Otto Rahn

Otto Rahn (1904-1939), est écrivain et archéologue autodidacte allemand, officier de la SS. Il est l'auteur de deux ouvrages consacrés à la légende du Graal et à la croisade contre les Albigeois, Croisade contre le Graal (1933) et La Cour de Lucifer (1937).

Pour les articles homonymes, voir Rahn.
Otto Rahn
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Allégeance
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Membre de

Biographie

Enfance et études

Otto Rahn est né en 1904 à Michelstadt dans l'arrondissement d'Odenwald (Hesse), fils aîné d'un juriste allemand, Karl Rahn (1875-1959), et de sa femme, d'origine juive, Clara Margareth (née Hamburger) (1881-1971).

En 1910, les Rahn s'installent dans la ville de Bingen am Rhein dont le jeune Otto fréquente le Gymnasium jusqu'à l'éclatement de la Première Guerre mondiale. Otto Rahn se passionne pour les mythes et épopées germaniques, comme celle de Siegfried « le tueur de dragons ». Il s'éloigne également du christianisme dans lequel il est élevé, et se rapproche des traditions païennes, ce qui lui vaudra de dire plus tard : « Mes ancêtres étaient païens et mes aïeux hérétiques ».

Il poursuit ses études à Giessen et y décroche son Abitur (le baccalauréat allemand) en 1922. C'est là que naît, sous la conduite de Freiherr von Gall, son professeur de religion, sa fascination pour les cathares. Il s'intéresse aussi aux troubadours ; aux trouvères, tel Guiot de Provins ; mais également aux Minnesänger tel Wolfram von Eschenbach.

Rahn commence alors des études de droit, d'abord à Giessen, puis à l'université de Fribourg-en-Brisgau et enfin à l'université de Heidelberg. Durant celles-ci, il se met à fréquenter le cercle constitué autour du poète Stefan George, notamment son professeur d'histoire littéraire, Friedrich Gundolf. En 1925, il interrompt ses études pour travailler comme voyageur représentant placier pour divers éditeurs. Il garde néanmoins des contacts avec son cercle littéraire et, en 1928, complète ses études universitaires en littérature et philologie. Il fait alors la connaissance du poète et écrivain Albert H. Rausch[1],[2].

Voyages d'étude en pays cathare

Rahn a mené plusieurs expéditions en Ariège où il espérait prouver la véracité historique de la légende de Parzival de Wolfram von Eschenbach, trouver le Graal qu'il croyait être un symbole païen, confirmer que le Montsalvat de la légende est le château de Montségur. Il y rencontra, entre autres, Antonin Gadal, Maurice Magre, Déodat Roché et la comtesse de Pujol-Murat.

« La thèse d'Otto Rahn consistait pour l'essentiel à assimiler le château de Montségur à Montsalvage, le légendaire château du Graal, pour des raisons étymologiques. »

 René Nelli, préface de Croisade contre le Graal

Dans la SS

Malgré l'insuccès de son premier ouvrage, il attire l'attention de Heinrich Himmler, qui s'intéresse aux thèmes ésotériques ; au point qu'Himmler offre La Cour de Lucifer à Hitler pour son anniversaire, le . Il aborde d'ailleurs sur la fin de ce livre des thématiques typiquement nordiques et se détachant très nettement de la recherche du Graal en se référant à l'Edda et en citant les noms de divinités de la mythologie scandinave comme Odin, Balder, Thor, Hel et Widar. Il évoque également la source d'Urd, Yggdrasil et le Ragnarök. Il justifie également le sacrifice rituel qui est, selon lui, un acte désintéressé permettant se s'intégrer à la communauté cosmique.

Rahn entre dans la Schutzstaffel (SS) comme archéologue en 1935 pour pouvoir effectuer ses recherches sur le catharisme. Incorporé à l'état-major de Himmler, il y rencontre Karl Wolff et entretient des relations avec le mystérieux Karl Maria Wiligut, surnommé « le Raspoutine de Himmler ». Sa progression rapide dans la hiérarchie SS l'amène au grade de Obersturmführer.

Mort

Sa mort fut sujette à différentes hypothèses. Gérard de Sède dans son livre "Le trésor Cathare" diffuse des rumeurs sur sa décapitation dans un camp de concentration alors que Saint-Loup dans son roman " Nouveaux cathares pour Montségur" explore une autre hypothèse suite à une enquête effectuée auprès des autorités de la République fédérale de Bonn grâce à laquelle des papiers laissés par Alfred Rosenberg indiquant une autre explication de sa mort furent découverts: Il se serait donné la mort en absorbant une dose de cyanure au sommet d'une montagne de Kufstein pour des raisons politico-mystique et intimes non précisées. Son corps aurait été retrouvé congelé, le , sur le glacier du massif de l'Empereur. Saint-Loup a supposé qu'Otto Rahn qui était pacifiste ne pouvait pas soutenir les ambitions guerrières du IIIème Reich. Il suivit alors la coutume cathare de l'Endura, un suicide rituel.[3]

"Otto Rahn critique âprement le dessein du führer. Pour lui Hitler se laisse acculer à une aventure de caractère napoléonien. La conquête des espaces de l'Est- la terre donc la matière- représente le choix du dieu mauvais contre le dieu bon." Saint-Loup, Nouveaux cathares pour Montségur

Certains ont rattaché sa mort à son homosexualité supposée. Toutefois, dans son étude biographique sur Otto Rahn, Christian Bernadac défend l'hypothèse qu'Otto Rahn n'aurait pas été radié de la SS pour son homosexualité mais pour sa judaïté, ne serait pas mort mais aurait continué sa carrière au service du IIIe Reich, sous le nom de Rudolf Rahn, qui ne ferait qu'un seul personnage avec Otto Rahn. En fait, Otto Rahn a été « suicidé » sur ordre d'Hitler en 1939 au Wilder Kaiser. Rudolf Hahn étant son frère cadet et ne doit pas être confondu avec Rudolf Rahn diplomate allemand de la république de Weimar et du IIIe Reich. Au moment de sa mort, Otto Hahn était fiancé à Asta Bach (née Holtz).

Postérité

Otto Rahn est considéré comme l'une des sources d'inspiration de l'intrigue des premier et troisième films de la série Indiana Jones de Steven Spielberg[4]. Le personnage figure également dans le complot imaginé par Philip Kerr dans le deuxième tome de sa Trilogie berlinoise. Il est l'un des personnages du premier tome de la série de bande dessinée Le Grand Jeu.

Œuvres

  • Otto Rahn, Croisade contre le Graal (Kreuzzug gegen den Gral, die Geschichte der Albigenser, 1933), préfacé par René Nelli, Éd. Philippe Schrauben, 1985.
  • Otto Rahn, La Cour de Lucifer (Luzifers Hofgesind, eine Reise zu den guten Geistern Europas, 1937).

Films


Bibliographie

  • Jacques Bergier et Louis Pauwels, Le Matin des magiciens, Gallimard, Paris, 1960
  • Christian Bernadac, Le mystère Otto Rahn, du catharisme au nazisme, France-Empire, Paris, 1978
  • Mario Baudino, Otto Rahn - Faux cathare et vrai nazi, Privat, Toulouse, 2007
  • Kate Mosse, Citadelles, éditions Jean-Claude Lattes, 2012
  • Goulven Peron, Dictionnaire des lieux arthuriens, Ar Strobineller, Argelès-sur-Mer, 2014
  • Saint-Loup, Nouveaux cathares pour Montségur (roman), Presses de la Cité, Paris, 1969

Liens externes

Notes et références

  1. Victor Trimondi: Hitler, Buddha, Krishna – eine unheilige Allianz vom Dritten Reich bis heute. Ueberreuter 2002, pp. 264–265.
  2. Franz Wegener: Alfred Schuler, der letzte deutsche Katharer. Gnosis, Nationalsozialismus und mystische Blutleuchte. Gladbeck 2003, (ISBN 3-931300-11-0), pp. 67–69.
  3. Angebert, Jean-Michel. VerfasserIn., Hitler et la tradition cathare (OCLC 989977751, lire en ligne)
  4. [vidéo] Un film, une histoire « Indiana Jones », un documentaire de David Hickman (en), 46 min, Blink Films, 2008.
  • Portail de la littérature
  • Portail de l’archéologie
  • Portail de l’Allemagne
  • Portail de la Seconde Guerre mondiale
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.