Miguel de Bragança (1878-1923)

Miguel de Bragança (en français: Michel de Bragance), né le et mort le [1], était un membre de la maison de Bragance et portait le titre de courtoisie de duc de Viseu. Il était le plus âgé des enfants du prétendant miguéliste au trône du Portugal, Miguel de Bragança. ll épousa une héritière américaine en 1909, dont ils eut trois enfants. Son père et lui renoncèrent au trône en 1920, pour favoriser l'union d'une partie des monarchistes portugais.

Pour les articles homonymes, voir Michel de Bragance (1853-1927) et Miguel de Bragance (1946).
Miguel de Bragança
Miguel de Bragança
Biographie
Titulature duc de Viseu
Dynastie maison de Bragance
Nom de naissance Miguel Maria Sebastião Maximiliano Rafael Gabriel Gonzaga Francisco d'Assis e de Paula Eustachio Carlos Afonso José Henrique Alberto Clemente lgnacio Martinho Antonio Gerardo Jorge Emmeric Mauricio de Thurn e Taxis de Bragança
Naissance
Reichenau an der Rax, Autriche-Hongrie
Décès
New York (État de New York), États-Unis
Père Miguel de Bragance
Mère Elisabeth von Thurn und Taxis
Conjoints Anita Stewart
Enfants Nadejda de Bragança
John de Bragança
Miguel de Bragança

Jeunesse

Miguel (en haut à droite) avec son père, son frère François-Joseph et sa sœur Marie-Thérèse.

Miguel Maria Sebastião Maximiliano Rafael Gabriel Gonzaga Francisco d'Assis e de Paula Eustachio Carlos Afonso José Henrique Alberto Clemente lgnacio Martinho Antonio Gerardo Jorge Emmeric Mauricio de Bragança[2] est né à Reichenau an der Rax, en Autriche-Hongrie. Il était le fils aîné et héritier du prétendant miguéliste au trône de Portugal, Michel de Bragance, et de sa première épouse, la princesse Élisabeth von Thurn und Taxis.

Le père de Miguel était le chef de la branche cadette des Bragance (qui deviendra aînée en 1891), exilée en vertu de la loi portugaise de bannissement de 1834 et de la constitution de 1838, ce qui était dû à ce que, en 1828, son grand-père Michel avait usurpé le trône de Portugal qui revenait à sa nièce, la reine Marie II. Il avait régné comme roi jusqu'en 1834, date de la restauration de Marie II.

Comme son père, Miguel embrassa une carrière militaire et servit dans un régiment de cavalerie du royaume de Saxe. Le , alors que Miguel roulait vers la ville dans une Phaeton après avoir assisté à un dîner dans une maison de campagne, sa voiture fut happé par les roues de la voiture du prince Albert de Saxe, le fils du prince Georges, et le neveu du roi régnant Albert. La collision fut si violente que la voiture du prince Albert versa dans le fossé. Le prince Albert mourut quelques heures après. Parce qu'il ne put pu être déterminé si l'accident était intentionnel Miguel échappa à la cour martiale, mais il fut forcé de renoncer à son commandement dans l'armée et dut quitter le pays[3].

Un an plus tard, il provoqua une nouvelle controverse quand il fut établi que, pendant que le roi Charles Ier rendait visite au Royaume-Uni, Miguel était entré au Portugal pour aider un soulèvement contre le roi. Lorsque cela fut découvert, il devint effectivement un paria[4].

Mariage

Le , à Londres, Miguel annonça ses fiançiailles avec l'héritière américaine, Anita Stewart, fille de William Rhinelander Stewart et Annie Armstrong[5]. Après que ses parents eurent divorcé, en , sa mère épousa le milliardaire James Henry Smith[6]. Miguel et Anita Stewart se marièrent au château de Tulloc[7]près de Dingwall en Écosse le [1]. La cérémonie religieuse eut lieu dans la chapelle catholique Saint-Laurent, à Dingwall. Les époux furent unis par l'évêque catholique d'Aberdeen, Mgr Aeneas Chisholm (en), qui lut la bénédiction du pape[8] et rappela qu'en 1336 [sic] le roi Jean Ier de Portugal était venu en Écosse se marier avec Philippa de Lancastre[9]. Ce mariage permit à Miguel de garder son rang dans l'ordre de succession car les mariages morganatiques n'existaient pas dans la loi portugaise[10].

Juste avant le mariage, Anita Stewart fut titrée « princesse de Bragance » par l'empereur d'Autriche, François-Joseph[11]. Ce fut le premier mariage royal en Écosse depuis l'époque des Stuart[12].

De leur mariage Miguel et sa femme eurent trois enfants ; Nadejda, John et Miguel[1]. Les enfants, « infante et infants de Portugal » pour les miguelistes, furent élevés au rang de prince et princesse[Par qui ?] jusqu'en 1920 lorsque le mariage du prince Miguel fut déclaré non dynaste[réf. nécessaire][13].

Enfants

Nom Naissance Mort Notes
Nadejda de Bragança[14] Isabel Maria Teresa Micaela Rafaela Gabriela Nadejda de Bragança

Fut mariée d'abord en 1930 à Włodzimierz Dorożyński dont elle eut un fils avant de divorcer en 1932. Elle fut mariée pour la deuxième fois à Londres le à René Millet (1910-1978). Elle est morte après une chute qui fut requalifiée plus tard en suicide.

John de Bragança 7 September 1912 12 March 1991 John Miguel Guilherme Aloísio Maria José Rafael Gabriel Francisco de Assis Carlos Henrique António Sebastião Huberto de Bragança

Diplômé de Harvard, il servit dans la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir vice-président et trésorier de la Rhinelander Real Estate Company.(ref 18) une banque d'investissement. Il fut d'abord marié, le , à New York avec Winifred Dodge Seyburn (1917-2010), petite-fille du pionnier de l'automobile de Détroit, John Dodge — dont il eut un fils, Miguel, avant de divorcer en 1953. Il fut ensuite marié, le , avec Katharine Bahnson, née King (1921-2007)[15].

Miguel de Bragança Miguel Luís Guilherme Maria de Bragança

Il travailla comme pilote civil et fut marié, à Miami le , avec Anne Hughson dont il eut deux enfants, Anita (née en 1947) et Michael (né en 1953).

Reste de son âge

Peu de temps avant son mariage, Miguel fut assigné en justice par un syndicat qui lui avait prêté de l'argent quelques années avant alors qu'il avait des difficultés financières. Après avoir promis de rembourser le syndicat par un cinquième de toute la dot, il put contracter le mariage. Par la suite, il essaya de rembourser son emprunt[16] et bien qu'il ait payé la majorité de ses créanciers, certains étaient mécontents et firent saisir ses meubles et divers biens qui furent vendus aux enchères[17].

Après son mariage Miguel fut gratifié du titre de courtoisie de « duc de Viseu » par son père, mais ce titre ne fut pas reconnu par le roi Manuel II, qui estimait être le seul à pouvoir l'octroyer[18].

En 1911-1912, Miguel participa aux soulèvements pro-monarchistes conduits par Henrique Mitchell de Paiva Couceiro, dans une tentative infructueuse de renverser la Première République[19]. Il fut aussi très actif dans la collecte de fonds pour financer ces soulèvements[20].

Plus tard, Miguel trouva du travail à Londres où il fut employé comme courtier par la firme Basil Montgomery, Fitzgerald et co[18]. Bien que forcé de démissionner de l'armée portugaise, il retourna servir dans le corps motorisé de l'armée allemande pendant la Première Guerre mondiale atteignant le rang de capitaine[21].

Après l'échec du soulèvement royaliste de 1919 (appelé « monarchie du Nord »), les royalistes de l'Intégralisme lusitanien cessèrent de soutenir l'ancien roi Manuel II et conclurent avec les miguelistes du Parti légitimiste, l'accord de Bronnbach (de)[22] : les intégralistes se ralliaient à la branche migueliste des Bragance, à la condition que le duc de Bragance et son fils aîné, le duc de Viseu, renoncent à leurs droits en faveur du jeune Édouard de Bragance (demi-frère du duc de Viseu, et troisième fils du duc de Bragance). En effet, les intégralistes ne voulaient pas[23] de « Michel II » et de son fils aîné, qui avaient soutenu les Empires centraux (ils avaient servi, les uns dans l'armée autrichienne — « Michel II » était Feldmarschall-Leutnant, et son deuxième fils, François-Joseph (pt) (1879-1919), était filleul de l'empereur éponyme —, l'autre — le fils aîné, Michel, « duc de Viseu » — dans l'armée allemande comme capitaine[24]) pendant la Première Guerre mondiale. Des représentants des deux mouvements monarchistes furent reçus[25] le au château de Bronnbach (de) (dans l'ancien grand-duché de Bade), par le prétendant migueliste, son épouse et leur héritier. Le , Miguel de Bragance, « duc de Viseu », renonça[26], pour lui-même et ses descendants, à ses « droits » de succession au trône. Son père y renonça aussi, dix jours plus tard. Pour les légitimistes et pour les intégralistes, Édouard de Bragance (Duarte Nuno de Bragança) devenait le nouveau prétendant, sous le nom d'« Édouard II ».

Plus tard, Miguel de Bragance s'établit à New York, où il vendit de l'assurance-vie (« Royal Prince Sells Life Insurance Here. » - p. 1 du New York Times daté du ), avant d'y mourir d'une pneumonie contractée à la suite d'une grippe[27], le .

Généalogie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Pierre III
 
 
 
 
 
 
 
8. Jean VI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Marie Ière de Portugal
 
 
 
 
 
 
 
4. Michel Ier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Charles IV d'Espagne
 
 
 
 
 
 
 
9. Charlotte d'Espagne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Marie-Louise de Parme
 
 
 
 
 
 
 
2. Michel de Bragance
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Charles de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
10. Constantin de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Countess Sophie Luise of Windisch-Grätz
 
 
 
 
 
 
 
5. Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Charles-Louis de Hohenlohe-Langenbourg
 
 
 
 
 
 
 
11. Agnès de Hohenlohe-Langenbourg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Amélie-Henriette de Solms-Baruth
 
 
 
 
 
 
 
1. Miguel de Bragança, duc de Viseu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Charles-Alexandre de Tour et Taxis
 
 
 
 
 
 
 
12. Maximilian Karl, 6th Prince of Thurn and Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Thérèse de Mecklembourg-Strelitz
 
 
 
 
 
 
 
6. Maximilien de Tour et Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Ernst, Baron of Dörnberg
 
 
 
 
 
 
 
13. Baroness Wilhelmine of Dörnberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Wilhelmine Henriette Maximiliane von Glauburg
 
 
 
 
 
 
 
3. Princess Elisabeth of Thurn and Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Pie Auguste en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
14. Maximilien en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Amélie Louise d'Arenberg
 
 
 
 
 
 
 
7. Hélène en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Maximilien Ier de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
15. Ludovica de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Caroline de Bade
 
 
 
 
 
 

Titulature

  •  : Son Altesse royale Miguel de Bragança, infant de Portugal (naissance) ;
  •  :Son Altesse royale le duc de Viseu.

Voir aussi

Références

  1. (en) Charlotte Pike, Almanach de Gotha, 182nd, (ISBN 0-9532142-0-6), p. 186
  2. (pt) F.A. Silva, Resenha das familias titulares e grandes de Portugal., , p. 42
  3. « A Veteran Diplomat: « Where Americans Lose Caste », New York Times, daté du page SM2 ».
  4. DOM MIGUEL. THE THRONE OF PORTUGAL, vol. LXXIV, Evening post, (lire en ligne), p. 12
  5.  : « Anita Stewart Will Wed Prince Miguel; Holds To Her Faith », p. 1 du New York Times daté du
  6. Anita Stewart Will Wed Prince Miguel, New York Times, , p. 1
  7. Liste des châteaux de Highland
  8. https://cdnc.ucr.edu/cgi-bin/cdnc?a=d&d=LAH19090916.2.33
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k534458t/f2
  10. « Miss Stewart Weds; Holds To Her Faith », p. no 1 du New York Times daté du
  11. « Miss Stewart A Princess », p. no 1 de l'Evening Post daté du
  12. « Portuguese Prince Married », p. no 7 dans l'Evening Post daté du
  13. « Genealogy of the Royal House of Portugal », Guy Stair Sainty ; publié par « Chivalric Orders »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?).
  14. (en) Neil Pearson, Obelisk : A History of Jack Kahane and the Obelisk Press, , 528 p. (ISBN 978-1-78138-783-2, lire en ligne), p. 328.
  15. (ang) "John de Braganca, Investment Banker, 79", The New York Times, 15 Mars 1991.
  16. « Braganza Sued For Million - p. 1 du New York Times daté du »
  17. « Braganza's Effects Seized. » - p. 1 du New York Times daté du
  18. (en) « Braganza A Broker's Clerk », The New York Times, (lire en ligne, consulté le 11 février 2017)
  19. Guy Coutant de Saisseval, (1966). Les Maisons Impériales et Royales d'Europe. Éditions du Palais-Royal. p. 427 (1966).
  20. « '"Braganza Gets $10,000,000". - p. 6 du New York Times daté du . »
  21. « "Prince Miguel Promoted"-p 11 du New York Times daté du . »
  22. (es) José J. Albert Márquez, Hacia un estado corporativo de justicia. Fundamentos del derecho y del estado en josé pedro galvao de sousa., , 230 p. (ISBN 978-84-15929-28-4, lire en ligne), p. 105.
  23. O integralismo lusitano nas origens do salazarismo, Manuel Braga da Cruz, Análise Social vol XVIII (70), 1982-1.º, p. 143, note 20.
  24. PRINCE MIGUEL PROMOTED. Husband of Miss Anita Stewart Now a German Captain. : The New York Times, .
  25. https://archive.org/stream/questodinsti00junt#page/42/mode/2up
  26. https://archive.org/stream/questodinsti00junt#page/46/mode/2up
  27. « "Prince Miguel Dies From Pneumonia. - p. 15 du New York Times daté du . »
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