Rue de la Fonderie

La rue de la Fonderie (en occitan : carrièra de la Fondariá) est une rue de Toulouse, en France, située dans son centre historique.

Rue de la Fonderie
(oc) Carrièra de la Fondariá

Vue de la rue de la Fonderie depuis son émergence.
Situation
Coordonnées 43° 35′ 42″ nord, 1° 26′ 36″ est
Pays France
Région Occitanie
Ville Toulouse
Quartier(s) Carmes
Début no 12 place du Parlement et place du Salin
Fin no 1 rue de la Dalbade
Morphologie
Type Rue
Longueur 131 m
Largeur 8 m
Histoire
Anciens noms Rue des Toulousains (XIVe siècle)
Rue des Minorettes ou Sainte-Claire (XVe siècle)
Rue de la Fonderie (25 avril 1794)
Protection  Site inscrit (1944, quartier parlementaire de la Dalbade)
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Toulouse

Toponymie

Plaque antérieure à la Révolution

La rue tire son nom d'une fonderie de canons, installée dans la rue pendant la Révolution française, en 1794. C'est le peintre Vergnes, chargé par la municipalité révolutionnaire de Toulouse de rebaptiser les rues de la ville, qui lui attribua ce nom[1].

Au Moyen Âge, dès le XIVe siècle, la rue porte simplement le nom de rue Toulousaine ou rue des Toulousains, peut-être d'une famille importante qui y aurait vécu[2]. On trouve, à partir du XVe siècle, le nom de rue des Minorettes, rue Sainte-Claire ou encore rue des Nonnains de Sainte-Claire, qui renvoient à un couvent de sœurs franciscaines clarisses installé dans la rue dans la 2e moitié du XIVe siècle. À la Révolution française, la création d'une fonderie de canons dans les bâtiments de l'ancien couvent de franciscaines, et la volonté de supprimer les noms de rues qui rappellent des éléments religieux amènent au changement du nom de la rue en 1794[3]. Avec la rue de l'Écharpe, la rue de la Fonderie est cependant la seule des rues de Toulouse qui conserve le nom qui lui a été donné à cette date[4].

Description

La rue de la Fonderie est une voie publique située dans le centre-ville de Toulouse. Elle naît de la place du Parlement et de la place du Salin et se termine au croisement de la rue Pierre Brunière (no 2) et de la rue de la Dalbade (no 1). Elle est prolongée au nord par cette dernière jusque devant l'église de la Dalbade, puis par la rue des Couteliers jusqu'à la place du Pont-Neuf et la rue de Metz, puis par la rue Peyrolières et la rue Gambetta jusqu'à la place du Capitole.

Histoire

Au Moyen Âge, la rue de la Fonderie appartient au capitoulat de la Dalbade. La population de la rue est assez mélangée. On trouve des artisans, mais la proximité du Parlement attire des hommes de loi, des procureurs, des huissiers et des avocats. Quelques capitouls s'installent également dans la rue, mais ils sont relativement peu nombreux[5]. On trouve aussi des commerçants, en particulier des bouchers, puisque l'entrée des boucheries de la ville, les « bancs de la Salvetat », qui se trouvent sur la place du Salin, se situe dans cette rue (actuel no 6). La rue attire les marchands, tels Guillaume Dupont, qui se fait bâtir une maison à l'angle de la rue et de la place du Bocail (actuelle place du Salin)[5]. Plusieurs auberges ont leur entrée dans la rue, telle l'hôtellerie de Saint-Christophe (actuel no 22), entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, l'auberge à l'enseigne privilégiée du Cerf-Volant (actuel no 28), qui disparut peu avant 1478, et l'auberge à l'enseigne du Soleil (actuel no 32), au XVIe siècle[6].

Au milieu du XIVe siècle s'installe un couvent de religieuses clarisses (actuel no 31), rattachées aux franciscains ou frères « mineurs », d'où le nom de « minorettes » qui leur était parfois donné. Elles occupaient depuis 1246 un monastère hors des remparts de la ville, dans le faubourg de Villeneuve, qui avait dû être abandonné à cause des incursions des Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Elles installent leur convent sur une emprise relativement étroite, depuis la chapelle jusqu'à la ruelle des Minorettes (aujourd'hui fermée par une porte, actuel no 1 rue de la Dalbade). L'entrée du monastère de Sainte-Claire du Salin, relativement austère, se trouve en revanche sur le côté, dans la ruelle Sainte-Claire (actuelle impasse fermée entre le no 23 et le no 25 rue de la Fonderie). L'espace occupé alors par le monastère porte le nom de coin de Sainte-Claire[7].

Après l'incendie du 7 mai 1463, qui détruit une grande partie du quartier de la Dalbade[8], les maisons à pans de bois cèdent progressivement la place aux bâtiments en brique.

Pendant la Révolution française, en 1794, le monastère des clarisses est fermé, à la suite de la suppression de leur ordre. Les bâtiments sont occupés par la fonderie de canons, qui était installée depuis le XVIe siècle dans la rue Deville, en face du couvent des Cordeliers[9]. C'est cette fonderie qui donne son nom à la rue lorsqu'elle rebaptisée cette même année, sur ordre de la municipalité de Toulouse[3]. En 1816, la fonderie est agrandie et bénéficie de la réorganisation napoléonienne, qui ne conserve que les fonderies de Douai, Strasbourg et Toulouse. Grâce à l'utilisation de nouveaux procédés et d'une forerie horizontale dessinée par Jean Abadie, elle devient même la première fonderie française, mais elle est finalement supprimée en 1866[9].

Au XIXe siècle, des travaux sont engagés afin d'élargir la rue, qui garde cependant sa physionomie générale. Les bâtiments de l'ancienne fonderie trouvent une nouvelle destination à la suite d'une souscription souscription ː en effet, des établissements privés d’enseignement supérieur, autorisés depuis la loi du 12 juillet 1875, sont fondés à Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse ː l’Université catholique de Toulouse ouvre le 15 novembre 1877, puis prend en 1880 le nom actuel d'Institut catholique de Toulouse[10]. Des travaux importants sont effectués par l'architecte Henri Bach dans le dernier quart du XIXe siècle, puis vers 1930 par l'architecte Pierre Fort.

Voies rencontrées

La rue de la Fonderie rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Place du Parlement (g)
  2. Place du Salin (g)
  3. Rue des Poutiroux (d)
  4. Rue Pierre Brunière (g)
  5. Rue de la Dalbade

Bâtiments remarquables

  • no  2 : maison du marchand Guillaume Dupont (construite vers 1625, remaniée au XIXe siècle)
  • no  15 : hôtel Margastaud (construit vers 1681)
  • entre no  23 et no  25 : ancienne impasse, sous le nom de ruelle des Nonnains Sainte-Claire, fermée au XXe siècle
  • no  31 : ancien monastère et ancienne chapelle de Sainte-Claire du Salin (XIVe siècle), transformé en fonderie de canons en 1794, devenu Institut catholique de Toulouse en 1877

Notes et références

  1. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 188.
  2. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 188-189.
  3. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 189.
  4. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 188.
  5. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 190.
  6. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 190-191.
  7. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 193-195.
  8. Maurice Bastide, « Toulouse après l'incendie de 1463 », p. 8-12.
  9. Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », p. 195.
  10. « Histoire de l'ICT », sur le site de l'Institut catholique de Toulouse, consulté le 21 juillet 2015.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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