Lucien Bechmann

Lucien Adolphe Bechmann, né le à Paris et mort le dans cette même ville, est un architecte français.

Lucien Bechmann
Biographie
Naissance
Décès
(à 88 ans)
Paris
Nom de naissance
Adolphe Lucien Bechmann
Nationalité
Formation
Activité
Père
Enfant
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Biographie

Lucien Bechmann, d'une ancienne famille juive, était le fils d'Alice Lebenheim et de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées Georges Bechmann (1848-1927), lui-même fils de Jacob Bechmann (1818-1895) et de Jeanne Hesse, qui étaient venus s'installer à Paris, venant de Fürth, ville de Bavière qui abritait depuis de nombreux siècles une communauté juive importante.

Admis à l'École des beaux-arts en 1898, il poursuivit brillamment ses études dans l’atelier Laloux et fut diplômé en 1905. Il épousa en 1903 Germaine Kapferer (1880 - ), d'une famille juive alsacienne, apparentée aux industriels Deutsch de la Meurthe. Ils eurent cinq enfants :

  • Geneviève Bechmann (1904-1997), qui épousa l'industriel Albert Dreyfus-Sée, fusillé par les Allemands en 1944. Ils eurent cinq enfants. Sous le nom d'Amélie Dubouquet, elle se signala comme auteur de livres pour enfants, pédagogue, architecte et historienne. Ses écrits pédagogiques, la placèrent dans le grand mouvement d'après-guerre de l'Éducation Nouvelle. Ses travaux ont été légués au Musée national d’éducation à Rouen (MNE)[1]. Ils sont accessibles au public sur demande au Centre de ressources et de recherche du MNE situé au 6, rue Bihorel à Rouen (76000)[2] ;
  • Yvonne Bechmann, qui épousa Etienne Jerome. Ils sont les parents de Jean-Pierre Jerome et des scientifiques Denis Jerome et Dominique Jerome.
  • Marcelle Bechmann, qui épousa l'architecte et cinéaste Louis-Émile Galey. Ils sont les parents de l'écrivain Matthieu Galey et de la journaliste Geneviève Galey ;
  • Tommy Bechmann ;
  • Roland Bechmann (1919-2017), qui poursuivit une carrière d'architecte, dans la foulée de celle de son père.

Pendant les années 1940-44, le couple Bechmann-Kapferer se retira dans une ferme près de Grenoble.

Principaux bâtiments

Sa clientèle était essentiellement privée, notamment originaire de la communauté israélite. Sont à mentionner:

  • L’hôpital Rothschild, qu’il réalise entre 1909 et 1914, fait l’objet d’une importante étude préalable, menée en 1907-1908 avec le médecin-chef de l’hôpital, qui s’inspire des hôpitaux modernes étrangers.
  • Pour le même commanditaire, Edmond de Rothschild, Bechmann réalise une autre œuvre remarquable, la synagogue Chasseloup-Laubat à Paris (1912).
  • Son père, directeur général de la Compagnie Nord-Sud depuis 1905, lui confie, à partir de 1910, l’aménagement des stations de l’actuelle Ligne 12 (ligne A du Nord-Sud), notamment la rotonde d’accès de la Gare Saint-Lazare. La compagnie, concurrente de la Compagnie du Métropolitain de Paris, apporte un soin particulier à l’esthétique des stations (céramistes : Gentil et Bourdet).
  • Après la Première Guerre mondiale, Émile Deutsch de la Meurthe lui confie, pour le compte de la Fondation Deutsch de la Meurthe, ainsi qu’à Jean-Claude Nicolas Forestier et Léon Azéma, le plan d’ensemble de la Cité internationale universitaire de Paris. Il en réalise le premier groupe de pavillons, celui de la fondation Deutsch de la Meurthe réservé aux étudiants français (1922-1925). Au reproche d’avoir adopté un style « oxfordien », il réplique que celui-ci n’est qu’un avatar du style médiéval normand, source réelle de son inspiration. Auteur par la suite des pavillons d’entrée (1932-1933) et du pavillon Victor-Lyon (1950), il sera l’architecte-conseil de la Cité pendant trente ans (1923-1953).
  • Il construit à Paris en 1930 l’une de ses plus belles œuvres, célébrée par la critique de l’époque, l’immeuble de bureaux de la compagnie Shell, nommé Washington Plaza, rue Washington 38-44. Il y met en application les procédés de gestion de chantier qu’un voyage d’études aux États-Unis lui a permis d’approfondir. Il parvient ainsi, par une planification minutieuse, à écourter d’une année la durée des travaux, tout en respectant les coûts.

La grande intégrité et la discrétion de Lucien Bechmann sont sans doute la raison d'une notoriété plutôt modeste. Pourtant, ses façades, d’inspiration normande teintée plus tard d’influences Art déco, dissimulent des systèmes constructifs avancés utilisant les matériaux et les procédés de mise en œuvre les plus performants.

Honneurs

  • Croix de guerre (1917)
  • Grand prix de Barcelone (1929)
  • Chevalier de l’ordre de Danebrog (Danemark) (1932)
  • Officier de la Légion d’honneur (1937)
  • Médaille d’honneur de l’Académie d’architecture (1961)

Littérature

  • Geneviève Dreyfus-Sée, La Carrière de Lucien Bechmann, s.l., s.d.
  • Gilles Ragot et Mathilde Dion, « Lucien Bechmann », dans Catalogue des archives d’architecture du XXe siècle de l’Institut français d’architecture, Paris, IFA, (lire en ligne).
  • Bertrand Lemoine, La Cité internationale universitaire de Paris, Paris, Hervas, , 120 p. (ISBN 2-903118-52-3).
  • Gilles Ragot, « Le XIVe arrondissement, laboratoire d’architecture moderne », dans De Montparnasse à Montsouris : Itinéraire historique dans le XIVe arrondissement (catalogue de l'exposition organisée par la Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, avec le concours du Musée Carnavalet, à la mairie du 15e arrondissement, 5 avril-28 avril 1986, et au Musée Carnavalet, 12 juillet-5 octobre 1986), Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, , 123 p. (ISBN 2-905118-01-6).
  • Gilles Ragot, « La Cité universitaire internationale de Paris », Monuments historiques, no 148, , p. 76–81.
  • Matthieu Galey, Journal, vol. 1 : 1953-1973, Paris, B. Grasset, (ISBN 2-246-40091-0).
  • Matthieu Galey, Journal, vol. 2 : 1974-1986, Paris, B.Grasset, (ISBN 2-246-40261-1).
  • Gilles Ragot et Mathilde Dion, « L’immeuble de la Shell et la Cité de refuge. Innovation et compétence dans les années trente », AMC/Le Moniteur, .
  • Institut français d'architecture, Archives d'architecture du vingtième siècle, Liège, Pierre Mardaga éditeur, , 510 p. (ISBN 2-87009-446-9), p. 42–67.

Sources d'archives

Cité de l'architecture et du patrimoine, Centre d'archives d'architecture du XXe siècle : fonds Lucien Bechmann (47 IFA).

Références

Liens externes

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