Louis Finot (orientaliste)

Louis Finot[1], né à Bar-sur-Aube le et mort à Toulon le , est un archéologue et orientaliste français, spécialiste de la philologie et de l'épigraphie de l'Asie du Sud-Est. Il consacra la majeure partie de sa vie à l'Indochine et à la découverte de sites historiques, tel que Angkor.

Pour les articles homonymes, voir Louis Finot.
Louis Finot
Louis Finot en 1900.
Fonction
Directeur
École française d'Extrême-Orient
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Toulon
Nationalité
Formation
École des chartes (-)
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de

Il se joint à d'autres archéologues pour sillonner toute l'Indochine et veiller à la sauvegarde de sites historiques, en particulier les sites cham et khmer.

À la création de l'École Française d'Extrême Orient (EFEO) en 1898, il en devient un membre essentiel et en sera directeur à quatre reprises : de 1898 à 1904 et de 1920 à 1926, par intérim de 1914 à 1918 et de 1928 à 1930.

Biographie[1]

Après avoir étudié au collège de Troyes, il part à Paris où il est licencié ès lettres et en droit. Louis Finot intègre l'École nationale des chartes en 1886 et en sort deux ans après avec le titre d'archiviste paléographe.

En 1890, il entre comme stagiaire à la Bibliothèque nationale, où il est nommé bibliothécaire en 1892. Puis il entreprend des études de sanskrit à École des hautes études auprès de Sylvain Lévi. Il obtient le diplôme de sanskrit en 1894 et il est nommé directeur-adjoint des conférences de sanskrit à l'École des hautes études.

En 1897, il est nommé directeur de la Mission archéologique en Indochine créée par Paul Doumer, devenue en 1898 l'École française d'Extrême-Orient (EFEO). Il en devient un membre essentiel tout comme Henri Parmentier qu'il retrouvera en Indochine pour réaliser un État des lieux des sites historiques.

Il est également directeur d'études à l'École pratique des hautes études et professeur d'histoire et de philologie indochinoises au Collège de France de 1920 à 1930. Il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1933. Fidèle à l'EFEO, il en aura été le directeur à quatre reprises : de 1898 à 1904 et de 1920 à 1926, par intérim de 1914 à 1918 et de 1928 à 1930.

Indochine

Sa première mission en Indochine, en 1898, consiste à parcourir tous les pays qui composent la colonie avec Antoine Cabaton et le Capitaine Étienne Lunet de Lajonquière. Il part à Saïgon pour y procéder à la mise au point de son inventaire et veiller à l'installation d'une bibliothèque et d'un musée.

Pour cela, il s'inspire du modèle sur la Société des arts et des sciences de Batavia, la plus ancienne de toutes les sociétés scientifiques d'Extrême-Orient, dont il va étudier l'organisation et le fonctionnement sur place en août-.

En 1899, Louis Finot et Étienne Lunet de Lajonquière (Officier, archéologue et ethnologue attaché à la mission d'archéologie d'Indochine en 1893) ont effectué un inventaire des sites historiques repérés en Annam. De ce fait, à partir de ce travail, Henri Parmentier établit alors une liste de travaux à effectuer mais des mesures conservatoires s'imposaient pour les sites les plus sinistrés et menacés par la ruine, tel Po Nagar à Nha Trang.

Dès 1901, il signe dans le premier Bulletin de l'EFEO un article sur « La religion des Chams » suivi d'un « Inventaire des monuments », une traduction, 18 comptes-rendus et deux rapports d'activité. Il réunit à Hanoï, l'année suivante, le premier Congrès international des études d'Extrême-Orient.

Arrivé au terme de son mandat, le , il est remplacé par Alfred Foucher à la direction de l'EFEO, mais au lieu de regagner directement Paris, il parcourt le Siam (Thaïlande), la Birmanie et l'Inde, avant de renouer avec l'enseignement.

En 1907, il prend la charge de la chaire d'histoire et de philologie indochinoise à l'École des hautes études et au Collège de France.

En 1914, il interrompt ses cours en 1914 pour assurer à nouveau la direction de l'EFEO, pendant la mobilisation de Claude-Eugène Maitre. Louis Finot retourne aussitôt en Indochine, reprend son travail sur divers textes et inscriptions.

Il rejoint Henri Parmentier et Victor Goloubew pour étudier, entre autres, les bas-reliefs du grand temple de Banteay Samre, les temples de Vat Phu, de Vat Nokor, l'architecture khmère ancienne d'après les bas-reliefs du Bayon.

Finot retourne en France en 1918 mais dès 1920 contre toute attente, l'EFEO lui demande (), la direction de l'EFEO, qu'il assumera jusqu'en 1926.

Il repart donc pour Angkor en compagnie de Victor Goloubew, afin de revoir le Bayon et Neak Pean, puis se rend à Bantey Chmar et visite plusieurs sites.

Ce voyage lui permet d'acquérir la certitude que tous ces édifices ont été construits par un souverain bouddhiste. À partir de cette découverte, il rédige plusieurs articles (BEFEO 23, Études asiatiques I, BEFEO 25), qui permettront à Philippe Stern (1927) et George Coedès (1928) de dater leur construction au règne du Jayavarman VII.

Activités diverses

En parallèle à ses activités archéologiques, Louis Finot entretient des relations étroites avec l'École pâli de Phnom Penh et contribue, par l'intermédiaire de Suzanne Karpelès, à la création de la Bibliothèque royale ().

Il obtient la création du parc archéologique d'Angkor, qui bénéficie d'une surveillance plus active et d'une législation spéciale. Il crée par ailleurs une nouvelle collection de l'École : les « Mémoires archéologiques ».

Lorsque Léonard Aurousseau, le nouveau directeur de l'École, est contraint, pour raison de santé, de rentrer en France, où il décède, Louis Finot accepte une nouvelle fois d'assurer par intérim la direction de l'École et rejoint Saigon en 1928, ce fut son dernier séjour en Indochine. Mais en 1929, il est finalement remplacé par George Coedès.

Retour en France

Il s'embarque à Saigon en pour s'installer à Toulon. Élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1933, il meurt deux ans plus tard à la suite d'une intervention chirurgicale le à Toulon.

Hommages

Le musée de Hanoï, créé par l'EFEO a reçu le nom Louis Finot[2].

Publications

  • Les lapidaires indiens, Paris, Émile Bouillon (Bibliothèque de l'École des hautes études), 1896, 280 p.
  • « Fragments du Vinaya sanskrit », Journal asiatique (1911), p. 619-625.
  • « Le Pratimoksasûtra des Sarvastîvâdins », Journal asiatique, Nov.-Déc. (1913), p. 465-558.
  • Notes d'épigraphie indochinoise, Hanoï, Imprimerie d'Extrême-Orient, 1916, 439 p.
  • « Recherches sur la littérature laotienne », BEFEO 17/5, 1917, p. 1-219.
  • « Archéologie indochinoise » et « L'ethnographie indochinoise », BEFEO 21/1, 1921, p. 43-166 et 167-196.
  • Les questions de Milinda, Milinda-Pañhha. Traduit du pali avec introduction et notes, Paris, Bossard, 1923 (Les classiques de l'Orient, 8).
  • « Lokesvara en Indochine », Paris, EFEO/Van Oest, (PEFEO 19), Études Asiatiques (1), 1925, p. 227-256, pl. 16-25.
  • « Inscriptions d'Angkor », BEFEO 25/3-4, 1925, p. 297-407.
  • Avec Victor Goloubew et Henri Parmentier, Le temple d'Içvarapura (Banteay Srei, Cambodge), Paris, EFEO (Mémoires archéologiques, 1), 1926, 140 p., 72 pl.
  • « Nouvelles inscriptions du Cambodge », BEFEO 28/1-2, 1928, p. 43-80, pl. 1-5.
  • Avec V. Goloubew et George Coedès, Le temple d'Angkor Vat, Paris, EFEO, 1929-32 (Mémoires archéologiques, 2).

Notes et références

  1. René Dussaud, « Notice sur la vie et les travaux de M. Louis Finot. » (V. Bibliographie)
  2. René Dussaud, « Notice sur la vie et les travaux de M. Louis Finot. », p. 500 (V. Bibliographie)

Bibliographie

  • Anonyme, « Bio-bibliographie de Louis Finot » in Aséanie 11, 2003. pp. 184-186. (Lire en ligne - Consulté le 7 mars 2020)
  • Christophe Charle et Eva Telkes, Les professeurs du Collège de France 1901/1939. Dictionnaire biographique, Paris, Institut national de recherche pédagogique, 1988. pp. 73-75. (Lire en ligne - Consulté le 7 mars 2020)
  • René Dussaud, « Notice sur la vie et les travaux de M. Louis Finot. » in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 82ᵉ année, N. 6, 1938. pp. 486-501. (Lire en ligne - Consulté le 7 mars 2020)
  • Victor Goloubew. « Louis Finot (1864-1935) » in Bulletin de l’École française d'Extrême-Orient. Tome 35, 1935. p. 515-550. (Lire en ligne - Consulté le 7 mars 2020)
  • Pierre Singaravélou, « Louis Finot », in François Pouillon (Dir.), Dictionnaire des orientalistes de langue française, Éditions Karthala, 2008, p. 390.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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