Sères

Les Sères (ou Seres) étaient le nom que les Grecs et les Romains donnaient, à partir du IVe siècle av. J.-C., aux habitants de la Sérique (ou pays des Sères[note 1], Chine), pays de la soie qui ne faisait pas partie de leurs possessions.

Carte antique d'Asie Centrale

Origine controversée de la Sérique

D'après Philippe de Larenaudière dans le Précis de géographie universelle, édition de 1852, D'Anville l'identifie avec la province chinoise de Chen-si, et y trouve dans la ville de Kan-tcheou la Sera metropolis de Ptolémée. M. Barbié du Bocage, s'appuyant des lumières de Hager, croit que cette Sera n'est autre que Si'-an. M. Gosselin place la Sérique dans le Tibet occidental. M. Malte-Brun adopte aussi le Tibet et les contrées voisines. M. Klaproth pense que la contrée appelée Serica, en tant qu'elle est indiquée dans Ptolémée, n'est que la partie orientale de la Petite-Boukharie, et Sera metropolis un des chefs lieux du gouvernement chinois.

Il faudra attendre le XVIe siècle pour qu'il y ait une identification formelle par les Européens entre le pays des Sères et le Cathay (cf. russe Kitaï, mongol Xiatad : Chine), dont le nom vient du peuple protomongol des Khitans. Dans le IIe siècle de notre ère, les limites occidentales de l'Empire chinois s'étendirent jusqu'aux montagnes de Thsoung-Ling et jusqu'à la partie supérieure du cours de l'Iaxartes et de l'Oxus. Les négociants chinois venaient en foule jusqu'à ces frontières pour faire le trafic de la soie. Ce furent ces Chinois répandus à l'occident que les anciens appelaient Sères.

Les Sères - décrits dans Pline VI, 24 comme ayant les yeux bleus et les cheveux rouges, et dont Pomponius Mela I, 14 affirme qu'ils habitent une grande vallée désertique, ce qui correspondrait au bassin du Tarim - ont aussi été identifiés aux Tokhariens, les Argippaioi d'Hérodote. Bernard Sergent propose alors l'étymologie « d'Arsi (une des deux langues du groupe), avec métathèse des consonnes, et prononciation ionienne du -a »[3].

Articles connexes

Notes et références

Notes

  1. La Sérique[1], ou pays des Sères[2]; les « soyeux », du grec serikos (soyeux).

Références

  1. Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. quatorzième, , « SÉRIQUE », p. 597.
  2. Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. quatorzième, , « SÈRES », p. 586.
  3. Bernard Sergent, « Les Sères sont les soi-disant "Tokhariens", c'est-à-dire les authentiques Arśi-Kuči », Dialogues d'histoire ancienne, , p. 7-40 (lire en ligne)
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