Marthe Lebasque

Marthe Lebasque, fille du peintre Henri Lebasque et épouse du peintre Carlos-Reymond, est une cantatrice soprano de l'Opéra-Comique, artiste peintre et sculptrice française née le dans le 8e arrondissement de Paris, morte à Nice le .

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Marthe Lebasque
Marthe Lebasque en kimono par Henri Lebasque (Sur le banc vert, Sanary, 1911), musée Albertina, Vienne (Autriche)
Naissance
Décès
Nationalité
Française
Activité
cantatrice de l'Opéra-Comique, artiste peintre, sculptrice
Mouvement
Père
Conjoint
Distinctions

Biographie

Henri Lebasque vers 1900
Henri Lebasque, Mme Lebasque et sa fille Marthe au bord de la Marne, vers 1899

Marthe est la fille aînée du peintre Henri Lebasque et de son épouse Catherine : sa naissance précède celle de sa sœur Hélène, dite « Nono » – elle sera l'épouse du céramiste Jacques Lenoble (1902-1967) – et de son frère Pierre (1912-1994) qui, recevant les conseils de Jacques Lenoble, sera de même céramiste (il sera notamment le créateur en 1955 de La Pieuvre, œuvre conservée au musée des arts décoratifs de Paris)[1].

C'est dès sa plus tendre enfance qu'avec sa mère et sa sœur (Pierre, le cadet, apparaît plus rarement) Marthe - successivement « enfant rieuse, fillette espiègle, adolescente rêveuse »[2] - constitue un sujet de prédilection dans la peinture d'Henri Lebasque, que ce soit dans des décors intérieurs ou extérieurs, dans un jardin intimiste, sur des bords de rivières ou sur des plages. Dans son livre La jeune peinture française, en 1912, André Salmon évoque également le Portrait de Marthe Lebasque sculpté par Albert Marque[3] et présenté à l'exposition de La Libre Esthétique, à Bruxelles en 1909[4].

En 1919, Marthe Lebasque épouse Carlos-Reymond dont, de même, « elle sera le modèle favori »[2], pour une vie qui va se partager entre Paris et la villa de Roquefort-les-Pins, « aux murs ocres rongés par la vigne et qui porte son nom méridionalisé, La Marthoune »[5]. Au contact des nombreux artistes dont son mari est proche - Pierre Bonnard, Maurice Denis, Pierre Laprade, Louis Valtat ou Henri Manguin qui peint d'elle un portrait - Marthe est à son tour, parallèlement au chant qu'elle travaille, naturellement attirée par la peinture : « elle est dotée à côté d'un joli talent de peintre d'une voix délicate de soprano par quoi elle triomphe dans les grands rôles du répertoire. Elle devait être à l'Opéra-Comique une Rosine du Barbier de Séville de Rossini inoubliable »[2].

Les années passant, Marthe Lebasque, privilégiant de demeurer proche de Carlos-Reymond, renonce à sa carrière de cantatrice et s'oriente vers une peinture très nettement dominée par le thème de la nature morte : leur vie se constitue désormais « de voyages, le plus souvent aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et au Maroc. Une vie consacrée à l'amitié d'artistes tels qu'Albert Marquet, Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Maximilien Luce, André Dunoyer de Segonzac, Maurice de Vlaminck, Georges Rouault, André Lhote, Jacques Villon, Kees Van Dongen, André Dignimont ou Marie Laurencin, des poètes tels que Jean Cocteau, des critiques tels que Félix Fénéon, Jean Cassou ou Claude Roger-Marx, des musiciens tels qu'Albert Roussel, Jacques Ibert, Florent Schmitt ou Nadia Boulanger qui sont des familiers de leur appartement à Paris ou de La Marthoune »[5].

En 1941, le couple s'installe à Cimiez où il a pour voisin Henri Matisse.

Répertoire lyrique

Expositions

Réception critique

La cantatrice

  • « Parvenu à l'épanouissement d'un talent complet, son art du chant est basé sur un savoir extrêmement complet. Voix flexible, séduisante, justesse parfaite, sensibilité la plus délicate, son talent est d'un exceptionnel attrait. » - Stan Golestan, Le Figaro[2]
  • « Voix chaude et puissante, admirablement conduite, diction parfaite, style pur. Qu'elle chante du Jean-Baptiste Lully, Jean-Sébastien Bach ou des auteurs modernes, c'est la perfection même. » - Tristan Klingsor, Semaine musicale[2]
  • « Elle possède une délicieuse voix de soprano, d'une distinction et d'une clarté ravissante, lui permettant de savoureuses évocations. Elle n'ignore rien des sources d'une bonne technique vocale, sa diction est irréprochable et son style, plein de séduction et de vivacité, est de ceux qui s'imposent par le naturel. » - Paul Le Flem[2]
  • « Marthe Lebasque fait entendre une des plus jolies voix qui soient. » - Henry Malherbe[2]

L'artiste peintre

  • « Quel esprit endiablé ont les natures mortes de Marthe Lebasque... Des natures mortes de théâtre si raffinées. » - Raymond Escholier[19]
  • « Je louerai Marthe Lebasque du fait que, précisément, transparaît à travers ses œuvres la fraîcheur, la gaieté mélodieuse, le plaisir avoué de prendre qui les rend attrayantes, accessibles et d'où se dégage un optimisme grâcieusement communicatif. » - Robert Rey[19]
  • « Marthe Lebasque nous attire à sa fraîche palette, nous rappelle la place qu'elle tient entre les meilleures femmes-peintres d'à-présent et, sans se préoccuper de quelques formules, peint comme elle voit et comme elle respire. » - Édouard Louis Sarradin[19]
  • « Une artiste qui est d'abord intelligente, c'est Marthe Lebasque ; elle compose le moindre de ses tableaux, en dispose plutôt avec une surprenante objectivité. » - Jean Valmy-Baysse[19]
  • « Marthe Lebasque est une des plus délicieusement douées de sa génération, d'une délicatesse mélodieuse, ses compositions d'une jolie et sûre cadence. Il est aisé de percevoir qu'on est ici en présence d'une artiste personnelle, d'un talent frais, aisé, spontané et qui a pris un des premiers rangs parmi les meilleures d'aujourd'hui. Marthe Lebasque est une des plus raffinées de la féminine élite. » - Louis Vauxcelles[19]
  • « Ses peintures révèlent cet instinct aigu de la couleur, des dons exceptionnels et cette joie de peindre qui sont les marques d'un authentique talent. » - Waldemar-George[19]

Distinctions

Collections publiques

Œuvres de Marthe Lebasque

Représentations de Marthe Lebasque

  • Musée des beaux-arts d'Angers, La famille sous la lampe (Catherine Lebasque avec ses filles Marthe et « Nono »), huile sur toile d'Henri Lebasque, 50x50cm, vers 1905, dépôt du musée d'Orsay[21].
  • Tokyo Fuji Art Museum (en), Tokyo, Marthe Lebasque au violon, huile sur toile d'Henri Lebasque, Saint-Tropez, vers 1920[22].
  • Musée Albertina, Vienne, Sur le banc vert, Sanary (Marthe Lebasque assise en kimono), huile sur toile d'Henri Lebasque, 1911.

Références

  1. Catalogue Céramiques du XXe siècle, musée des arts décoratifs de Paris, 2008
  2. Claude Robert, Catalogue de la vente de l'atelier Carlos-Reymond et d'œuvres de Marthe Lebasque, Hôtel Drouot, 12 décembre 1983, « Marthe Lebasqque, une dynastie d'artistes », texte suivi d'extraits de presse, pages 22-23.
  3. André Salmon, La jeune peinture française, Albert Messien, 1912.
  4. La Libre Esthétique, catalogue de la seizième exposition, Bruxelles, mars-avril 1909. Le Portrait de Marthe Lebasque par Albert Marque est le n°169 du catalogue.
  5. R.L., « Carlos-Reymond », troisième catalogue de la vente de l'atelier de Carlos-Reymond et d'œuvres de Marthe Lebasque, Hôtel Drouot, 12 décembre 1983, page 2.
  6. France Orgue, concerts historiques à Paris, 1919-1972
  7. Le Guide du concert, n°6/20, 15 février 1920, page 159.
  8. Raoul Laparra, Le joueur de viole, livret
  9. Vie et œuvre de Ladislas de Rohozinski
  10. Revue mensuelle American ARTnews, New York, vol.XX, n°39, 19 août 1922.
  11. Société des femmes artistes modernes, catalogue de l'exposition de 1932 en ligne
  12. Paul Sentenac, « La vie littéraire - Les Salons de Paris », L'Express du Midi, mardi 26 juin 1934.
  13. Société des femmes artistes modernes, catalogue de l'exposition de 1935 en ligne
  14. Maurice Delépine, « Les arts - Œuvres de femmes : Hermine David, Adrienne Jouclard, Marie Laurencin, Marthe Lebasque, Mela Muter, Suzanne Valadon », Le Midi socialiste, 16 mars 1936, page 4.
  15. Paula J. Birnbaum, Women artists in Interwar France - Framing identities, Ashgate Publishing, 2011.
  16. Revue L'Art vivant, n°179, 1933.
  17. Petit Palais (musée des beaux-arts de la ville de Paris), carton d'invitation de l'exposition du Quinzième Groupe des artistes de ce temps, mars 1936
  18. Laurence Bertrand Dorléac, L'art de la défaite - 1940-1944, Éditions du Seuil, 1993.
  19. >Claude Robert, Catalogue de la vente de l'atelier de Carlos-Reymond et d'œuvres de Marthe Lebasque, Hôtel Drouot, 19 mars 1981, « critiques de Marthe Lebasque », pages 30-31.
  20. Centre national des arts plastiqes, Marthe Lebasque dans les collections, dépôt au musée Jules-Chéret
  21. Musée des beaux-arts d'Angers, Henri Lebasque dans les collections
  22. Tokyo Fuji Art Museum, Henri Lebasque dans les collections

Bibliographie

  • Maurice Raynal, « Le futur dévoilé... L'avenir est aux femmes peintres », L'Intransigeant, .
  • Claude Robert, commissaire-priseur, trois catalogues de ventes de l'atelier de Carlos-Reymond et d'œuvres de Marthe Lebasque, Hôtel Drouot, Paris, , , .
  • Pierre Cornette de Saint-Cyr, commissaire-priseur, Marthe Lebasque - Carlos Reymond, Hôtel Drouot, Paris, .
  • Laurence Bertrand Dorléac, L'art de la défaite - 1940-1944, Éditions du Seuil, 1993.
  • Paula J. Birnbaum, Women artists in Interwar France - Framing feminities, Ashgate Publishing, 2011.
  • Rebecca Rogers et Myrian Boussahba-Bravard, Women in international and universal exhibitions, 1876-1937, Routledge Research in Gender and History, 2017.

Liens externes

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