John Henry Lefroy

John Henry Lefroy (1817-1890) est un soldat, homme de science et administrateur colonial britannique qui se distingua dans l'étude du magnétisme terrestre. Il fut également gouverneur des Bermudes et de la Tasmanie.

John Henry Lefroy
Fonction
Gouverneur des Bermudes
Biographie
Naissance
Décès
(à 73 ans)
Cornouailles
Abréviation en botanique
Lefroy
Nationalité
Formation
Activité
Père
John Henry George Lefroy (d)
Mère
Sophia Cottrell (d)
Conjoints
Emily Merry Robinson (d)
Emily Merry Robinson (d)
Enfants
Henry George Lefroy (d)
Augustus Henry Frazer Lefroy (d)
Emily Mary Lefroy (d)
Augusta Maude Lefroy (d)
Autres informations
Membre de
Arme
Distinctions

Biographie

Éducation

John Henry Lefroy est né le à Ashe (comté de Hampshire, Angleterre, quatrième fils et sixième enfant du révérend John Henry George Lefroy et de Sophia Cottrell. Il fréquenta des écoles privées avant d’entrer à l'Académie royale militaire de Woolwich en . Le , il fut nommé sous-lieutenant dans le Royal Artillery. Il manifesta une aptitude précoce pour la science et, pendant une affectation de trois mois à Chatham en 1837, il étudia l’astronomie pratique au Royal Engineers Establishment[1].

Étude du magnétisme

Portait The Surveyor: Portrait of Captain John Henry Lefroy (1845), aussi appelé Scene in the Northwest.

En 1839, le gouvernement britannique commença à mettre sur pied un réseau d’observatoires dans ses colonies et à organiser une série d’expéditions pour étudier le magnétisme terrestre, le tout sous la direction d’Edward Sabine[1]. Lefroy se trouva parmi les trois premiers officiers choisis pour les observatoires prévus dans le Haut-Canada, l’île Sainte-Hélène et la colonie du Cap. Ces officiers se rendirent à Dublin pour être instruit par le plus grand expert en magnétisme de la Grande-Bretagne du temps, le professeur Humphrey Lloyd du Trinity College. Le , Lefroy s’embarqua pour l’île Sainte-Hélène[1].

En 1842, John Henry Lefroy fut transféré à l’Observatoire magnétique et météorologique de Toronto, qui allait devenir le poste le plus important du réseau impérial[1]. Il y arriva en octobre et en prit la direction. Un retard avait été pris dans les travaux à l'Observatoire, il commença presque immédiatement à préparer une expédition dans le Nord-Ouest pour vérifier les caractéristiques géomagnétiques de l’Amérique du Nord britannique et tenter de localiser le pôle Nord magnétique. Avec son assistant, William Henry membre du Royal Artillery et d'une brigade d'hommes, Lefroy quitta Lachine, dans le Bas-Canada, le , entreprenant une expédition de 8 000 km qui dura 18 mois[1].

L'expédition recueillit des observations à plus de 300 endroits et voyagea aussi loin au nord que Fort Good Hope (Territoires du Nord-Ouest), sur le fleuve Mackenz ie, et aussi loin à l’ouest que Fort Simpson. Pendant ses voyages, Lefroy rencontra aussi certaines des personnalités marquantes du Nord-Ouest, dont sir George Simpson, explorateur et administrateur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et le révérend James Evans[1]. Il commença également à s’intéresser aux Amérindiens et les journaux de l’expédition contenaient des notes sur la géologie, les gens, les coutumes et les traditions locales. Les découvertes scientifiques faites au cours du voyage furent communiquées à la Royal Society de Londres par Sabine et publiées en 1855, avec les découvertes de sir John Richardson au Fort Confidence (en) (Territoires du Nord-Ouest)[1]. En 1883, Lefroy publia son « Diary of a magnetic survey » donnant ainsi un compte rendu personnel de son travail scientifique le plus important[1].

En 1846, Lefroy et sa femme quittèrent Toronto pour leur voyage de noces en Europe. Pendant son séjour en Angleterre, il visita Sabine qui désirait introduire la photographie dans les opérations d’enregistrement magnétique à Toronto mais Lefroy considéra ceci comme prématuré, l'un de leurs nombreux désaccords entre les deux hommes[1]. Lefroy revint à Toronto le et passa quelques années à essayer l'idée de Sabine et à poursuivre aussi le travail courant de l’observatoire. Pendant son séjour à Toronto, il œuvra dans de nombreuses sphères d’activité, reliées pour la plupart au milieu scientifique. Le , il fut élu Fellow de la Royal Society et, par la suite, Fellow de la Royal Geographical Society, de la Société géologique de Londres et de la Society of Antiquaries of London[1].

Il occupa le poste de vice-président en 1851–1852, puis de président en 1852–1853 du Canadian Institute. Lefroy fonda et dirigea le premier club du livre de Toronto, qui comptait parmi ses membres certains citoyens éminents de la ville. Lors de voyages aux États-Unis, Lefroy fit la connaissance de quelques-uns des principaux hommes de science américains, y compris Alexander Dallas Bache (en), Joseph Henry et Jean-Louis-Rodolphe Agassiz. Il publia aussi des articles sur des sujets scientifiques ainsi que sur les peuples autochtones dans des revues américaines et canadiennes[1]. Avant de retourner en Angleterre en , Lefroy participa au transfert de l’observatoire au gouvernement de la province du Canada (Canada-Uni) le et travailla avec les membres du Canadian Institute, dont il était président, à persuader le gouvernement d’acheter les instruments et les livres de l’observatoire[1].

Administrateur

De retour en Angleterre, Lefroy devint conseiller scientifique en artillerie au ministère de la Guerre pendant la guerre de Crimée. Il participa à la réforme des forces armées et fut membre de nombreux comités militaires, avant d’être nommé inspecteur général des écoles de l’armée et plus tard directeur général de l’Ordnance Survey de 1868 à 1870. Pendant cette période, il se mêla de plus en plus à l’activité de la Royal Artillery Institution et collabora à sa revue professionnelle. Après avoir pris sa retraite de l’armée le , avec le grade honoraire de major général, il remplit les fonctions de gouverneur des Bermudes de 1871 à 1877 et à partir de 1880, celles de gouverneur de la Tasmanie. Après son retour en Angleterre en 1882, il publia un certain nombre d’articles sur une grande variété de sujets, principalement d’ordre militaire. On lui décerna la médaille de compagnon de l’Ordre du Bain en 1870 et celle de chevalier commandeur de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en 1877.

Lefroy revint deux fois au Canada, la première pour un court séjour en 1877, après que la maladie l’eut forcé à quitter les Bermudes pour l’Angleterre. Il effectua sa dernière visite en 1884 et, à titre de président de la section de géographie de la British Association for the Advancement of Science, il prononça l’allocution d’ouverture lors de la réunion annuelle de l’association à Montréal. Pendant son séjour, il reçut un doctorat honorifique en droit du McGill College. Lefroy et sa seconde épouse furent reçus à Québec par le gouverneur général lord Lansdowne et à Toronto par le lieutenant-gouverneur John Beverley Robinson, beau-frère de Lefroy. Il se rendit dans l’Ouest canadien avec l’intention de voir les Rocheuses, mais à Winnipeg ses forces déclinèrent et il dut retourner en Angleterre.

Atteint de problèmes aux poumons, Leroy quitta Londres en 1885 pour la Cornouailles où il décéda en 1890. Il fut enterré à Crowall (Comté de Hampshire) auprès de sa première femme[2].

Vie personnelle

Le , Lefroy épousa Emily Merry (décédée en 1859), fille de sir John Beverley Robinson de qui il eut deux fils et deux filles. Le , il se remaria à Londres à Charlotte Anna Mountain (décédée le ).

Notoriété

Le mont Lefroy, dans les montagnes Rocheuses, est nommé en son honneur, bien qu'il semble difficile de savoir si c'est par James Hector, de l'expédition Palliser, qui l'ait fait en 1858, ou par George Mercer Dawson en 1884[3]. Il est situé entre les glaciers Lefroy et Victoria.

Un portrait de John Henry Lefroy durant ses expéditions par Paul Kane a recueilli un prix record aux enchères chez Sotheby's à Toronto le . La milliardaire canadienne Kenneth Thomson l'a payé 5 062 500 Can. Thomson a fait don de la peinture dans le cadre de sa collection au Musée des beaux-arts de l'Ontario.

En 1960, la Fondation du patrimoine ontarien, ministère des Affaires civiques et de la Culture, a érigé une plaque commémorative dédiée à Sir John Lefroy sur le campus de l'Université de Toronto.

Notes et références

  1. Carol M. Whitfield et Richard A. Jarrell, « Lefroy, John Henry », sur www.biographi.ca (consulté le 15 avril 2016).
  2. (en) Andrew Thompson, « John Henry Lefroy », SCMO (consulté le 15 avril 2016).
  3. (en) « Mount Lefroy », sur http://www.peakfinder.com (consulté le 15 avril 2016).
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