Lucinda Hinsdale Stone

Lucinda Hinsdale Stone ( pseudonyme, LHS) née le et morte le , est l'une des premières féministes américaines, éducatrice, voyageuse, écrivaine et philanthrope.

Lucinda Hinsdale Stone
Biographie
Naissance
Décès
(à 85 ans)
Nom de naissance
Lucinda Hinsdale
Pseudonyme
L. H. S.
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de

Lucinda Hinsdale Stone se rend à Kalamazoo, Michigan avec son mari qui est président du Kalamazoo College, rattaché à l'époque à l'Université du Michigan. Elle y enseigne et y instaure la mixité. Grâce à son influence, des femmes ont accès au corps professoral de l'Université et des bourses sont accordées aux femmes. Lucinda Hinsdale Stone est la première femme aux États-Unis à faire suivre des cours à des étudiantes, hors de l'Université, pour enrichir leurs connaissances en histoire et en littérature[1]. Elle croit au développement personnel au profit de l'action publique et elle est directement responsable de la fondation d'une cinquantaine de clubs littéraires féminins dans le Midwest des États-Unis. Elle reçoit un doctorat à titre honorifique de l'Université du Michigan[2].

Lucinda Hinsdale Stone plaide pour le droit de vote des femmes, leur accès à l'éducation et pour l'abolition de l'esclavage[3]. À la fin du XIXe siècle, Stone est la doyenne des journalistes du Michigan. En 1890 elle participe à la création de la Michigan Woman's Press Association dont elle devient la présidente d'honneur[4].

Petite enfance et éducation

Lucinda Hinsdale naît à Hinesburg, Vermont, le 30 septembre 1814[4]. C'est la plus jeune d'une famille de douze enfants, nés de Lucinda Mitchell et Aaron Hinsdale. La famille Hinsdale est une branche de la lignée de Hinnsdale (France) dont les archives remontent à 1170. Leurs armoiries sont décrites dans les archives françaises de la noblesse et exposées dans la bibliothèque Astor. Lucinda est apparentée à Elihu Burritt «le savant forgeron» et à Emma Willard du Troy Seminary . Elle est également apparentée, du côté de sa mère, à l'astronome Maria Mitchell[5].

Jeune, elle prend l'habitude de se lever tôt et la conserve toute sa vie durant, disant que : « le meilleur de tout le travail littéraire que j'ai effectué, la plupart des études de langue étrangère, commencées à l'école et que j'ai poursuivies, plusieurs centaines des articles que j'ai écrits pour des journaux, ma correspondance avec des journaux étrangers, les centaines de lettres écrites à des clubs, et presque toute ma correspondance, qui a été volumineuse, a été rédigé tôt le matin, avant que personne ne remue dans la maison. J'ai senti immédiatement que ce moment m'appartenait, et qu'en quelque sorte, la fraîcheur des premières heures du lever du soleil de mon enfance, me reviendrait tôt le matin, et je ne veux pas dormir ou perdre ces premières heures. Quand je voyage à l'étranger, j'explore et j'étudie les cathédrales et d'autres églises remarquables de Rome ou de diverses villes d'Europe, tôt le matin. Ces endroits sont toujours ouverts, c'est le moment le plus calme pour les visiter et j'ai pénétré dans de nombreux coins et recoins de vieilles églises que je n'aurais pas été en mesure d'observer quand des foules d'autres visiteurs étaient présents. »[4].

À l'âge de treize ans, elle entre à l'Académie de Hinesburg. À quinze ans, elle enseigne l'été dans une école de campagne, revient à l'Académie à l'automne et enseigne à nouveau l'été suivant. Les administrateurs de l'Académie, voyant sa soif de connaissances, lui octroient le privilège alors inusité, de suivre des cours avec les jeunes hommes qui sont prêts à entrer au collège. Elle poursuit des études de grec et de latin avec eux. Non seulement elle étudie ces matières, mais elle y ajoute la musique et le français. Elle n'entre cependant pas à l'Université du Vermont avec eux[6]. Parfois, le président ou certains des professeurs du Collège Middlebury, du sud de la ville, et de l'Université du Vermont à Burlington, au nord, viennent prêcher dans son cours[1].

À l'âge de 18 ans environ, elle rejoint un séminaire pour femmes à Middlebury, pendant un an, parce que cela est considéré comme la phase finale de l'éducation des jeunes femmes. Mais ce séminaire se révèle décevant pour Stone qui trouve que l'enseignement n'est pas aussi étendu ou approfondi que celui de son académie. Elle estime qu'elle pourrait enseigner tout aussi bien de nombreuses matières et en fait, on lui demande souvent de donner des cours pour remplacer un enseignant malade ou absent[1].

Carrière

Éducatrice

Lorsqu'elle se rend à l'ouest de Grand Rapids, Michigan pour rendre visite à sa sœur Mary Hinsdale Walker, elle rencontre à nouveau le révérend James Andrus Blinn Stone, un pasteur baptiste, installé à Gloucester, Massachusetts, mais dont elle a fait connaissance pendant qu'il séjournait à Hinesburg. Le révérend James Ballard de Grand Rapids les marient le 10 juin 1840. Mme Stone a alors vingt-six ans. Ils ont trois fils, Clement Walker (né en 1841), Horatio Hackett (1843-1870) et James Helm (né en 1847)[7].

Peu de temps après son mariage, M. Stone est appelé à occuper le poste de professeur de littérature biblique à la Newton Theological Institution pendant environ un an et demi, pour remplacer son ami le Dr Horatio Balch Hackett, parti en Europe. De là, ils se rendent à Kalamazoo, dans le Michigan, où M. Stone est appelé à prendre en charge l'un des soi-disant « département » de l'Université du Michigan. Ceux-ci, à leur création, sont censés alimenter en permanence l'université, en tant qu'écoles préparatoires devant attirer des étudiants de tout l'État. Mais les départements sont bientôt fermés faute de fonds publics pour les soutenir. Un institut baptiste, la première institution littéraire fondée au Michigan, avait dû cesser son enseignement lorsque le département de l'université avait ouvert à Kalamazoo. Cet institut reprend ses activités au Kalamazoo College et se développe, principalement grâce aux efforts du Dr Stone, qui obtient une accréditation de la législature d'État du Michigan[1].

M. Stone est le premier président du Kalamazoo College entre 1843 et 1863[8]. À cette époque, Lucinda Hinsdale Stone dirige le département des femmes au sein du collège[9],[1]. Elle prodigue des cours dans tout le Michigan, notamment à Grand Rapids, Jackson, Bay City, Dowagiac, Coldwater, Saginaw, Port Huron, St. Clair, Alpena, Adrian, Monroe, Hillsdale, Lansing, Charlotte, Jackson, Détroit, Eaton Rapids, Flint, Dearborn et Battle Creek. Des clubs de femmes suivent ces cours[7].

Droit de vote et abolition de l'esclavage

Les Stone luttent pour l'abolition de l'esclavage, la mixité et les droits des femmes[10]. Mme Stone fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire avancer la cause du vote des femmes. Cependant elle meurt sans avoir vu l'émancipation des femmes devenir réalité. Il faut attendre qu'elle se rende dans les États du sud pour apprendre pleinement la signification du mot «abolitionniste». Alors qu'elle enseigne au Burlington Seminary, elle reçoit une invitation à se rendre dans le sud du Mississippi pour enseigner dans la famille d'un riche planteur. Elle a entendu parler de l'esclavage mais n'a aucune idée de sa signification réelle et sa première confrontation survient lorsqu'elle traverse Natchez, Mississippi, pour rejoindre son nouveau lieu de résidence[11].

Elle devient proche des dirigeants anti-esclavagistes, parmi lesquels William Lloyd Garrison, Lydia Maria Child, Parker Pillsbury et Frederick Douglass. C'est une collègue très sincère des réformatrices qui luttent pour le droit de vote des femmes, Julia Ward Howe, Elizabeth Cady Stanton, Lucy Stone et Susan B. Anthony[7].

Écrivain

Durant quarante ans, elle est en relation avec divers journaux d'une manière ou d'une autre. Pendant de nombreuses années elle fait partie du personnel du Detroit Tribune, ses lettres de voyage, signées « LHS », figurant parmi les principales attractions du journal. Sa conviction profonde est que « tout ce qui est vrai, bon et saint, doit être fait par des hommes et des femmes travaillant ensemble, sans jalousie ni préjugé, sans distinction de caste ou de sexe. »[1].

Mme Stone est l'auteur de Western Side. En tant que journaliste, elle touche des centaines de milliers de lecteurs avec ses articles liés aux questions sociales et morales. Le Kalamazoo Telegraph, comme de nombreux journaux, publient ses articles et ses lettres détaillées de ses voyages à l'étranger. Pendant des années, elle est présidente d'honneur de la Michigan Woman's Press Association. Elle poursuit son œuvre littéraire presque jusqu'à sa mort. Elle écrit notamment une notice pour le Twentieth Century Club concernant la fille du poète écossais Robert Burns[7].

Ralph Waldo Emerson est un ami proche et ils correspondent ensemble pendant des années[7].

Écoles itinérantes

Après de nombreuses années passées à enseigner, les Stone voyagent à l'étranger. Mme Stone constate rapidement les avantages d'étudier l'histoire et l'art sur les lieux de leur création. Comme une inspiration, l'idée lui vient d '« écoles ou classes itinérantes ». Elle la met en œuvre en 1867. Sa longue expérience en tant que professeur d'art, de littérature et de langues lui permet de constituer un itinéraire pédagogique très riche. À huit reprises, elle donne des cours à l'étranger, passant entre un an et dix-huit mois sur place à chaque fois. À une occasion, le voyage inclut l'Égypte, la Palestine et la Syrie[1],[11].

Clubs littéraires

La Ladies 'Library Association et le Twentieth Century Club sont respectivement le premier et le dernier des nombreux clubs que fonde Mme Stone à Kalamazoo au cours de sa vie. La Ladies 'Library Association, créée en 1852, a son origine dans un cours d'histoire qu'elle a élaboré et qui, après quelques années de succès, fusionne en un club littéraire dont elle prend la présidence. Cette association construit un bâtiment sur Park Street, dans lequel sont rassemblés des tableaux de qualité, un statuaire et une bibliothèque de prix. Le Twentieth Century Club est la dernière création de Mme Stone. Sous sa garde il prend de l'ampleur, jusqu'à ce que les salons de la bibliothèque et le hall de sa maison débordent, ce qui finalement conduit à construire le Stone Memorial Building[12]. Les divers clubs de l’État dotent l'Université du Michigan d'une bourse perpétuelle à son nom, pour les jeunes femmes qui souhaitent étudier. Les 5 000 $ collectés sont remis à l'Université à l'automne 1905[13]. Un portrait de Mme Stone, communément appelée « la mère des clubs du Michigan », est offert conjointement par les deux sociétés littéraires qu'elle a fondées à Kalamazoo, la Ladies 'Library Association et The Twentieth Century Club[14]. Elle crée également le Club Douglas de Kalamazoo pour les Afro-Américains, auxquels elle a toujours voué l'intérêt le plus actif[7].

De retour de son dernier voyage à l'étranger, à l'âge de soixante-seize ans, elle est nommée à l'organisation des Clubs Isabella dans le quatrième district du Congrès, afin que "les centres d'intérêt de la future exposition universelle de Chicago de 1893 soient mieux appréciés par ses membres ". Elle s'intéresse sans limites à ce travail, y prêtant une attention régulière personnelle. Pour ce faire, elle voyage plusieurs jours par semaine, ce qui ne semble pas la fatiguer plus que de raison. Chaque jeudi, dans sa bibliothèque privée à Kalamazoo, les femmes les plus passionnées composant le Club Isabella se réunissent autour d'elle et c'est là que sa véritable nature se révèle le mieux. En reconnaissance de son mérite, l'Université du Michigan lui décerne le diplôme de Ph. D. en 1891[11].

Les Clubs Isabella de l’État ont cessé leur activité au printemps 1893. Mais un grand nombre d'entre eux se réorganisent sous d'autres noms et conservent leurs effectifs. C'est à ce moment-là que le Twentieth Century Club of Kalamazoo est créé, avec un nombre de membres important. Mme Stone est élue présidente perpétuelle, place qu'elle tient jusqu'à sa mort sept ans plus tard, le 14 mars 1900, à l'âge de 85 ans[12].

Héritage

En 1983, Lucinda Hinsdale Stone est reconnue pour ses efforts pour promouvoir la cause des droits des femmes et elle est intronisée au Michigan Women's Hall of Fame[15]. Elle est célébrée pour avoir plaidé pour l'admission de la première étudiante à l'Université du Michigan en 1870[15]. L'Université crée le prix Lucinda Hinsdale Stone Senior Faculty Award en reconnaissance de son engagement pour faire admettre les femmes à l'Université[16]. Un des chapitres des Filles de la Révolution américaine lui est dédié en son honneur[17].

Notes et références

  1. (en) Literary Century (Domaine public), , 428 p. (lire en ligne), p. 387
  2. (en) Daughters of the American Revolution Magazine, vol. 55, National Society of the Daughters of the American Revolution, (lire en ligne)
  3. (en) Griffin, Gail B, Calling : essays on teaching in the mother tongue, Trilogy Books (ISBN 978-0-9623879-2-0)
  4. (en) Literary Century, 428 p., p. 386
  5. (en) Mary M. Hoyt, Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society - The Commission, (lire en ligne), p. 171
  6. (en) Mary M. Hoyt, Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society - The Commission, (lire en ligne), p. 172
  7. (en) Andrew et Hinsdale (domaine public), Hinsdale genealogy: descendants of Robert Hinsdale of Dedham, (lire en ligne), p. 172
  8. (en) « Presidents of Kalamazoo College », sur Kalamazoo College (consulté le 23 février 2020)
  9. (en) Stone, Lucinda Hinsdale: Educator, Feminist - Mother of Women’s Clubs (Kalamazoo Public Library)
  10. « Upton Honors Kalamazoo’s Lucinda Hinsdale Stone for Women’s History Month », sur Congressman Fred Upton - Representing Michigan's 6th District, (consulté le 20 octobre 2017)
  11. (en) Mary M. Hoyt (domaine public), Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society, (lire en ligne), p. 173
  12. (en) Mary M. Hoyt (domaine public), Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society (lire en ligne), p. 174
  13. (en) Mary M. Hoyt (domaine public), Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society, (lire en ligne), p. 175
  14. (en) Mary M. Hoyt (domaine public), Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, (lire en ligne), p. 176
  15. « Lucinda Hinsdale Stone (1814 - 1900) » [PDF], sur www.michiganwomenshalloffame.org, Michigan Women’s Historical Center & Hall of Fame (consulté le 6 septembre 2018)
  16. « Lucinda Hinsdale Stone Senior Faculty Award - University of Michigan-Flint », sur www.umflint.edu (consulté le 20 octobre 2017)
  17. (en) Mary M. Hoyt (domaine public), Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, Michigan Pioneer and Historical Society, (lire en ligne), p. 289

Attribution

  • Cet article contient des extraits d'une publication dont le contenu se trouve dans le domaine public. Herbert Cornelius Andrews et Sanford Charles Hinsdale, Hinsdale genealogy: descendants of Robert Hinsdale of Dedham, Medfield, Hadley and Deerfield, with an account of the French family of De Hinnisdal, A. H. Andrews, (lire en ligne), p. 172
  • Cet article contient des extraits d'une publication dont le contenu se trouve dans le domaine public. Literary Century, Michigan Woman's Press Association, Literary Century, (lire en ligne)
  • Cet article contient des extraits d'une publication dont le contenu se trouve dans le domaine public. Michigan Pioneer and Historical Society, Michigan Historical Collections, vol. 30, The Society, (lire en ligne)
  • Cet article contient des extraits d'une publication dont le contenu se trouve dans le domaine public. Michigan Pioneer and Historical Society, Michigan Historical Collections, vol. 38, The Commission, (lire en ligne), « Mrs. Lucinda Hinsdale Stone, by Mrs. Mary M. Hoyt »
  • Cet article contient des extraits d'une publication dont le contenu se trouve dans le domaine public. National Society of the Daughters of the American Revolution, Daughters of the American Revolution Magazine, vol. 55, National Society of the Daughters of the American Revolution, (lire en ligne)

Voir aussi

Bibliographie

  • Gail B. Griffin, Calling : essays on teaching in the mother tongue, Trilogy Books, (ISBN 978-0-9623879-2-0, lire en ligne)

Liens externes

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