Henrietta Lacks

Henrietta Lacks née le 1er août 1920 et morte , parfois appelée à tort Henrietta Lakes, Helen Lane ou Helen Larson, est une femme afro-américaine morte d'une tumeur cancéreuse à développement très rapide. Ses cellules, dotées de la particularité de se développer à l'infini, sont les premières à avoir pu être cultivées in vitro et ont pour cette raison été utilisées dans le monde entier sous le nom de « HeLa ». Elles ont permis en particulier la mise au point du vaccin contre la poliomyélite et une meilleure connaissance des tumeurs et des virus, ainsi que des avancées comme le clonage ou la thérapie génique.

Henrietta Lacks
Biographie
Naissance
Décès
(à 31 ans)
Baltimore
Nom de naissance
Loretta Pleasant
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction
Maryland Women's Hall of Fame (en)
Plaque commémorative en hommage à Henrietta Lacks.

Biographie

Henrietta Lacks est née (sous le nom Loretta Pleasant) le à Roanoke (Virginie). Sa mère est morte en donnant naissance à son dixième enfant en 1924[1]. Son père s'est retrouvé incapable d'élever tous ses enfants, et s'est fait aider par sa famille. La petite Henrietta a été élevée par son grand-père Tommy Lacks. Elle partageait sa chambre avec son cousin David "Day" Lacks (1915–2002). Le elle se marie avec lui, ils ont eu cinq enfants: Lawrence Lacks, Elsie Lacks, David "Sonny" Lacks (né en 1947), Jr., Deborah Lacks Pullum (1949–2009), et Zakariyya Bari Abdul Rahman (né Joseph Lacks en ). Elle travaillait dans les champs de tabac.

Le , à la suite d'une boule dans le ventre et de saignements, elle se rend à l'hôpital Johns-Hopkins pour se faire examiner dans ce seul grand hôpital de la région qui accueille les patients noirs. Elle n'avait aucune anomalie du col de l'utérus lors de la visite de contrôle après son accouchement, ce qui indique un développement très rapide de la tumeur. Après avoir donné naissance à son cinquième enfant, Joseph, elle avait saigné abondamment. Les médecins avaient suspecté la syphilis, mais le test était négatif. Un médecin préleva un échantillon de la tumeur localisé sur son col de l'utérus, qui se révéla être une tumeur maligne très invasive. Elle a été traitée avec des tubes de radium. Pendant son traitement, deux échantillons ont été prélevés, sans son consentement. Elle retourne à l'hôpital le pour un nouveau traitement, et y meurt le à l'âge de 31 ans. Une autopsie a montré qu'elle avait des métastases dans tout le corps[2]. Son mari a refusé l'autorisation de prélèvement.

Usage des cellules

Les cellules cancéreuses d'Henrietta Lacks se révèlent avoir la particularité inédite de se multiplier sans limites lorsque placées dans les bonnes conditions, ce qui font d'elles des cellules dites "immortelles" très utiles pour la recherche scientifique.

Dans les années qui suivirent l'expédition de cellules HeLa à différents laboratoires du monde, beaucoup de ceux-ci arrivèrent à établir in vitro des lignées de cellules d'autres cancers (poumon, gorge, foie…), alors que cette opération échouait jusque-là. Il s'est avéré par la suite que certaines de ces lignées cellulaires, nouvellement établies, étaient contaminées par des cellules HeLa (à la suite d'erreurs de manipulations). Celles-ci avaient réussi à prendre le dessus en proliférant mieux et plus vite que les cellules originelles. Il s'agit là d'une erreur fréquente en culture cellulaire due à un manque de rigueur[3].

Ses enfants n'ont appris que tardivement ce prélèvement, et ont exprimé publiquement leur désapprobation, déplorant que le service rendu post-mortem à la science par leur mère ne lui ait même pas valu, en retour, une sépulture décente. Plus globalement, ce cas soulève de nombreuses questions éthiques dont le consentement, absent ici, n'est pas la moindre.

Fondation Henrietta Lacks

La journaliste américaine Rebecca Skloot, après avoir consacré plusieurs années à la rédaction d'un livre racontant la vie d'Henrietta Lacks, a créé la fondation Henrietta Lacks[4]. Cette fondation a pour objet d'aider financièrement ses descendants, qui vivent pauvrement et n'ont pas de protection sociale alors que les cellules d'Henrietta ont fait la fortune de certains professionnels de santé[5].

Notes et références

  1. (en) http://www.oprah.com/world/Excerpt-From-The-Immortal-Life-of-Henrietta-Lacks_1
  2. (en) http://hamptonroads.com/2010/05/cancer-cells-killed-her-then-they-made-her-immortal
  3. Stephen J. O'Brien, « Cell culture forensics », Proceedings of the National Academy of Sciences, no 14, , p. 7656–7658 (PMID 11438719, DOI 10.1073/pnas.141237598, lire en ligne)
  4. (en-US) « Henrietta Lacks Foundation™ », sur henriettalacksfoundation.org (consulté le 15 juillet 2017)
  5. « Pourquoi les cellules d'Henrietta Lacks sont immortelles »,

Annexes

Bibliographie

Filmographie

Liens externes

  • Portail de la médecine
  • Portail des États-Unis
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.