Ibrahim Cherif

Ibrahim Cherif (arabe إبراهيم الشريف) est bey de Tunis de 1702 à 1705, pendant la période de crise qui suit la fin du règne des Mouradites et qui précède la prise de pouvoir d'Hussein Ier Bey.

Biographie

Lieutenant des beys mouradites de Tunis, il est tantôt agha des spahis, c'est-à-dire chef des cavaliers de la milice turque, tantôt agha des janissaires des derniers princes mouradites.

Au cours d'une mission de recrutement de janissaires à Istanbul arrive la nouvelle de la guerre déclarée entre Mourad III Bey et le dey d'Alger ; Mourad III Bey étant devenu incontrôlable, Ibrahim reçoit l'ordre des Ottomans de retourner en Tunisie et de l'arrêter. Lors du début de la campagne militaire, près de l'oued Zarka, il blesse Mourad III Bey d'un coup de pistolet avant que celui-ci ne soit tué par ses autres lieutenants. Cherif renverse la dynastie mouradite en assassinant, dès son retour à Tunis, tous les princes de cette dynastie — les deux jeunes fils de Mohamed Bey El Mouradi et un petit-fils d'Hammouda Pacha Bey avec son fils de quatre ans — pour prendre le pouvoir.

Proclamé bey par la milice des janissaires, c'est le premier bey à ne pas être un prince mouradite depuis un siècle. Il est aussi désigné pacha par les Ottomans, en remerciement pour la cessation des hostilités, et devient par la suite dey de Tunis en se faisant élire par le diwan ottoman de Tunis.

Cumulant toutes ses fonctions à la tête de la province tunisienne, il ne parvient pas à rétablir l'ordre suite aux révoltes et à l'agitation installée depuis le départ des derniers Mouradites. Après une défaite contre le dey d'Alger près du Kef, le [1], il est capturé et emmené à Alger, ce qui permet l'avènement de la dynastie des Husseinites, avec la prise de pouvoir de l'agha des spahis (commandant de la cavalerie), Hussein Ier Bey rentré le 10 juillet, jour de sa proclamation comme bey de Tunis.

Ibrahim, libéré par le dey d'Alger, tente de regagner Tunis pour se venger et reprendre le pouvoir mais il est assassiné sur ordre d'Hussein Ier Bey sur le chemin du retour, près de Ghar El Melh ; sa tombe est localisée au pied du fort de la ville[2].

Notes et références

  1. Azzedine Guellouz, Abdelkader Masmoudi et Mongi Smida, Histoire générale de la Tunisie, tome III « Les temps modernes », éd. Société tunisienne de diffusion, Tunis, 1983, p. 164
  2. Ibn Abi Dhiaf, Présent des hommes de notre temps. Chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental, vol. II, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1990, p. 115

Voir aussi

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