Helvetia (société d'étudiants)

La Société d'étudiants Helvétia (allemand : Schweizerische Studentenverbindung Helvetia) est une société d'étudiants créée en 1832[1]. Elle est issue d'une scission avec la société d'étudiants de Zofingue. Elle compterait aujourd'hui environ 100 membres actifs et plusieurs centaines d'Anciens. Elle possède des sections actives à Lausanne, Berne, Zurich, Bâle et Genève.

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Armes de l’Helvetia bernoise.

La devise de l'Helvétia est : Patrie, Amitié, Progrès. Ses membres portent un sautoir aux couleurs amarante-blanc-amarante et une casquette Amarante. Les sections de Bâle, Zurich et Berne pratiquent la Mensur. La Société d'étudiants Helvétia est une société à vie, masculine, apolitique et aconfessionnelle. Les séances officielles de la Société d'étudiants Helvétia sont interdites aux non membres.

Histoire

Origines

La société d'étudiants Helvétia est une des descendantes directes des nationes du Moyen Âge. Ces nationes regroupaient dans les premières universités les étudiants originaires de la même région. Dès le XVIe siècle, leurs héritières, les Landmannschaften essaimèrent dans les universités allemandes. Elles empruntèrent à la noblesse de l'époque un certain nombre de signes distinctifs qui caractérisent encore de nos jours les sociétés d'étudiants: le port du couvre-chef, du ruban et de l'épée. Les Landsmannschaften furent au XVIIIe siècle influencées par les ordres estudiantins proches de la franc-maçonnerie qui apportèrent nombre de leurs traditions, tel le principe de la société à vie. En 1817, après les guerres napoléoniennes se créa la Deutsche Burschenschaft, société animée par des idéaux patriotiques et nationalistes, qui voulait créer une Allemagne unie à partir de l'ensemble hétérogènes d'États germanophones qui composaient alors le Saint Empire romain germanique. Après l'Acte de Médiation, la situation était comparable en Suisse. En 1819, se créa la société de Zofingue dont le but était de réunir l'ensemble des étudiants suisses et d'œuvrer pour le rapprochement des cantons et la création d'une "nation suisse". Mais le conservatisme de Zofingue ainsi que l'action de certaines de ses sections lors des troubles de Bâle (où les Zofingiens avaient pris le parti de la ville contre la campagne) et de Neuchâtel (où ils combattaient au côté des royalistes) poussa certains étudiants proches du parti radical, qui venait de se créer à la gauche du parti libéral, à quitter Zofingue. Réunis les 11 et à Hitzkirch, ils fondèrent l'Helvétia.

Développement

Zirkel de l’Helvetia.

La jeune société Helvetia connu des débuts difficiles tout en rencontrant de grandes sympathies auprès des sections zofingiennes de Lausanne, Berne, Saint-Gall et Soleure. Une section de l'Helvetia fut fondée en 1832 à Berne, puis l'année suivante à Aarau. Toutefois, les sections de Zurich et Aarau furent dissoutes sur ordres des autorités en 1835. Celle de Soleure fut interdite en 1836. Il ne restait dès lors que la section de Berne, radicale, laquelle demeura isolée jusqu'en 1849. Après la victoire des cantons progressistes sur le Sonderbund et la montée en puissance des radicaux, de nouvelles discussions eurent lieu au sein de Zofingue. Elles aboutirent à la création de la Nouvelle Zofingue, sous l'impulsion des sections de Aarau, Berne et Soleure. La nouvelle société prospéra rapidement et compta jusqu'à 14 sections, dont Zurich et Saint-Gall. Le , 7 étudiants, fondèrent la section lausannoise de la Nouvelle Zofingue. L'année suivante fut créée la section genevoise, En , la Nouvelle Zofingue adopta le nom d'Helvetia, contre l'avis de l'ancienne section helvétienne de Berne avec laquelle une union avait été proposée. Par réaction, cette section se rebaptisa Alt Helvetia. En , l'Helvetia tint sa première fête centrale à Langenthal. De nouvelles couleurs y furent choisies : rouge, blanc et or. La devise devint Patrie - Amitié - Progrès, plus en adéquation avec les idées radicales à la base de la société. À cette époque, l'Helvetia comptait 11 sections : Aarau, Bâle, Berne, Coire, Fribourg, Genève, Lausanne, Lucerne, Saint-Gall, Soleure et Zurich. Les villes de Neuchâtel, Lugano et même Munich accueillirent des sections qui ne vécurent toutefois que quelques semestres.

Helvétiens célèbres

  • Eugen Bircher (1882-1956), médecin argovien et divisionnaire.
  • Sepp Blatter (1936), ex-Président de la Fédération Internationale de Football.
  • Ernst Brenner (BS) (1856-1911), Conseiller fédéral de 1897 à 1911.
  • Samuel Chevalier (1906-1969), Ecrivain et journaliste radiophonique. Auteur du Quart d'Heure vaudois.
  • Ernest Chuard (VD)(1857-1942), Conseiller fédéral de 1919 à 1928.
  • Camille Decoppet (VD)(1862-1925), Conseiller fédéral de 1912 à 1919.
  • Henri Druey (VD) (1799–1855), Conseiller fédéral de 1848 à 1855, membre honoraire.
  • Jakob Dubs (BE) (1822–1879), Conseiller fédéral de 1861 à 1879.
  • Elie Ducommun (1833 -1906), journaliste, prix Nobel de la Paix.
  • James Fazy (1794-1878) ; Conseiller aux États, Conseiller National et Conseiller d'État genevois, auteur de la Constitution genevoise de 1847, fondateur du Journal de Genève.
  • Kurt Fluri (1955), Maire de Soleure, conseiller national.
  • Constant Fornerod (VD) (1819-1899), Conseiller fédéral de 1855 à 1867, membre honoraire.
  • Stefano Franscini (BE) (1796–1857), Conseiller fédéral de 1848 à 1857, membre honoraire.
  • Josef Knüsel (LU) (1813-1865), Conseiller fédéral de 1855 à 1875.
  • Adrien Lachenal (GE) (1849-1918), Conseiller fédéral de 1893 à 1900, membre honoraire.
  • Maurice Lugeon (1870-1953), Géologue réputé, recteur de l'Université de Lausanne (1918-1920).
  • Franz Luterbacher (1918–2007), Président de Brown, Boveri & Cie. (BBC) de 1970 à 1985.
  • Eduard Müller (BE) (1848-1919, Conseiller fédéral de 1895 à 1897 et de 1911 à 1919.
  • Philippe Pidoux (1943), ancien conseiller d'État vaudois, ancien vice-président de la Banque nationale suisse.
  • Edouard Rod (1857-1910), écrivain, auteur de très nombreux romans psychologiques.
  • Rodolphe Rubattel (VD) (1896-1961), Conseiller fédéral de 1947 à 1954.
  • César Roux (1847-1934, pionnier de chirurgie moderne en Suisse.
  • Marc Ruchet (VD) (1853-1912), Conseiller fédéral de 1899 à 1912.
  • Louis Ruchonnet (VD)(1834-1893), Conseiller fédéral de 1881 à 1893.
  • Eugène Ruffy (VD)(1854-1919), Conseiller fédéral de 1893 à 1899.
  • Karl Schenk (BE) (1823-1895), Conseiller fédéral de 1863 à 1895.
  • Jakob Stämpfli (BE) (1820–1879), Conseiller fédéral de 1854 à 1863.
  • Walther Stampfli (ZH) (1884-1965), Conseiller fédéral de 1940 à 1947.

Notes et références

Annexes

Sources

Bibliographie

  • Helvetia 1832-2007, Lausanne, 2007.
  • Livre d'or de l'Helvétia vaudoise, Lausanne, 2003.
  • Olivier Meuwly, Histoire des Sociétés d'étudiants à Lausanne, Lausanne, 1987.
  • Patrie, Amitié, Progrès, 1832-1982 : Livre du 150e anniversaire de la Société suisse d'étudiants Helvétia, Berne, 1982.
  • Fritz H. Tschanz, Berner Helveter, Helveter und Bern : Eine Prosoppgraphie 1832-2002, Berne, 2002.

Liens externes

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