Programmation architecturale et technique

La programmation architecturale et technique entre dans la catégorie des métiers d'assistance à la maîtrise d'ouvrage.

Pour les articles homonymes, voir Programmation (homonymie) et prog.

Elle s'inscrit parmi les études dites préalables et a pour objectif de permettre aux maîtres d'ouvrage d'exprimer les objectifs et les contraintes du projet immobilier dont il a la charge.

À l'issue de la phase dite de programmation, le maître d'ouvrage dispose ainsi d'un cahier des charges architecturales et technique nécessaire à la conception et à la réalisation de son projet appelé usuellement « programme de l'opération ».

Les étapes de la programmation

Les grandes étapes des études de programmation sont les suivantes :

  • les études de site et des bâtiments ;
  • la pré-programmation (pré-dimensionnement des besoins) et le fonctionnement général des entités fonctionnelles
  • les études de faisabilité permettant de mettre en adéquation le site et/ou le bâtiment avec les besoins prédéfinis dans la phase précédente ;
  • la rédaction du programme technique détaillé (PTD) qui comprend les exigences qualitatives (fonctionnalité), quantitatives (surfaces), techniques, environnementales...

La démarche de programmation permet au maître d'ouvrage d'exprimer clairement ses attentes en matière de respect de l'environnement et économies d'énergie.

Au-delà de la phase de rédaction du programme, ces études peuvent se poursuivre en phase de consultation de maîtrise d'œuvre et de conception du projet architectural jusqu'à la livraison des travaux. Elles prennent alors la dénomination d'AMO ou AMOT (assistance à la maîtrise d'ouvrage).

La formation de programmiste

Les formations conduisant au métier de la programmation architecturale et technique sont diverses ; en règle générale, c'est une tâche dévolue aux architectes, ingénieurs ou techniciens du bâtiment. Toutefois, il n'est pas rare de rencontrer au sein des professionnels de la programmation des urbanistes, géographes, ergonomes, historiens, sociologues...

La personne qui exerce ce métier est le « programmiste », terme un peu barbare imaginé par les professionnels de la programmation architecturale et technique pour se distinguer du programmeur dont le métier concerne le développement de programmes informatiques.

Un diplôme de « programmiste » est dispensé par certaines écoles d'architecture après une formation dont la durée varie de un à deux ans. C'est le cas par exemple de l'Institut d'Urbanisme de Paris[1].

Les secteurs immobiliers concernés

Le métier de la programmation architecturale et technique concernait tout particulièrement le secteur public. La loi relative à la maîtrise d'ouvrage publique (loi MOP) impose à toute personne publique de faire rédiger en amont du projet le "programme de l'opération" à l'appui duquel est défini le montant des investissements prévus. Aujourd'hui, de plus en plus de sociétés privées souhaitent maîtriser leurs projets immobiliers (le plus en amont possible) et font appel à des programmistes afin d'évaluer les opportunités constructives et de faisabilité.

Tous les secteurs relevant des compétences de la personne publique sont concernés : constructions scolaires, hôpitaux, établissements pénitentiaires, aéroports, cuisines centrales, palais de justice, administrations publiques, équipements sportifs etc.

La méthodologie générale

La réalisation d'un programme architectural et technique obéit à des règles et principes méthodologiques précis dont la nature peut néanmoins varier d'un projet à l'autre.

Le processus est généralement ponctué par les jalons suivants:

Démarrage des études

Le démarrage des études de programmation constitue un moment essentiel qui peut conditionner de manière significative la qualité des études menées en aval et par conséquent la réussite du projet.

C'est ici que seront définis en concertation avec le maître d'ouvrage les objectifs généraux opérationnels ainsi que les contraintes majeures du projet.

C'est aussi lors du démarrage des études que seront définis les grands principes de mise en œuvre du projet et les outils méthodologiques adéquats (qui fait quoi? comment? dans quel délai?).

Le groupe de pilotage du projet s'organise dès le démarrage des études.

Le démarrage des études de programmation prend souvent la forme d'une, ou de plusieurs, réunion(s) de travail associant les différents acteurs du projet, qu'ils soient décideurs, partenaires opérationnels, techniciens ou consultants extérieurs à la maîtrise d'ouvrage.

C'est également l'occasion lors de ces séances de présentations de recenser et de recueillir les informations générales relatives au projet en question.

Étude de site et pré-programme

Ces deux étapes peuvent être réalisées simultanément.

L'étude de site ou du bâti permet d'évaluer le potentiel du terrain ou des bâtiments ainsi que leurs contraintes.

Le pré-programme permet de recenser les besoins des utilisateurs à travers des entretiens, des visites in situ... et de comprendre leur fonctionnement.

Faisabilité

Il s'agit de la phase de test et de vérification de l'adéquation entre le site et/ou le bâtiment et les besoins.

Cette étape est illustrée par des simulations graphiques. Elle comprend plusieurs scénarios afin d'offrir au maître d'ouvrage les différentes possibilités de réalisation.

Le programme général

Il formalise à travers le cahier des charges, qui sera remis à l'équipe de maîtrise d'œuvre, les besoins (vérifiés en phase faisabilité), la fonctionnalité, les exigences techniques...

Les études de faisabilité ne sont pas intégrées dans le programme général afin de ne pas brider la réflexion architecturale et d'offrir ainsi aux concepteurs la possibilité de proposer des solutions variées.

Analyse des projets

Une ou plusieurs équipes de maîtrise d'œuvre ont donné une réponse architecturale sur la base du programme général. Au cours des différentes phases (Esquisse, APS et APD), le programmiste vérifie l'adéquation du programme avec le ou les projets à travers une analyse. Cette étape permet également de prendre en compte l'évolution des besoins du maître d'ouvrage entre le programme général et le projet.

Le contenu du programme

Le programme immobilier comporte notamment les volets suivants :

  • Dossier de site (présentation du contexte physique de l'opération mettant en évidence les potentialités, les contraintes techniques et les contraintes techniques du projet),
  • Le rapport d'objectifs du projet (projet médical, capacitaires, nombre d'élèves, nombre de pax, nombre de passages... autant d'informations qui sont essentielles pour le maître d'ouvrage et que le programmiste a traduit en données programmatiques).
  • L'expression des besoins en surfaces (tableaux des surfaces utiles détaillées pour chaque espace du projet).
  • Les exigences fonctionnelles du projet (accessibilité au site, au bâtiment, distinction des flux, liaisons fonctionnelles... ces exigences sont détaillées dans le programme et illustrées par des schémas fonctionnels).
  • Les exigences techniques (à travers un cahier de prescriptions techniques générales : niveau de performances architecturales et techniques, exigences thématiques...)
  • Les fiches espaces (les performances spatiales et techniques de chaque espace sont décrites dans une fiche : surface, hauteur sous plafond, points d'eau, prises électriques, attentes pour équipements...).

Outre ces éléments, le programme peut-être complété par des pièces techniques annexes tels que les plans de l'existant, les réseaux, étude géotechnique. Le maître d'ouvrage se doit de remettre aux équipes invitées à concourir (en plus du programme général) les documents de contraintes réglementaires liées au site (PLU, PPRI, ZPPAUP...). Le maître d'ouvrage (accompagné par le programmiste) doit également prendre en considération l'avis des services d'urbanisme, des architectes des bâtiments de France, des pompiers... durant toute la phase de consultation des concepteurs et avant le dépôt du permis de construire (cette démarche permet dans la plupart des cas de gagner du temps en anticipant les éventuels point bloquants).

Lorsqu'il s'agit d'intervenir sur le patrimoine architectural, la nature des études est plus spécifique. On peut citer à titre d'exemple les dispositions arrêtées pour les interventions sur des immeubles classés[2], dispositions qui traitent de manière assez larges les différents cas de figure.

Les opérations de restauration sur les immeubles classés font l'objet :

  • D'une étude d'évaluation, lorsque l'ampleur de la restauration envisagée nécessite un aperçu général de l'état du bâtiment. Elle comprend l'identification architecturale et historique du monument, son bilan sanitaire, et est accompagnée d'une proposition pluriannuelle de travaux ainsi que d'un recueil des études documentaires scientifiques, techniques et historiques dont il a fait l'objet ;
  • D'une étude de diagnostic pour chaque opération programmée, complétée d'expertises techniques, scientifiques et historiques si la nature, l'importance et la complexité des travaux le justifient.

Articles connexes

Pour en savoir plus

Annexes

Notes et références

  1. http://urbanisme.univ-paris12.fr/
  2. Organisation des études sur les monuments historiques classés (cf. les circulaires 63-150 des 5 août 1985 et 27 juillet 1995).
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