Słońsk (Sulęcin)

Słońsk (prononciation polonaise : [kʂɛˈʂɨt͡sɛ] ; en allemand Sonnenburg) est un village de l'ouest de la Pologne situé dans le powiat de Sulęcin de la voïvodie de Lubusz[2]. Il est le siège administratif (chef-lieu) de la gmina appelée Słońsk.

Pour les articles homonymes, voir Słońsk.

Słońsk

Héraldique

L'église Sainte Mère de Częstochowa.
Administration
Pays Pologne
Région
(Voïvodie)
Lubusz
District
(Powiat)
Sulęcin
Commune
(Gmina)
Słońsk
Code postal 66-436[1]
Indicatif téléphonique international +(48)
Indicatif téléphonique local 95
Immatriculation FSU
Démographie
Population 3 028 hab. (est. 2011)
Géographie
Coordonnées 52° 33′ 46″ nord, 14° 48′ 22″ est
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Pologne
Słońsk
Géolocalisation sur la carte : Pologne
Słońsk
Liens
Site web http://www.slonsk.pl/

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a abrité un camp de concentration nazi nommé Sonnenburg (aujourd'hui un musée).

    Géographie

    Le village est situé dans la région historique de la Nouvelle-Marche, sur la rive sud de la Warta. Il se trouve en lisière du parc national de l'embouchure de la Warta, à environ 15 kilomètres à l'est de Kostrzyn nad Odrą, 25 kilomètres au nord-ouest de Sulęcin (siège du powiat) et 36 kilomètres au sud-ouest de Gorzów Wielkopolski, capitale de la voïvodie.

    Le village de Słońsk comptait approximativement une population de 3 077 habitants en 2010[3].

    Histoire

    Sonnenburg, gravure de Matthäus Merian le jeune (1652).

    L'actuelle Słońsk a été fondée dans le pays de Lebus (Lubusz) qui appartenait à l'origine au royaume de Pologne et a été cédé au milieu du XIIIe siècle aux margraves ascaniens Jean Ier et Othon III de Brandebourg. Sous l'administration de la marche de Brandebourg, les habitants slaves de la région ont été graduellement germanisés au cours de la colonisation au fil des siècles suivants.

    La localité apparaît pour la première fois dans des documents en 1295, sous le nom de Sonnenburg. L'ordre du Temple y possédait des terres et des bâtiments. En 1312, le margrave Valdemar de Brandebourg et l'évêque Frédéric de Lebus étaient conjointement suzerains de Sonnenburg. Les nobles Henning et Arnold von Uechtenhagen ont ensuite reçu le village comme fief : ils y ont construit le premier château en 1341.

    Ordre de Saint-Jean

    Le château de Sonnenburg vers 1900.

    À partir du XVe siècle, la seigneurie de Sonneburg a été étroitement liée avec l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui l'avait rachetée du margrave Frédéric Ier en 1426. Le château est devenu le siège du Grand bailliage de Brandebourg, qui a considérablement agrandi la ville, construit une nouvelle église (entre 1474 et 1522), un nouveau château (entre 1545 et 1564) et un hôpital modèle (au XIXe siècle).

    En 1539, l'électeur Joachim II Hector de Brandebourg a acueilli la foi protestante et le Grand bailliage l'a suivi en gardant ses possessions. Les domaines furent dévastés pendant la guerre de Trente Ans ; plus tard, entre 1662 et 1667, le commandeur Jean-Maurice de Nassau-Siegen fit reconstruire le château résidentiel sur les plans de l'architecte néerlandais Pieter Post, inspirés par le palais Huis ten Bosch à La Haye. Sonnenburg resta sous la domination de l'ordre jusqu'à sa sécularisation sous le règne du roi Frédéric-Guillaume III en 1811.

    Incorporé dans la province de Brandebourg, le lieu a eu des privilèges municipaux de 1808 à 1947. Lorsque le Grand bailliage de Brandebourg fut restauré par ordre du roi Frédéric-Guillaume IV en 1852, le commandeur a repris sa résidence au château. Le dernier maître de l'ordre Oscar de Prusse y résida jusqu'en 1945.

    Camp de concentration

    Sous l'administration du royaume de Prusse, une sévère prison (Zuchthaus) a été construite en ville en 1832. On y a enfermé des indépendantistes polonais comme Karol Libelt (1807-1875) et Bronisław Dąbrowski (1815-1880), fils du général Jean-Henri Dombrowski). En 1930, le pénitencier a été fermé pour des raisons sanitaires.

    Victimes du camp à l'arrivée de l'Armée rouge en 1945.

    Quelques semaines après la captation du pouvoir par les nazis, l'édifice fut occupé par les autorités allemandes et transformé en camp de concentration pour enfermer des militants anti-nazis comme Carl von Ossietzky (1889-1938) et Hans Litten[4] (1903-1938). Les premiers détenus en Schutzhaft sont transférés ici depuis la préfecture de police de Berlin le . Sous l'égide de Rudolf Diels, fonctionnaire du ministère prussien de l'Intérieur et chef de la Gestapo, les prisonniers politiques sont plus de mille en peu de temps.

    Au cours de la Seconde Guerre mondiale, notamment après l'application du décret « nuit et brouillard » en 1941, de nombreux résistants étaient incarcérés à Sonnenburg, dont Jean-Baptiste Lebas (1878-1944) et René Lefebvre (1879-1944), père de l'archevêque Marcel Lefebvre ; tous deux sont morts dans des conditions atroces. Les défenseurs de la citadelle de Poznań y ont été enfermés après sa chute, ainsi que certains combattants de l'insurrection de Varsovie en 1944.

    Vers la fin de la guerre, dans la nuit du 30 au , les officiers de la Gestapo et de la SS y ont assassiné 819 prisonniers politiques de plusieurs pays d'Europe[5],[6], dont de nombreux membres du Parti communiste d'Allemagne (KPD) et 91 Luxembourgeois incorporés de force (« malgré-nous ») dans la Wehrmacht. Trois jours plus tard, Sonnenburg a été prise par l'Armée rouge.

    Après-guerre

    Les ruines du château.

    Par l'implantation de la ligne Oder-Neisse à la conférence de Potsdam en 1945, la ville est séparée de l'Allemagne et attribuée à la république de Pologne, qui l'a renommée « Słońsk ». La plupart de ses anciens habitants ont été expulsés, comme dans tous les anciens territoires allemands, et remplacés par des Polonais expulsés des « confins » polonais (pris par l'Union soviétique) et des colons venus du centre de la Pologne.

    En 1947, Słońsk a perdu le statut de ville et est redevenue un simple village[5]. Le château, sorti de la guerre pratiquement indemne, prit feu en 1976 et brûla jusqu'aux fondations. De 1975 à 1998, le village appartenait administrativement à la voïvodie de Gorzów. Depuis 1999, il appartient à la voïvodie de Lubusz.

    Jumelages

    Słońsk est jumelée avec :

    Personnalités

    Bibliographie

    • (de) Paul von Niessen: Die Johanniterordensballei Sonnenburg und Markgraf Johann von Brandenburg. (=Schriften des Vereins für Geschichte der Neumark. 29/30). Landsberg/Warthe 1913.

    Notes et références

    1. http://www.poczta-polska.pl/hermes/uploads/2013/02/spispna.pdf?84cd58 Liste des codes postaux de la Pologne
    2. (pl) « Central Statistical Office (GUS) - TERYT (Registre national des terres territoriales Journal de Répartition) »,
    3. Ludność Gminy Słońsk (Stan w dniu 28.02.2010 r.), Urząd Gminy Słońsk, Mars 2010, Słońsk.
    4. Jean-Michel Palmier, Weimar in exile: the antifascist emigration in Europe and America, Verso, 2006 (ISBN 1-84467-068-6), p. 41. Google Books
    5. (en) History of Słońsk
    6. (pl) Biuletyn Głównej Komisji Badania Zbrodni Przeciwko Narodowi Polskiemu Instytut Pamięci Narodowej, Varsovie, 1994, p. 273 Google Books
    • Portail de la Pologne
    • Portail de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem
    Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.