %, Cl 8,61 %, O 6,8 %, Pb 75,49 %,
Couleur jaune ; jaune verdâtre ; vert jaunâtre
Classe cristalline et groupe d'espace non connue
Système cristallin orthorhombique
Clivage parfait sur {011}
Cassure irrégulière
Habitus pyramidal ; tabulaire ; sphérules
Échelle de Mohs 2
Trait jaune pâle
Éclat vitreux ; gras
Propriétés optiques
Biréfringence biaxial (-)
Dispersion 2 vz ~ 35-40
Transparence translucide
Propriétés chimiques
Densité de 6,88 à 6,89
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Historique de la description et appellations

Inventeur et étymologie

Ce minéral a été décrit par le minéralogiste suédois Flink en 1888. Son nom vient du grec helios, « soleil » et phullon, « feuille », en allusion à sa couleur et à l'habitus commun de ses cristaux[3].

Topotype

Le topotype se trouve dans les mines d’Harstigen et Langban, Pajsberg, Värmland, en Suède.

Caractéristiques physico-chimiques

Critères de détermination

L'héliophyllite est translucide, biréfringente et a un éclat vitreux et gras. Sa couleur varie du jaune au vert jaunâtre, son trait est jaune pâle. Son habitus peut être pyramidal, tabulaire ou en forme de sphérules. Elle présente un clivage parfait parallèlement aux plans {011}, sa cassure est irrégulière.

Cristallochimie

Selon la classification de Dana, l'héliophyllite est le seul membre du groupe 46.02.02 des antimoniures, arséniures et phosphures basiques ou contenant des halogènes (46) avec des formules chimiques diverses (46.02). Selon la classification de Strunz, elle forme avec son dimorphe, l'ecdémite, le groupe 3.DC.65 des halogénures (III), plus précisément des oxyhalogénures, hydroxyhalogénures et halogénures doubles (3.D) pouvant contenir du plomb, de l'arsenic, de l'antimoine ou du bismuth, mais pas de cuivre (3.DC).

Membres du groupe 3.DC.65 (classification de Strunz)
Minéral Formule Groupe ponctuel Groupe d'espace
EcdémitePb6As2O7Cl4tétragonalinconnu
HéliophyllitePb6As2O7Cl4orthorhombiqueinconnu

Cristallographie

L'héliophyllite cristallise dans le système cristallin orthorhombique, avec Z = 8 unités formulaires par maille. Sa structure n'est pas encore déterminée. Ses paramètres de maille sont = 10,823 Å, = 10,783 Å et = 25,58 Å (volume de la maille V = 2 985,30 Å3), sa masse volumique calculée 7,33 g/cm3.

Gîtes et gisements

Gîtologie et minéraux associés

L'héliophyllite est un minéral secondaire des gisements de plomb et d'arsenic qui se trouve en néoformation sur les scories de plomb (Laurion).

L'héliophyllite peut être associée à plusieurs minéraux :

Gisements producteurs de spécimens remarquables

  • Chine
Xitieshan, Da Qaidam (Dachaidan) Co., préfecture Haixi, province de Qinghai (Chinghai)[4]
  • Grèce (anciennes scories)
le district minier antique du Laurion compte trois occurrences : Passa Limani, la baie de Thorikos et Vrissaki[5].
  • Italie (anciennes scories)
Madonna di Fucinaia, Campiglia Marittima, Province de Livourne, Toscane[6]
Baratti, Piombino, Province de Livourne, Toscane
  • Suède
Långban, Filipstad, Värmland (topotype)[7]
Jakobsbergsgruvan, Nordmark, Filipstad, Värmland[8]
Harstigsgrufvan Filipstad, Värmland[9]
  • États-Unis
Milford No. 1 mine, Goodsprings District, Comté de Clark, Nevada[10]

Notes et références

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. Flink, Ak. Stockholm, Öfversigy, vol. 45, 1888, p. 574
  4. W. Li et G. Chen, "The Discovery of heliophyllite in China", dans Acta Mineralogica Sinica, vol. 5, no  3, 1985, p. 216-220 (en chinois avec résumé en anglais) - aussi dans Mineral. Abs., vol. 38, 1987, p. 347
  5. (en) Piet Gelaude, Piet van Kalmthout, Christian Rewitzer, Laurion : The Minerals in the Ancient Slags
  6. (it) G. Casone et A. Casini, « Le miniere antiche di Campiglia M.ma (LI) », dans Atti del IV Convegno Nazionale sulle Cavità Artificiali, Osoppo 30/31-05/01-06-97, Trieste 1997, p. 29-50
  7. (en) Dan Holtstam, Jörgen Langhof, Frey Sandström et Ingmar Lundström, Langban: The Mines, their Minerals, Geology and Explorers, Stockholm, Raster Forlag, Musée suédois d'histoire naturelle, , 216 p. (ISBN 91-87214-88-1)
  8. (en) Joseph A. Mandarino, « Abstracts of New Mineral Descriptions (Department) », The Mineralogical Record, vol. 32, no 4, , p. 311-313
  9. P. Nysten, « Harstigen ett mineralogisk eldorado i Bergslagen », dans Norsk Bergverksmuseum Skrift, vol. 28, 2004, p. 5-13
  10. NBMG Spec. Pub. 31 Minerals of Nevada

Voir aussi

  • Portail des minéraux et roches
  • Portail de la chimie
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