Pic d'Anie

Le pic d'Anie est un sommet des Pyrénées françaises, d'une altitude de 2 504 mètres. Situé sur la commune de Lées-Athas, c’est le plus haut sommet du cirque de Lescun, en vallée d'Aspe, dans le Béarn.

Pour les articles homonymes, voir Auñamendi (homonymie) et Anie.

Pic d'Anie

Le Pic d'Anie vu depuis la Table des Trois Rois
Géographie
Altitude 2 504 m
Massif Larra-Belagua (Pyrénées)
Coordonnées 42° 56′ 40″ nord, 0° 43′ 14″ ouest
Administration
Pays France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Ascension
Première par Flamichon
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

Toponymie

Le nom français Anie provient d’une forme dialectale basque (souletine ou roncalaise) añe du terme ahuña « chevreau ». Il est connu au Pays basque sous le nom Ahuñamendi[1] ou Auñamendi, « montagne des chevrettes ».

Géographie

Topographie

Il est situé sur le territoire de la commune de Lées-Athas, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, près du col de La Pierre Saint-Martin, à l'ouest du cirque de Lescun.

À l'est du pic d'Anie se trouve le spectaculaire karst de Larra (massif de Larra-Belagua), un immense lapiaz calcaire datant du Crétacé[2], rempli de trous et de fissures, sans la moindre trace d'eau en surface, appelé « les Arres d'Anie ». C'est dans ces anfractuosités que se trouvent de nombreux gouffres, dont le gouffre de la Pierre-Saint-Martin.

Les 3 principaux accès au pic sont Belagua, la Pierre-Saint-Martin et Lescun, connu également sous le nom de versant français.

Géologie

Le karst des Arres d'Anie, de près de 200 m d'épaisseur, est composé de fissures verticales dans lesquelles le carbonate de calcium circule sous l'effet des pluies, car il est très soluble dans l'eau. L'eau, en s'infiltrant, atteint la surface du substrat hercynien (Dévonien et Carbonifère), composé de schistes qui empêchent une infiltration plus profonde des eaux. Celles-ci rejoignent les rivières pour aller se jeter dans l'océan. La coupole du pic d'Anie est la base de ce système karstique.

L'ancien glacier de Lescun a modelé une immense cuvette en forme de U délimitée par la muraille des orgues de Camplong où se situe la cabane de Cap de la Baitch[3].

Climat

Histoire

Pic d'Anie

Le , eut lieu la première ascension connue, par l'ingénieur géographe Flamichon. Il s'agit sur un plan historique de la troisième ascension répertoriée pour le massif pyrénéen [réf. nécessaire]. Voici le récit de Flamichon :

« J’allai passer la nuit dans une cabane de pasteur, au pied de la montagne d’Anie, pour être plus à portée de gravir sur son sommet, le lendemain de grand matin. Le jour suivant, 28 juillet [1771], je partis à 3 heures du matin du pied d’Anie. Après beaucoup de fatigues, et après avoir passé sur plusieurs ponts de neige, j’atteignis son sommet vers les 9 heures. »

 Jean Latapie, Théorie de la Terre, déduite de l’organisation des Pyrénées et des pays adjacens, Pau, Tonnet, 1816, pp. 117-118.

Légendes

Dans la mythologie basque, et plus généralement pyrénéenne, le sommet du pic d'Anie était considéré comme le domaine du Jaunagorri (le seigneur rouge). Il y avait un jardin merveilleux où poussaient des fruits d'immortalité. Mais les audacieux qui tentaient de s'en emparer étaient repoussés par des orages ou des tempêtes de grêle déclenchés par cette divinité, dès que quelqu’un entreprenait l’ascension. La légende avait tant de force qu’un géologue fut empêché par les habitants de Lescun, vers 1750, de le gravir pour en mesurer la hauteur.

Voies d'accès

Par la France : un accès part depuis le refuge de l'Abérouat, à Lescun, en vallée d'Aspe. Le sentier suit le GR10, il traverse le bois du Braca d'Azuns avant de passer au pied des Orgues de Camplong, vers la cabane de berger du Cap de la Baitch. De ce point, on suit le sentier du lac d'Anie et les cairns vers le bas du sommet.

Un second accès part depuis la station de La Pierre Saint-Martin, en traversant les Arres d'Anie vers le col des Anies pour y rejoindre le sentier qui mène à la base du sommet.

Un autre accès part d'Espagne, de Belagua en Navarre.

Notes et références

  1. Ahüñemendi en souletin, Père Pierre Lhande, Dictionnaire basque-français et français-basque, 1926.
  2. Jacques Labeyrie, Les découvreurs du Gouffre de la Pierre-Saint-martin, éditions Cairn, 2005.
  3. Patrice Teisseire-Dufour, « Le pic d'Anie », Pyrénées magazine, no hors-série été 2015, , p. 44-46 (ISSN 1252-2783)

Voir aussi

Articles connexes

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