Ibrahima Kassory Fofana

Ibrahima Kassory Fofana, né en 1954 à Forécariah (Basse-Guinée), est un homme d'État guinéen, macro-économiste et spécialiste des politiques économiques.

Ibrahima Kassory Fofana
Fonctions
Premier ministre guinéen
En fonction depuis le
(1 an, 10 mois et 4 jours)
Président Alpha Condé
Prédécesseur Mamady Youla
Ministre d’État à la présidence chargé des questions d’investissement et des partenariats public-privé
Président Alpha Condé
Ministre de l’économie et des finances
Président Lansana Conté
Gouvernement Sidya Touré, Lamine Sidimé
Ministre du budget et de la restructuration du secteur parapublic
Président Lansana Conté
Gouvernement Sidya Touré
Biographie
Date de naissance
Nationalité Guinéenne
Parti politique RPG
Diplômé de American University (Washington)
Université Gamal Abdel Nasser (Conakry)
Profession Economiste
Religion Musulman sunnite

Premiers ministres guinéens

Il est premier ministre de Guinée depuis le 21 mai 2018.

Il a précédemment occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’administration guinéenne, dont ministre d’État à la présidence chargé des questions d’investissements et des partenariats public-privé sous la présidence de Alpha Condé, ministre de l’économie et des finances, ministre du budget et de la restructuration du secteur parapublic et administrateur des grands projets sous la présidence de Lansana Conté.

Biographie

Ibrahima Kassory Fofana est né à Forécariah (Basse-Guinée) dans une famille de paysan de la lignée d’imams de mosquée.

Un haut fonctionnaire chargé de la coopération internationale

Diplômé de la faculté de comptabilité de l’Université de Conakry avec mention « remarquable », il intègre en 1978 le bureau d’études du ministère de la coopération internationale en tant que directeur adjoint. Il gravira par la suite plusieurs échelons au ministère du plan et de la coopération pour devenir directeur général de la coopération internationale en 1986 et directeur général des investissements publics en 1991[1].  

Ascension ministérielle aux côtés de Lansana Conté

Il connait ensuite une ascension fulgurante dans le premier cercle du président Lansana Conté, sur lequel il jouit d’une grande influence[2]. En 1994 il est ministre sans portefeuille à la présidence, administrateur des grands projets auprès de Lansana Conté. Il a notamment la charge de restructurer les entreprises publiques pour accompagner la réorientation de l’économie guinéenne du modèle socialiste vers le modèle libéral, laissant un bilan dont il se dira fier[3]. Il entre pour la première fois au gouvernement en 1996 en tant que ministre du budget et de la restructuration du secteur parapublic dans le gouvernement de Sidya Touré.

Il est promu en 1997 ministre de l’économie et des finances, un poste clé qu’il occupera jusqu’en 2000. Il gère alors la reprise des relations avec le FMI et la Banque mondiale et met en œuvre le programme d’ajustement structurel de la Guinée. Il initiera également un programme de lutte anti-corruption, une première en Guinée, qui aboutira à des arrestations et traduction en justice des cadres concernés[4], et un programme d’assainissement du fichier de la fonction publique qui permettra des milliards de francs guinéens d’économie sur la masse salariale du trésor public[5].

En parallèle, il est gouverneur pour la Guinée de la Banque africaine de développement de 1996 à 2000 et administrateur pour la Guinée du Fonds monétaire international de 1998 à 2000. Il est également membre du Conseil d’administration de nombreuses sociétés privées et publiques guinéennes.

Exil aux Etats-Unis et entrée en politique

En 2000 il quitte le gouvernement pour des raisons diversement interprétées : conflit avec l’armée autour des dépenses de celle-ci[6], manipulation orchestrée contre lui par l’entourage de Lansana Conté. Il décide de partir à l’étranger, au Sénégal d’abord puis aux Etats Unis.

Il y obtient en 2002 un doctorat de troisième cycle en développement, finances et banque à l’American University à Washington et devient consultant international.

En 2009, sous la transition militaire après la mort de Lansana Conté, il rentre à Conakry et crée le parti Guinée pour tous (GPT), qui se distingue dans le paysage politique guinéen par son refus catégorique du communautarisme ethnique. Un des 24 candidats à la première élection présidentielle démocratique guinéenne de 2010, il présente un programme axé notamment sur l’amélioration de la gouvernance, la décentralisation et l’intégration régionale, en se classant 11e au premier tour avec 0,66 % des suffrages. Il choisit au second tour de voter en faveur du candidat Alpha Condé, qui remportera le scrutin avec 52,52% des voix.

Quelque temps après, il quitte son ancien allié sur fond de désaccords autour du dispositif contesté de l’organisation des premières élections législatives démocratiques du pays[7]. Il lutte aux côtés de l’opposition pour la tenue des législatives transparentes et prend part aux manifestations de rue[8].

Un allié d’Alpha Condé

Au lendemain des élections législatives de septembre 2013, où GPT obtient un siège sur les 114, il se rapproche à nouveau d’Alpha Condé qui le sollicite pour l‘aider au redressement économique du pays. Il décide de faire une « alliance utile » en rejoignant le camp présidentiel[9],[10],[11].

Il devient en 2014 ministre d’État auprès du président Alpha Condé chargé des questions d’investissement et des partenariats public-privé (PPP). A ce poste stratégique nouvellement créé au sein de la présidence, il coordonne les efforts déployés dans le pays et à l’étranger pour mobiliser les ressources nécessaires aux investissements prioritaires[12]. Il est notamment à l’origine de la diversification des partenariats vers les pays émergents, comme la Chine, auprès de laquelle il obtient 20 milliards de dollars d’investissements[13].

Il est directeur de campagne d’Alpha Condé à l’élection présidentielle d’octobre 2015, son parti GPT ne présentant pas de candidat. Il évoque une alliance non pas « de circonstance, mais celle de la raison »[14].

En mai 2018, il dissout son parti GPT et rejoint la formation présidentielle RPG-Arc-en-Ciel[15].

Premier ministre

Le 21 mai 2018 Ibrahima Kassory Fofana est nommé par le président Alpha Condé premier ministre de Guinée.

Avec le mandat de mettre l’accent de l’action gouvernementale sur le social et un meilleur partage des fruits de la croissance, il annonce un programme ambitieux de réduction de la pauvreté et se fixe pour objectif de sortir de l’extrême pauvreté 40% des Guinéens d’ici 2025, soit environ 6 millions de personnes[16].

Pour dégager des marges budgétaires nécessaires, il initie une modernisation des administrations fiscales et vise à relever le taux de pression fiscale de 13,5% jusqu’à 20% d’ici 2025[17].

Son gouvernement affecte 15% des recettes minières perçues par l’Etat à l’ensemble des communes du pays avec la mise en œuvre effective d’un fonds de développement local[18],[19].

Vie personnelle

Ibrahima Kassory Fofana est marié et père de famille.

Notes et références

  1. « En Guinée, Ibrahima Kassory Fofana devient premier ministre », sur lemonde.fr, Le Monde,
  2. « Ibrahima Kassory Fofana: retour à l’école », Jeune Afrique,
  3. « Tackling poverty is No. 1 priority - interview with Ibrahima Kassory Fofana », sur newafricanmagazine.com, New African,
  4. Olivier Bain, {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Le Monde Diplomatique,
  5. « Biographie officielle de Ibrahima Kassory Fofana »,
  6. « Que peut faire l’armée ? », sur jeuneafrique.com, Jeune Afrique,
  7. « Guinée : sortir du bourbier électoral (Rapport Afrique N°199 de International Crisis Group) », sur crisisgroup.org, International Crisis Group,
  8. « Guinée : des milliers d’opposants ont manifesté sans incident », sur rfi.fr, RFI,
  9. « « 7 Vérité » avec Dr. Ibrahima Kassory Fofana », sur guinee7.com, Guinée7,
  10. « Interview de Ibrahima Kassory Fofana », sur netinfo.tv, Net'Info.tv,
  11. « Le portrait de Kassory Fofana en douze dates », sur guineenews.org, Guinéenews,
  12. « Les Partenariats Publics-Privés, supports à la croissance guinéenne ? Rencontre avec Ibrahima Kassory Fofana, Ministre de l'investissement et des PPP », sur afrique.latribune.fr, La Tribune Afrique,
  13. « Mines : la Chine et la Guinée signent un accord à 20 milliards de dollars », sur jeuneafrique.com, Jeune Afrique,
  14. « Congrès du GPT: « L’alliance avec le RPG, n’est pas une alliance de circonstance, mais celle de la raison » », sur lexpressguinee.com, Lexpressguinee,
  15. « Guinée : ce qu’il faut savoir sur Ibrahima Kassory Fofana, qui conduit les consultations sur la Constitution », sur jeuneafrique.com, Jeune Afrique,
  16. « Déclaration de politique générale », sur primature.gov.gn,
  17. « La BAD octroie une enveloppe de 110 millions de dollars à la Guinée », sur guineenews.org, Guineenews,
  18. « Guinée : une croissance soutenue malgré des fragilités », Jeune Afrique,
  19. « Guinée : quel budget pour les collectivités décentralisées ? », Jeune Afrique,

Voir aussi

Articles connexes

  • Portail de la politique
  • Portail de la Guinée
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.