Nicolas Kempf

Nicolas Kempf, né en 1414 à Strasbourg (Saint-Empire romain germanique) et mort en 1497 à la chartreuse de Gaming en Autriche, est un moine chartreux du XVe siècle. Il a laissé de nombreux écrits portant sur des questions de philosophie, sur le rapport entre théologie spéculative et vie de prière, sur la vie religieuse, sur l'exégèse, sur la liturgie ainsi que de nombreux sermons et des lettres[1].

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Nicolas Kempf
Naissance

Strasbourg
Décès
École/tradition
Principaux intérêts
Vie contemplative, théologie mystique
Idées remarquables
Accord entre théologie scolastique et théologie mystique
Œuvres principales
Tractatus de mystica theologia, Expositiones mysticae in Cantica canticorum, Dialogus de recto studiorum fine ac ordine
Influencé par

Ayant reçu une formation universitaire à Vienne, il devient moine-ermite dans l'ordre des chartreux en 1440. Il fut ensuite prieur de différentes maisons de la province autrichienne des chartreux, maisons aujourd'hui situées en Autriche ou en Slovénie : les chartreuses de Gaming, de Geirach (Jurklošter) et de Pleterje. En référence à sa ville natale, il peut aussi être appelé Nicolas de Strasbourg ou, en latin, Nicolas de Argentina[2].

La plus grande partie de l'œuvre de Nicolas Kempf n'a jamais été publiée et n'est consultable que sur des manuscrits latins conservés dans des bibliothèques d'Europe centrale. Les quelques textes récemment traduits et édités intéressent principalement pour la façon dont leur auteur a considéré, notamment dans son Tractatus de mystica theologia, le rapport entre la théologie mystique et la théologie scolastique ou spéculative.

Biographie

L'université de Vienne au XVe siècle

Une source remontant au XVIIIe siècle voulait que Nicolas Kempf soit mort centenaire en 1497[1]. Ainsi en 1922, dans le Dictionnaire de Théologie Catholique, dom Stanislaus Autore situait sa date de naissance en 1397[3]. Cependant cette date est incompatible avec l'âge auquel Nicolas Kempf est susceptible d'avoir été étudiant et obtenu ses diplômes. Selon Heinrich Rüthing, Nicolas Kempf est plus probablement né en 1414 à Strasbourg. Il reçut une première formation universitaire dans cette ville avant de venir à Vienne où il est étudiant en 1433. Il obtient ses diplômes à l'université de Vienne : bachelier ès art en 1435, master actu regens en 1437[1].

Charteuse de Geirach, Jurklošter aujourd'hui en Slovénie, autrefois en dans la province autrichienne de Styrie

Après ces études, il entre à la chartreuse de Gaming en Autriche. Il y prend l'habit de religieux le [3]. Son entrée chez les chartreux est suivie de celles de nombreux autres étudiants et diplômés de l'université de Vienne. De 1447 à 1451 il est prieur de la chartreuse de Geirach (à Jurklošter, aujourd'hui en Slovénie, alors comprise dans la région autrichienne de Styrie), puis, de 1451 à 1458 prieur de la chartreuse de Gaming. Pendant les sept années de ce priorat, la chartreuse de Gaming connait une recrudescence importante du nombre d'entrées avec quinze nouveaux moines et quatre nouveaux convers[1].

En 1458 Nicolas Kempf fait un bref séjour dans sa ville natale de Strasbourg, puis il part au sud de l'Autriche, dans l'actuelle Slovénie, pour être prieur de la chartreuse de Pleterje. Il reste prieur de cette chartreuse de 1462 à 1467, date à laquelle il revient à la chartreuse de Geirach où il exerce un long priorat de vingt-trois années, jusqu'en 1490. Il revient ensuite dans la chartreuse de Gaming où il termine ses jours le [1].

Œuvre

  • Explanatio in Cantica Cantorum
  • De discretione
  • De mystica theologia
  • De ostensione
  • De proponentibus
  • De recto studiorum fine ac ordine
  • Sermones super epistolas
  • Sermones super evangelia

Voir aussi

Références

  1. Heirich Rüthing, « Nicolas Kempf » dans Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, vol. 8, col. 1699-1703, Paris, Beauschesne, 1974.
  2. Ne pas confondre avec Nicolas de Strasbourg (de), mort en 1331, inquisiteur dominicain qui s'est prononcé en faveur de Maître Eckhart
  3. Stanislaus Autore, « Nicolas Kempf » dans Dictionnaire de Théologie Catholique, vol. 8, col. 2337-2339, Paris, Letouzey et Ané, 1924.

Bibliographie

Notices biographiques

  • Heirich Rüthing, « Nicolas Kempf » dans Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, vol. 8, col. 1699-1703, Paris, Beauschesne, 1974.
  • Stanislaus Autore, « Nicolas Kempf » dans Dictionnaire de Théologie Catholique, vol. 8, col. 2337-2339, Paris, Letouzey et Ané, 1924.
  • Francis Rapp, « Nicolas Kempf », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 20, p. 1922

Éditions

  • Nicolas Kempf, Tractatus de mystica theologia, trad. et éd. Jeanne Barbet, Francis Ruello et. K. Jellouschek, coll. Analecta Cartusiana 9, 2 vol., Slazbourg, 1973.

Études

  • Jeanne Barbet et Francis Ruello, « Nicolas Kempf » dans Hugues de Balma, Théologie mystique, tome I, Paris, Cerf, Sources chrétiennes 408, 1995, pp. ... (ISBN 2204051152)
  • Pierre Miquel, « Nicolas Kempf, un témoin tardif », dans Le vocabulaire latin de l'expérience spirituelle dans la tradition monastique et canoniale de 1050 à 1250, Paris, Beauchesne, Théologie historique 79, 1989, pp. ... (ISBN 2-7010-1150-7)

Articles connexes

Liens externes

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