Shah Marai

Shah Marai, né le à Kaboul en Afghanistan[1], est un photojournaliste afghan, chef du service photo du bureau de l'agence France-Presse à Kaboul, pour laquelle il travaille depuis 1996. Il est assassiné le par un double attentat à la bombe — au moins vingt-cinq personnes sont tuées, dont huit autres journalistes.

Shah Marai
Biographie
Naissance
Décès
(à 41 ans)
Kaboul
Période d'activité
à partir de 1996
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Biographie

Carrière à l'AFP

Shah Marai commence à travailler pour l'agence France-Presse (AFP) en 1996, comme chauffeur et interprète[2]. À partir de 1998, il appréhende peu à peu la photographie, toujours pour le compte de l'agence. Il exerce essentiellement dans la clandestinité, car les photographies d'êtres vivants sont proscrites par le régime taliban[3], ce qui l'oblige à dissimuler son appareil reflex et à ne pas signer ses clichés — ainsi qu'il l'explique dans un billet de blog publié en 2016[4]. Parfois menacé, il souffre également du dos après avoir été frappé par des talibans et est opéré en 2013 pour ce motif[5],[6].

Alors que les journalistes occidentaux sont chassés du pays en 2000, il y demeure et poursuit tant bien que mal son travail[7]. Il assiste en 2001 à l'invasion de l'Afghanistan par la coalition menée par les États-Unis et au recul des Talibans qui s'ensuit, synonymes d'espoir — que le photographe illustre au travers de ses clichés[7].

Les combats perdurent, les attentats se succèdent jusque dans les années 2010 et Shah Marai, devenu chef du service photo, dit perdre espoir de voir son pays sortir de la violence ; l'un de ses collègues photographe de l'AFP, Sardar Ahmad, est assassiné en 2014 avec sa femme et deux de ses enfants[7]. Shah Marai continue néanmoins d'exercer et de témoigner à la fois des drames humains et de la vie quotidienne des Afghans[3]. Il est par ailleurs marié et père de six enfants, dont deux sont aveugles[3].

Mort

Le , une bombe explose dans le quartier du centre de Kaboul qui accueille édifices gouvernementaux et ambassades étrangères. Shah Marai est sur place quand un kamikaze déclenche un second engin explosif au milieu des secouristes et des journalistes ; le photojournaliste meurt à l'âge de 41 ans et huit confrères périssent à ses côtés[3],[8]. L'attentat est revendiqué par l'État islamique et la police afghane estime que la seconde explosion visait la presse[8].

Hommages

Shah Marai est décrit comme un homme facétieux, doux, plein d'humanité et talentueux par ses anciens collègues[9],[1]. Selon l'ancien chef du bureau de l'AFP pour l'Afghanistan et le Pakistan, Emmanuel Duparcq, « Shah Marai, comme les autres journalistes afghans, avait le souci de témoigner vers l’extérieur, pour que son pays ne soit pas oublié […] » ; ils « ont aussi la volonté de montrer ce qu’il y a de positif dans la vie quotidienne de leurs compatriotes »[6].

Son employeur, l'AFP, crée un prix qui porte son nom et vise à encourager le travail de photojournalistes afghans[10]. L'ONG Amnesty International dévoile en septembre 2018 une fresque peinte sur un mur de Kaboul, laquelle représente la silhouette de défenseurs des droits humains et, au premier plan, Shah Marai, un appareil photo à la main[11].

Références

  1. (en) Allison Jackson, « The laughter of Shah Marai », sur correspondent.afp.com,
  2. (en) « Shah Marai », Comité pour la protection des journalistes (consulté le 30 juin 2019)
  3. (en) Mujib Mashal, « Photojournalist Killed in Kabul Left a Legacy of Images », The New York Times, (lire en ligne)
  4. Shah Marai, « A Kaboul, le temps de l'angoisse », sur making-of.afp.com,
  5. (en) Hannah Bloch et Emily Bogle, « 'No More Hope': Slain Afghan Photographer Covered His Country's Turmoil For 2 Decades », NPR,
  6. Pierre Cochez, « « Le photographe Shah Marai avait le souci de témoigner pour que son pays ne soit pas oublié » », La Croix, (lire en ligne)
  7. Luc Mathieu, « Shah Marai, photographe de l'AFP, tué dans le chaos de Kaboul », Libération, (lire en ligne)
  8. (en) Mujib Mashal et Fahim Abed, « Journalists Suffer Deadliest Day in Afghanistan Since at Least 2002 », The New York Times, (lire en ligne)
  9. (en) Chloe Coleman et Olivier Laurent, « A life in images: Remembering Afghan photojournalist Shah Marai », The Washington Post, (lire en ligne)
  10. AFP, « La première édition du Concours photo Shah Marai, lancé par l’AFP, remportée par Farshad Usyan », agence France-Presse,
  11. « Afghanistan. Amnesty International dévoile une fresque murale à Kaboul en hommage aux défenseurs des droits humains », Amnesty International,
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