Place Royale (Reims)

La place Royale est une place située dans le centre de Reims.

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Place Royale
Monument à Louis XV au milieu de la place, devant la sous-préfecture et la cathédrale à l'arrière-plan.
Présentation
Type
Destination actuelle
Architecte
Jean-Gabriel Legendre pour le plan.
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Subdivision administrative
Quartier centre-ville (Reims)
Commune
Adresse
Place Royale
Coordonnées
49° 15′ 20″ N, 4° 02′ 03″ E
Localisation sur la carte de la Marne
Localisation sur la carte de Reims
La place avec l'hôtel des Fermes, la grille du monument et le tram hippomobile, vers 1900.
Lanterne du XVIIIe siècle à l'effigie d'un coq.

Situation et accès

La place mesure, selon les dimensions de l'époque, 33 toises sur 38. Au centre, se trouvait un monument dédié à Louis XV, œuvre du sculpteur Pigalle. La statue royale a été détruite à la Révolution, remplacée en 1818 par un bronze de Pierre Cartellier représentant le roi en empereur romain. Les sculptures du piédestal, elles aussi de Pigalle, ont été conservées.

La place est restée inachevé jusqu'en 1910, date à laquelle la Société Générale fit construire l'immeuble du côté sud-ouest. Suite aux destructions de la Première Guerre mondiale, les hôtels bordant la place ne conservent plus de leurs dispositions d'origine que les façades. Des surélévations ont malencontreusement rompu l'esthétique des parties hautes.

L'ensemble de la place (le monument et sol) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

L'une des quatre sous-préfectures du département de la Marne y occupe l'ancien hôtel des Fermes. La partie gauche de bâtiment a été occupé par le magasin d'habillement Dewachter frères à partir de 1884.

Origine du nom

Elle porte ce nom en raison de la présence sur cette place de la statue de Louis XV[2].

Historique

La place actuelle faisait partie de l'emprise du forum romain de Durocorturum, elle reprend les axes romains principaux, le Cardo et le Decumanus, mais au fil du temps elle se ferma sous la pression des constructions d'habitations, maisons avec jardins, qui appartenaient en grande partie au chapitre de Notre-Dame regroupé sous l'appellation de Grand Credo et appartenait à la paroisse Saint-Michel accueillait de nombreux chanoines.

Au XVIIIe le lieutenant des habitants (1746-1751) Louis-Jean Levesque de Pouilly[3] proposa le percement du Grand Credo, rappelant que Marie Leszczyńska allant voir son mari le roi ne put traverser la ville en son carrosse. Le quartier était alors fait de venelles tortueuses de moins de dix pieds de large, des ruisseaux charriant les ordures longeaient celles-ci, les maisons étaient en saillie et même les piétons traversaient avec difficulté.

Le , par délibération le conseil municipal approuva le projet et fit dresser un plan par M. de Monthelon et en 1751, Trudaine et Henri Louis de Barberie de Saint-Conteste firent une étude pour l'amélioration des routes royales.

La municipalité et M. Jean-François Rogier, le lieutenant des habitants demandèrent à Levesque le de relever un plan de la ville qui servit à adresser au roi une requête en ce sens. Le Conseil du roi le approuva cette requête; cette place serait alors le croisement des routes de Paris aux frontières de Champagne et des Flandres à la Bourgogne. Il fallait pour cela détruire le marché aux blés, le marché aux draps et pour percer la rue royale la Harangerie, les étaux à bouchers et le marché au pain.

Le choix fut arrêté par l'arrêt du Conseil d'état du qui posait la construction d'une place de 28 toises par 40 avec une rue de 1 200 de long, le Roi y joignant une aide pécuniaire pour l'exécution. Avant toute mise en travaux, un échange de pétitions et de mémoires essayèrent de montrer en quoi la place de la Couture, la porte aux ferrons étaient plus centrales.

Le archevêque écrivait contre le projet d'établir à Reims une Place Royale au quartier du Grand Credo auquel répondit le député de la ville M. de la Salle de l'étang en son précis pour les Officiers de Reims en réponse au mémoire du chapitre et la réponse des Lieutenants, Gens du Conseil et échevins de la ville de Reims, au mémoire de M. l'archevêque-duc de Reims et du chapitre de l'église métropolitaine contre le projet d'établissement d'une place royale au quartier du Grand Credo ().

La chose allant jusqu'au procès, le Conseil d'état déboutant l'archevêque et le chapitre par un arrêt du . Les travaux pouvant alors commencer le (lieutenance de Henri Coquebert), Ce fut fait par le directeur des Ponts et chaussées Trudaine et l'architecte de la place est Jean-Gabriel Legendre, ingénieur du roi.

Affecté en 1754 à la province de Champagne, et dont l'épouse fut Marie-Charlotte Volland, sœur de la plus fameuse correspondante de Denis Diderot. Ce dernier consacra d'ailleurs un texte au récent Monument de la place de Reims. Legendre était alors logé en la maison du chanoine Camus jusqu'à ce que le les travaux s'achèvent sans être pour autant conclus et ayant couté 620 000 Livres. S'élevaient alors les maisons qui faisaient la perspective vers l'hôtel de ville, en même temps M.Trudaine proposait au chapitre la construction d'une maison commune pour accueillir un hôtel des fermes (l'immeuble fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [4].), la Douane et les Aides, les logements du receveur, du contrôleur, du visiteur des Douanes, le directeur et le receveur des Aides. Le Conseil d'état et le Conseil de ville acceptèrent que l'élévation de la façade fut aux dépens de la ville et qu'elle paierait loyer, les travaux purent alors commencer le . Il fut terminé le pour une dépense de 180 000 livres alors qu'il était prévu 67 000 livres de dépense, fut revendu pour 130 000 le à M.Henriot.

Les travaux durèrent 19 ans, jusqu'à 1788 pour la partie ouest de la place.

Le pavement se fit en 1766 et son embellissement par le Monument à Louis XV, œuvre de Jean Baptiste Sutaine et Pigalle qui est inauguré le et son illumination par vingt lanternes en 1763.
Le Génie du Commerce (dit aussi Le Citoyen) d'un côté et La Raison maitrisant la Force de l'autre sont de cette époque.

Le en une séance du Conseil le sieur Pierre Jacotin cardeur de laine de Flechambault demandait la descente de la statue, le vers 2 heures elle est versée bas en présence du procureur de la commune Couplet dit Beaucourt. Le bronze devait aller en la fonderie de Metz pour en faire des canons, une Liberté devait la remplacer, une pyramide fut élevée pour y inscrire les noms des citoyens tombés à Valmy lors de la fête civique du 23 Thermidor an I. le 22 Thermidor an XI, le Premier consul passant en la ville, la pyramide se ruinant, un trophée avec deux inscriptions fut mis là, puis avec le passage de Marie-Louise, le , un cube supportant un globe bleu ciel fut érigé sur la place impériale (1803). La première pierre du nouveau monument fut placée le avec les marbres venant d'Italie destiné à la construction du monument du maréchal Lannes et bloqué en notre ville en 1814 par l'entrée des troupes étrangères ; la statue de Cartelier et les allégories de Pigalle furent inaugurées le avec une fête aussi majestueuse que celle de 1765 et l'édifice était entouré d'une grille.

Depuis 1830 de nombreuses délibérations municipales remirent en question la place de la statue du roi, remplacée par une statue de Colbert (, , , ).

L'architecture de la place finit d'être unifiée en 1910 avec le dernier bâtiment, celui de l'angle sud-ouest. La place est aussi à ce moment le lieu du marché aux fleurs.
Elle est actuellement redevenue pavée et interdite au stationnement pour lui rendre une esthétique plus harmonieuse.

Les Louis XV

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Jadis, les Rémois appelaient les sans-abris "les Louis XV". Au début du XXe siècle, le monument à Louis XV était protégé par une grille qui fut enlevée vers 1910, permettant aux sans-abris de s'asseoir sur les marches. En effet les journaliers se regroupaient place Royale dans l'espoir d'une embauche.

Bibliographie



Références

Voir aussi

Bibliographie

  • Le Gendre, Description de la place de Louis XV que l'on construit à Reims, imprimerie de Prault, Paris, 1765 (lire en ligne)
  • Victor Beyer, « La place Royale de Reims et le monument de Pigalle », dans Congrès archéologique de France. 135e session. Champagne. 1977, Société française d'archéologie, Paris, 1980, p. 162-168

Articles connexes

Liens externes

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