Noureddine Zaza

Noureddine Zaza est un homme politique, écrivain, éditeur, poète et humaniste kurde, né le à Maden en Turquie, et décédé à Lausanne le .

Noureddine Zaza
Biographie
Naissance

Maden (Turquie)
Décès
(à 69 ans)
Lausanne (Suisse)
Nationalité
Activité
Conjoint
Gilberte Favre

Biographie

Né dans une famille de notables kurdes, très ouverts sur le monde et généreux, il a six ans lorsqu'il est confronté au drame kurde, quand son père et son frère sont emprisonnés, au moment de l'avènement de Mustafa Kemal[1]. Dès l'âge de dix ans, orphelin exilé en Syrie, il étudie dans les lycées français tout en fréquentant les milieux nationalistes kurdes.

Après avoir tenté de rejoindre le général Mustafa Barzani, il est emprisonné pendant un an en Irak alors sous mandat britannique[1]. Il y est condamné initialement à la peine de mort, en raison de ses relations suivies avec des chefs kurdes irakiens en révolte contre leur gouvernement[2].

Il étudie ensuite la médecine et les sciences politiques aux Universités américaine et St Joseph de Beyrouth où il obtient son diplôme de sciences politiques. Il étudie à l'université de Lausanne et passe son doctorat en science politique, consacrant sa thèse à la notion d'engagement chez Emmanuel Mounier (Editions Droz, Genève).

Parallèlement à ses études, durant son séjour en Suisse, il occupe une grande partie de son temps à sensibiliser l'opinion européenne à la question kurde. En 1949, il fait la connaissance d'Îsmet Şerîf Wanlî (1924-2011) qui vient d'arriver à l'université de Lausanne pour y poursuivre ses études. En 1956, avec d'autres étudiants et intellectuels kurdes, les deux hommes fondent la première association étudiante kurde d'Europe, la Kurdish Students Society in Europe (KSSE). Au départ, il s'agit d'une association culturelle, mais, en raison de l'évolution des événements au Kurdistan, elle va avoir de plus en plus d'implications politiques, en particulier à partie de 1961, lorsque commence le grand mouvement de révolte de Mustafa Barzani en Irak. Si les effectifs et les moyens de l'association sont assez faibles, ce sont paradoxalement les ambassades turques, irakiennes et iraniennes qui, en dénonçant de manière systématique et officielle les « agissements » de ce « centre de propagande kurde européen », vont faire accroître l'influence et l'audience de la KSSE. L'association aura 500 membres en 1969, présents dans quinze pays européens, et 3 000 en 1975[3].

Noureddine Zaza édite et rédige aussi une revue en français et en kurde, La Voix du Kurdistan. Son séjour suisse qui durera neuf ans lui fera connaître de solides amis, dont le brillant avocat et conseiller national socialiste Gilbert Bächtold (1921-1996)[1].

Il retourne alors en Syrie en 1956 avec comme dessein de faire reconnaitre les droits culturels et humains du peuple kurde.Avec l'aide du leader kurde irakien Jalal Talabani Il crée le Parti démocratique du Kurdistan de Syrie en 1957 dont il sera le premier président[4]. Ses responsabilités lui valurent de nombreuses années de prison où il connut la torture.

En 1957, il rééditera clandestinement, avec une préface de sa plume, l'épopée kurde Mamé Alan (Destana Memê Alan) qui circule au Moyen-Orient sous le manteau.

(Ce classique de la littérature kurde a fait l'objet d'une réédition en français en 1999 chez Gallimard, dans la collection L'aube des peuples).

En 1961, le procureur du Tribunal militaire de Damas requerra contre lui la peine de mort. Il y échappera de justesse grâce à des pétitions internationales[1]. et au soutien de son ami avocat Gilbert Bächtold.

Après la prison, ce sera l'exil forcé dans le Djebel Druze et en 1967, il retourne dans son Kurdistan natal. À la suite de la trahison d'un membre de sa famille, il est poursuivi par la police politique et les persécutions continuent. Il est contraint à l'exil et se réfugie en Suisse où il retrouve ses anciens amis et rencontre la journaliste et écrivain Gilberte Favre, familière du Moyen-Orient, qu'il épouse en 1972. Ils auront un fils, Chango, qui naîtra en 1973. Il est naturalisé Suisse[5] en 1978.

Noureddine Zaza consacrera son séjour en Suisse à sa famille, à l'enseignement, à l'écriture de ses mémoires, Ma vie de kurde, parues en 1983 aux éditions Favre (qui sera ensuite traduit en turc, en arabe et en kurde) et à faire résonner la culture kurde par des émissions de radio et télévision et des conférences, ainsi qu'à la défense des droits de l'homme, partout dans le monde. Noureddine Zaza est décédé d'un cancer à Lausanne le . Il repose au cimetière de Bois de Vaux.

Au-delà de la cause kurde qui était son combat d'une vie, Noureddine Zaza était un humaniste qui combattait les injustices aux quotidien. Un prix qui porte son nom a été créé[réf. souhaitée]. Il récompense des écrivains et journalistes courageux et soucieux d'éclairer l'opinion sur des sujets souvent gardés dans le silence.

« Tant que l'être humain continuera à être piétiné et persécuté un peu partout à travers le monde, l'humanité ne pourra pas rêver de jours meilleurs ».

Un livre d'hommage a été publié à Lausanne (Editions Z, www.editionz.ch) afin de commémorer le 100 me anniversaire de Noureddine Zaza en 2019. Des séminaires ont été organisés à Paris et à Stockholm[réf. souhaitée].

Œuvres

  • Contes et poèmes kurdes, Editions Peuple et création, Lausanne, 1974.
  • Ma vie de Kurde ou le Cri du peuple kurde, Lausanne/Paris, éditions P.M. Favre, 1982. 2e éd. 1993. [Une réédition, ainsi qu'une traduction en anglais seraient prévues pour 2020].

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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