Les Tanneries (Amilly)

Les Tanneries sont un centre d'art contemporain ouvert en à Amilly dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire (France).

Pour les articles homonymes, voir Tannerie (homonymie).
Les Tanneries
Les Tanneries
Présentation
Destination initiale
Tannerie
Destination actuelle
Centre d'art contemporain
Architecte
Inauguration
septembre 2016
Site web
Localisation
Adresse
234, rue des Ponts
45200 Amilly, Loiret
 France
Coordonnées
47° 57′ 59″ N, 2° 47′ 32″ E
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Histoire et Géographie

Les Tanneries d'origine

Les tanneries d’Amilly sont construites en 1947 par l’industriel montargois André Grandclément. Ambitionnant de développer son activité, il dessine lui-même l’outil devant lui permettre d’augmenter ses cadences de production. La physionomie du bâtiment principal qui abrite désormais le centre d’art est donc directement liée, dans ses proportions et l’organisation de ses espaces, aux usages industriels qui en ont motivé la construction. La Grande Halle, en particulier, conserve les traces de cette activité. Cet espace gigantesque situé au rez-de-chaussée abritait en effet le cœur de l’activité de tannage. À cette époque, les tanneries d’Amilly fournissent en grande quantité du cuir d’équipement et d’ameublement dont l’armée est un des principaux acheteurs.

Les années soixante voient s’intensifier la production et la commercialisation massive de nouveaux matériaux : plastiques, textiles synthétiques, caoutchouc remplacent peu à peu le cuir dans ses différents usages. La rentabilité des tanneries décroit rapidement devant la baisse des commandes ; elles ferment en 1967, et le site est revendu en 1971. Elles sont alors  utilisées comme lieu de stockage, puis laissées à l’abandon. À partir des années 1990, leur dégradation s’accélère, jusqu’à leur rachat par la ville d’Amilly, en 2002.

Volonté politique et revalorisation esthétique de la ville

Amilly, 13000 habitants, s’est construit une image de « ville des arts » désormais indissociable de son identité. Sous l’impulsion de son maire sans étiquette, Gérard Dupaty, en place depuis 1989, elle mène une politique de soutien et de développement culturel ambitieuse, notamment en développant une programmation axée sur la musique baroque et l’art contemporain.

La démarche de revalorisation esthétique et urbaine du centre bourg de la ville entreprise en 1997 a, presque naturellement, enclenché un processus de promotion de l’art contemporain. La présence du sculpteur et architecte Vincent Barré, missionné pour conseiller la municipalité sur le projet, a favorisé l’émergence d’une approche pluridisciplinaire et collégiale de cette opération d’aménagement : en quelques années, un véritable aréopage d’architectes, de paysagistes et d’artistes (peintres, sculpteurs…) a vu le jour pour transfigurer la ville. Cette approche originale a fait date localement et a, plus récemment, retenu l’attention de la Cité de l’architecture qui a décidé d’en faire le sujet d’une table-ronde en .

Cette ouverture au monde artistique s’est accompagnée d’actions de promotion de l’art contemporain sous toutes ses formes. C’est ainsi que, par exemple, la mairie invite depuis une vingtaine d’années des artistes-photographes en résidence. Autre expérience artistique immersive, réalisée en 2002-2003 : les élèves de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris ont posé leur regard sur Amilly et ses habitants. De leurs séjours, de leurs rencontres sont nées des œuvres, exposées dans l’espace public.

Territoire d'artistes

Cette volonté politique de revalorisation esthétique de la ville est prise dans un contexte territorial artistique singulier qui s’est développé depuis les années cinquante à la faveur d’une déconcentration des ateliers d’artistes implantés dans le bassin parisien vers les territoires les plus proches, qui accompagne les transformations socio‑économique du statut de l’artiste depuis cette époque.

Situé dans le prolongement Sud du département de la Seine-et-Marne et aux confins de l’Île-de-France, du Centre-Val de Loire et de la Bourgogne — ensemble de territoires marqués par une histoire, une actualité et une présence artistique renommée —, Amilly et, plus généralement, l’agglomération montargoise sont devenus, eux aussi, des territoires d’accueil pour les artistes. Pour ne citer qu’eux, Vincent Barré, Christian Bonnefoi, Éric Dietman, Guykayser, Osman Dinç, Daniel Spoerri, Viera Da Silva, Arpan Szenes, ont/avaient élu domicile dans le Loiret.

Outre la beauté singulière des paysages arborés de bord de l’eau (Loing, Canal de Briare), ils y ont trouvé des opportunités architecturales et locatives que la proximité géographique avec Paris, son tissu institutionnel et son marché, a renforcé.

Le temps de l'AGART

La constitution progressive de ce réseau a conduit au développement d’initiatives privées sur le territoire communal, avec notamment la création de l’AGART. Dès 2001, cette association locale d’artistes, de personnalités du monde artistique et d’amateurs éclairés — parmi lesquels Vincent Barré et Sylvie Turpin — a animé une galerie dans le centre-bourg.

Le projet de centre d’art contemporain

Ces présences artistiques singulières dans une territoire rurbain ont fait évoluer le regard des habitants et ouvert les esprits à la création d’un centre d’art contemporain.

Ce projet a été amorcé en 2002, avec l’achat de la friche industrielle que sont alors les tanneries, situées non loin du bourg. Dès 2007 et avec la complicité de l’AGART, la ville a organisé dans cet espace des expositions avec des artistes émergents ou confirmés dans le cadre de résidences de création estivales.

Le comité de pilotage, créé en 2012 et composé d’acteurs institutionnels et culturels, a pensé ce lieu. L’équipe du Centre d’art contemporain Les Tanneries a pris la suite. Son directeur artistique, Éric Degoutte, anciennement directeur des Églises à Chelles, des Turbulences — Frac Centre et co-président du réseau TRAM, s’emploie désormais avec ses collaborateurs à montrer la diversité des approches de l’œuvre d’art et à privilégier le geste de l’artiste.

Le projet de réhabilitation

Le site des Tanneries, sa géographie, constitue un atout exceptionnel. Situé entre deux bras du Loing, il offre d’abord un paysage végétal à découvrir. Le Parc le long de la rue des deux Ponts et l’allée de tilleuls qui donne accès au parvis forment un premier espace introductif tandis que, depuis la Grande Halle, on découvre une vaste clairière, un vide hospitalier qui nous invite à la promenade et accueillera le Parc de sculptures. Le projet de réhabilitation s’est attaché à trouver l’accord juste entre le site dans toute son ampleur et ce que l’on attend d’une École d’art et d’un espace d’exposition d’art contemporain.

Cet ensemble immobilier est composé de 4 bâtiments existants indépendants qui reçoivent de nouvelles affectations : les logements dédiés aux artistes en résidence, l’École d’Art (grands ateliers répartis sur deux étages), l’accueil au public (largement ouvert sur le parvis et véritable pièce d’entrée du site), l’édifice principal du site qui abrite les lieux d’exposition sur deux niveaux.

De la friche industrielle naît un lieu singulier où se rencontrent une nature qui reprend ses droits et une architecture qui se dépouille peu à peu de son lustre.

Transformé par l’intervention de l’homme, le site naturel est réinvesti par un univers végétal qui porte la marque de l’activité ancienne. La nature des essences d’arbres et leurs implantations produisent des lieux, nous racontent une histoire.

De son côté, l’architecture se dégrade d’abord puis connait un nouvel état plus ou moins stabilisé et qui révèle ses principaux traits de caractère. « L’Architecture, c’est ce qui fait de belles ruines », l’architecte Auguste Perret désignait ainsi ce qui assoit la pérennité de l’architecture. Les Tanneries semblent lui donner raison.

Ici, ce sont les grandes structures du bâtiment mais aussi les séquences spatiales qui manifestent le caractère du site, sa singularité. Ici, un lieu existe façonné par le temps et l’histoire. Il s’agissait tout simplement de « l’entendre » le révéler, le conforter dans son existence, notamment en mettant en lumière les rapports et contrastes entre les intérieurs et le paysage et, pour ce faire, en s’appuyant fondamentalement sur les qualités du site déjà explicitement révélées par les premières expositions informelles réalisées avant les travaux de rénovation par l’AGART.

L’imposante échelle du bâtiment d’exposition et sa qualité particulière autorise une grande liberté d’intervention des artistes. La dimension et la qualité de ce « vaisseau » sont deux paramètres conjoints qui interdisaient une transformation radicale et brutale sur l’ensemble des espaces. Bruno Gaudin s’est donc efforcé d’en préserver les potentiels suggestifs.

Plutôt que de placer les distributions verticales de flux de personnes à l’intérieur de l’édifice comme il est d’usage habituellement, Bruno Gaudin a pris le parti de les placer à l’extérieur de la Grande Halle, préservant ainsi la structure interne de ce grand vaisseau en forme de nef traversante. Les escaliers et l’ascenseur ont donc été conçus comme des adjonctions qui viennent accoster la grande coque unitaire. En proposant cette stratégie, l’architecte permet un libre parcours mêlant dedans et dehors. La Grande Halle, les escaliers, le Hall et la Verrière sont ainsi des pièces intégrées dans une promenade plus vaste qui nous amène à traverser un paysage végétal comme architectural, un ensemble de lieux formant un creuset, tout entier disponible à l’expression des artistes.

Mission et programmation

Logotype des Tanneries

Trois jours avant son ouverture au public, Audrey Azoulay, alors Ministre de la Culture, inaugurait le centre d’art contemporain, en compagnie d’élus locaux et régionaux, ainsi que de parlementaires. Lors du discours prononcé au terme de sa visite, elle saluait à juste titre l’engagement de la ville d’Amilly, « fondé sur la liberté de création, l’éducation et l’ouverture au monde ». Elle soulignait également le fort potentiel d’exposition que représente la réhabilitation d’un site industriel d’envergure, particulièrement propice à l’accueil d’artistes lors de résidences de recherche et de création, deux approches situées au cœur du projet et des missions des Tanneries.

En ouvrant ce nouveau lieu dédié à la création contemporaine en , les porteurs du projet et l’équipe en place souhaitent avant tout favoriser la vitalité de la création et des échanges autour des œuvres, développer une action culturelle étroitement liée aux enjeux d’un art en train de se faire, construire une réflexion commune sur le geste comme acte de transformation au fil d’échanges avec les publics, artistes et commissaires invités.

Réhabilité par un projet respectueux des espaces et de leurs natures réalisé par l’architecte Bruno Gaudin, la singularité du site se définit au regard des dispositions du lieu à favoriser l’émergence du geste artistique.

Le centre d’art compte des espaces de valorisation et d’exposition importants : environ 2500 m2. Ils se répartissent principalement entre une Grande Halle de 1500 m2 pour une hauteur d’environ 6 m et une Galerie Haute de 500 m2 située à l’étage. Ces espaces d’exposition dialoguent avec l’extérieur du site, un Parc arboré également pensé comme lieu d’exposition. À cela viennent s’ajouter deux ateliers de production de 65 m2 qui accueillent principalement l’École municipale d’art, dans un échange fécond entre pratiques professionnelles et amateures.

Les dimensions exceptionnelles du bâtiment orientent le projet artistique du centre d’art vers la valorisation du travail de l’artiste. Il est l’expression d’une volonté de proximité avec l’œuvre directement liée au processus de création s’y déployant in vivo, dans le cadre de résidences de création, favorisées par la présence de logements sur place, à l’entrée du site.

Cette valorisation du geste artistique s’exprime également à travers un accueil des publics et une action culturelle : le public découvre un art en cours de réalisation, les visites s’organisent autour des œuvres et des artistes accueillis.

Les échanges se construisent à travers les notions d’atelier et de fabrique, une prise de conscience du geste dans son acceptation artistique, politique et sociale. La démarche singulière tentée par le centre repose en partie sur le souhait d’imaginer d’autres approches de l’œuvre d’art. Rencontres publiques avec les artistes, conférences, tables rondes et textes écrits par des auteurs en résidence enrichissent régulièrement cette réflexion sur le travail comme acte de transformation.

Les Tanneries se déploient et se vivent comme une plate-forme de production ainsi qu’un lieu privilégié de partage autour des œuvres exposées. Pour ce faire, elles mettent l’accent sur l’accueil sous toutes ses formes et la production d’œuvres inédites qui épousent la spécificité des lieux, que cela passe par le développement de véritables résidences de création ou simplement par un dialogue suivi et approfondi avec l’esprit des lieux et les équipes en place.

Espaces et dispositifs

Le Parc de sculptures

Situé au sein d’un parc arboré de 4 hectares, le Parc de sculptures accueille des œuvres en dépôt, prêtées par des institutions publiques comme privées. En 2016, un premier ensemble de cinq œuvres a été implanté sur les espaces arborés du site. Leur nombre se porte à onze au printemps 2019. Le Parc de sculptures, aussi nommé Presqu’île pour adresser un clin d’œil à la physionomie du parc, naturellement délimité par deux bras du Loing (leur rencontre en dessinant la clôture), invite à une expérience singulière du paysage. De l’entrée du site à la pointe du parc, les sculptures dressent un dialogue entre espaces naturels et bâtis. Ces œuvres forment un ensemble de présences suggérant la relation féconde entre marche et rêverie. Organisées sur le principe d’une promenade, elles font écho à la proposition du paysagiste Christophe Ponceau dont les aménagements souples s’accordent aux évolutions d’une friche typique de bord de rivière. Les cheminements se sculptent en tonsures dans l’épaisseur végétale, ils tracent des axes sur le bâtiment, la rivière ou le paysage, varient au gré de l’implantation des œuvres dans le Parc et d’un milieu naturel en devenir. Les œuvres elles-mêmes ont été choisies pour leur évocation du milieu animal ou végétal, leur caractère d’abri temporaire, leur incitation à la flânerie et aux jeux de métamorphoses. La trajectoire qu’elles dessinent à ciel ouvert se perçoit différemment en fonction des saisons, elle est une invitation à s’octroyer un temps plus étendu, propice à la contemplation.

La Grande Halle

Située au rez-de-chaussée sur une surface de 1500 m2, la Grande Halle est un espace de fabrique. Jouxtant les deux ateliers de production, elle fait la part belle au travail de transformation de la matière et demeure ainsi connectée à l’héritage industriel des premières tanneries dont les caractéristiques architecturales conservées renvoient également à une logique de production : un plancher amovible couvrant les anciennes cuves de trempage des peaux en béton encastrées dans le sol, de larges portes latérales autorisant l’accès de la tannerie aux camions et favorisant les courants d’air. À l’origine, ceux qui ont bâti la Grande Halle l’ont fait en béton coulé dans des coffrages en planches. Bois et béton ont échangé leurs caractères spécifiques et ne forment plus qu’une matière qui donne unité et force au lieu.

Dans cet espace dédié à la réalisation d’œuvres in situ, l’artiste est convié à réinventer son geste et son économie de formes en s’adossant à l’échelle du lieu, en dialoguant avec sa rigueur, sa frontalité et ses volumes imposants, avec ses matières, ses couleurs et sa lumière. D’une proposition à l’autre, la qualité scénographique des réalisations produit un dialogue stimulant au travers duquel le visiteur renouvelle son appréciation de l’espace industriel. Le centre d’art accompagne et partage cette diversité de gestes qui s’efforcent de saisir en les réinventant les spécificités du lieu en mettant en lumière l’acte de transformation artistique, politique et sociale dont il est l’impulsion comme le résultat. Le public découvre alors une création en train de se faire, jalonnée par des rencontres avec les artistes dans une volonté de proximité avec l’œuvre.

Favorisant les chantiers d’ampleur, le cœur historique de l’ancienne fabrique créé de nombreuses occasions d’apprentissages diversifiés accompagnés par l’équipe, dans un contexte professionnel formateur d’expériences. En 2017, les étudiants en BTS Design d’espace du Lycée Charles Péguy (Orléans) participent à la réalisation de l’installation monumentale de l’artiste Wesley Meuris. Au printemps 2019, la résidence de l’artiste Anne-Valérie Gasc impulse deux partenariats forts avec des établissements de formation : un chantier-école mené avec les CAP menuiserie de l’EREA Simone Veil et une collaboration scientifique avec l’INRIA (Institut National de Recherche en Information et Automatique).

La Verrière

En écho à un site industriel indissociable de son environnement, la Verrière amplifie ce dialogue de l’édifice avec la nature en ouvrant ses espaces vers le ciel et l’étendue du parc que l’on embrasse du regard. Cette trouée préserve en réalité l’ambiance de l’édifice en friche, tel qu’il fut d’abord investi par la Ville d’Amilly entre 2007 et 2015, lors de spectacles et réalisations artistiques éphémères. Il vient pérenniser l’état d’un bâtiment en ruine, reconstruire la beauté d’un étage devenu balcon. Offrant un contraste fort avec la Grande Halle, ce réceptacle de lumière contient également à sa façon une mémoire du site dans ses états antérieurs.

En accueillant en 2018 l’œuvre de Diego Movilla intitulée Broken, elle-même directement inspirée d’un travail de Gordon Matta Clark, cette poétique de la ruine se poursuit. Cette architecture contrastée de l’étage a également inspiré à la commissaire Léa Bismuth un principe scénographique scandé par le jour et la nuit, pour l’exposition L’Éternité par les astres (avril-), la lumière se distribuant de façon toute différente dans la Verrière et la Galerie Haute.

La Galerie Haute

À l’opposé de la Grande Halle et de la Verrière, non chauffées et largement ouvertes sur le paysage dans une continuité naturelle, on trouve au premier étage une galerie de de 500 m² plus close sur elle-même, chauffée climatisée. Elle permet d’autres nature d’expositions, la présentation d’œuvre plus fragiles et l’introduction d’une autre temporalité. Divisible par cimaises mobiles, elle permet une grande variété dans les activités de monstration sans aucune restriction d’amplitude d’utilisation, contrairement à la Verrière et à la Grande Halle, principalement dédiées à la sculpture monumentale. Cet espace fait encore appel à la construction d’origine pour définir son caractère même si le blanc y domine dans un souci de circulation de la lumière et d’apaisement du rythme des structures pour laisser toute leur place aux œuvres.

Espace principal d’exposition, les conditions lumineuses, hygrométriques et atmosphériques de la Galerie Haute sont maîtrisées et garantissent la mise en place d’un dispositif de conservation préventive à même d’accueillir des œuvres présentant des contraintes de conservation spécifiques, issues d’emprunts auprès de collections muséales.

La Galerie Haute est donc consacrée à la présentation d’expositions collectives ou individuelles qui articulent la question du geste créateur contemporain à des axes de lectures et des réflexions permettant de mieux en percevoir l’émergence et l’inscription dans l’histoire de l’art. Ces expositions sont aussi l’occasion d’accueillir ponctuellement des commissaires invités et de coopérer avec d’autres acteurs de la création artistique contemporaine.

La Petite Galerie

La Petite Galerie, à laquelle on accède par la Verrière, se situe à l’étage. À l’instar de la Galerie Haute, ses conditions atmosphériques, lumineuses et hygrométriques sont maîtrisées et permettent l’accueil d’œuvres fragiles. Initialement destinée à accueillir les actions de médiation, elle est désormais un espace d’exposition à part entière.

Plus facile à aménager, elle accueille le plus souvent de petites expositions individuelles ou réalisées en binôme.

Éclairant un travail en cours, manifestant la présence d’artistes sur le territoire, évoluant au gré des interventions de l’artiste ou annonçant des formes qui préfigurent une résidence en Grande Halle, elle se métamorphose au fil de propositions-capsules allant des plus classiques aux plus expérimentales.

Développement des publics : programmations satellites, médiation culturelle, actions éducative et territoriale

En lien avec la programmation des expositions et des résidences, Les Tanneries développent un dispositif d’action culturelle et d’accompagnement des publics reposant, lui aussi, sur le geste – un geste d’ouverture, un mouvement de liaison entre le Centre d’art et son territoire, entre les artistes et les publics.

La politique d’action culturelle des Tanneries a pour objectif de positionner le centre d’art comme un espace multiple, ouvert à l’expérimentation et propice à la découverte, invitant les publics à assister et participer à « l’art en-train-de-se-faire ». L’action culturelle s’articule donc autour du double objectif de sensibilisation à l’art contemporain et d’élargissement de ses publics. Le centre d’art mène donc une politique d’accompagnement fort.

Partenaire éducatif et artistique du Rectorat académique Orléans-Tours, il développe, en lien avec les expositions en cours et en plus d’une programmation culturelle régulière d’événements, de rencontres, de vernissages, de projections et de manifestations pluridisciplinaires, une pluralité de visites et d’ateliers de médiation créative, en particulier en direction des groupes scolaires, associatifs ou encore issus du champ social, de la jeunesse ou de la santé.

Implanté dans une zone aux caractéristiques contrastées, le centre d’art se positionne comme un équipement culturel structurant du bassin de vie montargois et est identifié comme un lieu-ressource pour la création contemporaine qui contribue au développement de l’éducation culturelle et artistique et favorise l’accessibilité de l’art contemporain pour tous les publics.

Pour se faire, Les Tanneries mobilisent des structures locales auxquelles elles font appel en termes de compétences, de soutien, de partenariats, du secteur entrepreneurial aux établissements de formation professionnelle et technique. Cela se retrouve dans la collaboration étroite qui s’est établie avec des acteurs sociaux locaux pour ce qui relève des actions ayant pour objectif d’initier les premières expériences de certains publics avec la création, notamment les publics éloignés.

Une part importante du dispositif pédagogique est consacrée au développement d’outils et de formes d’actions d’accompagnement des groupes scolaires, tous cycles confondus, de façon à réunir les conditions les plus favorables à l’expérience artistique. Les actions d’accompagnement des scolaires se construisent en corrélation avec les objectifs pédagogiques de l’Éducation Nationale et reposent sur une forte collaboration avec les équipes pédagogiques concernées.

Ce principe d’accompagnement « sur-mesures » se prolonge jusqu’aux publics éloignés et empêchés au fur et à mesure que se renforcent l’inscription du centre d’art sur son territoire et ses liens avec les acteurs locaux de l’animation et du champ social. Se multiplient donc les projets en direction des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, tout comme les partenariats avec des structures associatives, publiques ou parapubliques, travaillant auprès de la jeunesse, des personnes fragilisées et isolées économiquement et socialement, pour lesquelles l’accès à la culture présente des difficultés nécessitant un accompagnement adapté.

L’accueil du grand public et du public individuel est, quant à lui, conçu à partir de deux grands principes : la prise en charge du visiteur dans son parcours et le développement d’une programmation culturelle en lien avec les expositions et les résidences.

À chacune d’elles, le visiteur dispose de supports de médiation lui permettant de se repérer dans le site et au sein des expositions. Cartels, fiches de salle, textes de salle, affiches-programmes, dépliants pédagogiques, ouvrages en consultation et visites commentées, constituent une mine d’informations traitées sous des angles différents afin de fournir des clés de compréhension des œuvres et des expositions proposées au cours d’une saison de programmation qui répond souvent à un thème fédérateur.

Ouverte et diversifiée, la programmation culturelle offre, quant à elle, la possibilité aux publics de se « retrouver » sur des temps familiaux et conviviaux. Elle rythme par ailleurs la vie du centre d’art et contribue à y renouveler les formes de présence pour en souligner la triple nature de lieu de création, de travail et de vie.

L'école municipale d'art

En intégrant physiquement et administrativement le site des Tanneries, l’École municipale d’art de la Ville d’Amilly ouvre une nouvelle séquence. Ses grands espaces tout spécialement adaptés à la pratique des arts plastiques, la permanence de son équipe pédagogique et le rapprochement avec la vie artistique du centre d’art contemporain ont pour but de renforcer l’attrait déjà constaté depuis longtemps de ce lieu fort de la vie culturelle d’Amilly et, plus largement, de l’agglomération montargoise.

Le projet de l’école va se nourrir de cette nouvelle situation. D’abord en proposant pour les plus jeunes (dès l’âge de 5 ans) des cours d’éveil, puis en développant, au fil des âges, une approche progressive dans l’acquisition des techniques avec un enseignement adapté aux attentes de chacun (adolescents ou adultes). Ce lieu est ainsi celui de l’appropriation, par tous, du plaisir de créer.

À la rentrée 2019, l’École municipale d’art compte 100 adhérents, fidèles et nouveaux compris.

Inscriptions locales, régionales et nationales sur fond de développement et de maillage territorial

Le Centre d’art contemporain Les Tanneries est porté par la Ville d’Amilly. Il reçoit le soutien du ministère de la Culture – DRAC Centre-Val de Loire, du Conseil Régional Centre‑Val de Loire, du département du Loiret, de l’Agglomération Montargoise Et Rives du Loing. Sa création a été cofinancée par le Feder et le CPER, ainsi que par la Fondation Total dans le cadre de son partenariat avec la Fondation du Patrimoine. L’opération de réhabilitation a été cofinancée par l’Union Européenne. L’Europe s’engage en Région Centre‑Val de Loire avec le Fonds européen de développement régional.

Implanté dans un territoire aux particularités propres, le centre d’art se positionne comme un équipement culturel structurant du bassin de vie montargois. Il est par ailleurs  désormais bien identifié comme un lieu-ressource pour la création contemporaine dans le département du Loiret et dans la région Centre-Val de Loire. Il participe pleinement au maillage territorial culturel développé et soutenu par la Région et le Département et cherche, au fur et à mesure des projets, à intensifier ses collaborations avec les acteurs artistiques, culturels et touristiques locaux, départementaux et régionaux.

Le prolongement de ces efforts se déplace naturellement aux échelles interégionale (l’emplacement stratégique du Gâtinais, aux confins de l’Île-de-France, du Centre-Val de Loire et de la Bourgogne constitue un terreau favorable à ce rayonnement), nationale et internationale qui constituent les prochains enjeux de développement du centre d’art en termes de relations publiques et de rayonnement.

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

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