Signes plus et moins

Les signes plus (+) et moins () sont universellement utilisés pour représenter les opérations d’addition et de soustraction et peuvent avoir d’autres significations analogues.

Pour les articles homonymes, voir Signe et Signes.

Histoire

Bien que ces signes nous semblent maintenant aussi familiers que l’alphabet latin ou les chiffres arabo-indiens, dits « chiffres arabes », ils ne viennent pas de la grande Antiquité. Le signe de l’addition, par exemple, des hiéroglyphes égyptiens ressemble à une paire de jambes marchant dans la direction dans laquelle le texte a été écrit (dans le cas de l’Égypte antique, il était écrit de la droite vers la gauche) et le signe renversé représentait la soustraction :

 et 

Au IIIe siècle, Diophante d'Alexandrie utilisait le signe ⋔ pour désigner la soustraction et une simple succession de signes pour l'addition[1].

En Europe au XVe siècle, les lettres P et M étaient généralement employées pour représenter les mots plus et moins. L’aspect récent des signes modernes semble venir d’un livre écrit par Johannes Widmann en 1489. Le + est une abréviation du mot latin et (comparable à l’esperluette &). Le pourrait dériver d’un tilde écrit au-dessus d’un m qui était utilisé pour représenter la soustraction, ou pourrait provenir d’un signe d’une sténographie représentant la lettre m.

Autres usages

Opérations

Le signe plus peut représenter une multitude de lois de composition interne, différentes selon le système mathématique considéré. Beaucoup de structures algébriques possèdent une loi qui s’appelle l’addition ou qui ont une analogie de propriétés avec l’addition. Le signe moins a trois significations différentes, dont seule la première est systématiquement associée à un nombre négatif :

  • marque du signe d'un nombre négatif : −12
  • symbole de la soustraction : a − b.
  • notation de l'opposé d'un nombre : −x

En logique et informatique

Ce symbole est aussi utilisé en informatique pour représenter des différentes opérations comme la concaténation des chaînes de caractères.

Plus peut aussi représenter :

Tons

Texte en niaboua avec le ton bas indiqué à l’aide du signe moins.

Dans l’orthographe de certaines langues tonales ivoiriennes, suivant l’Orthographe pratique des langues ivoiriennes (l’attié, le bété, le dan, le godié, le bakwé, le kroumen tépo, le muan, le niaboua, le wan, le wobé, le yaouré), le signe moins est utilisé pour indiquer un tonème, en général le ton bas ou le ton descendant. Dans ce cas, le caractère Unicode ˗ (U+02D7 lettre modificative signe moins) est préféré.

Phonétique

Dans l’alphabet phonétique international, le signe plus souscrit (U+031F) est utilisé pour indiquer l’avancement du point d’articulation, et le signe moins souscrit (U+0320) pour indiquer le recul du point d’articulation.

Signe plus dans la culture juive

Une tradition juive remontant au moins au XIXe siècle consiste à écrire plus en utilisant comme symbole un T inversé. Cette pratique a été adoptée dans les écoles israéliennes dans les années 1940[2] et reste en vigueur dans la plupart des écoles primaires, y compris celles qui sont sécularisées, mais l'usage devient plus rare dans le secondaire[3]. Cette pratique se retrouve aussi dans certains livres écrits par des auteurs religieux, mais la majorité des livres pour adultes font usage du symbole international +. L’explication habituelle qui justifie cette pratique est qu’elle évite l’écriture d’un symbole + qui ressemble à une croix chrétienne[3]. Les polices Unicode codent ce symbole U+FB29 qui est la lettre hébraïque ﬩ remplaçant le signe plus[4]. Ce signe est aussi utilisé sur les boutons de contrôle des sièges des passagers de la compagnie aérienne israélienne El Al.

En informatique et typographie

Plus, moins et trait d'union (trait-moins).

Le signe moins Unicode est conçu pour être de même largeur que les signes plus et d’égalité. Dans la plupart des polices, ces signes ont un espacement non proportionnel afin que les nombres puissent être facilement placés dans des tableaux.

Le trait d'union est généralement plus court en longueur que le signe plus et a parfois une taille différente. Il devrait être employé comme signe moins uniquement quand le jeu de caractères est limité, ou lorsque des polices non proportionnelles sont utilisées.

Les glyphes du tiret moyen et du signe moins « − » se ressemblent, mais ne sont pas tout à fait identiques. Le signe moins est généralement légèrement plus court et plus gras que le tiret moyen ; il s'aligne sur le signe plus. Illustration : – − + (tiret moyen, signe moins et signe plus).

Signe plus

CaractèreGlyphecode Unicodeentités HTML
PlusOo + OoU+002B
Lettre modificative signe plusOo ˖ OoU+02D6˖
˖
Diacritique signe plus souscritOo  OoU+031F̟
̟
Exposant signe plusOo  OoU+207A⁺
⁺
Indice signe plusOo  OoU+208A₊
₊

Signe moins

CaractèreGlyphecode Unicodeentités HTML
MoinsOo  OoU+2212−
Trait d'unionOo - OoU+002D
Lettre modificative signe moinsOo ˗ OoU+02D7˗
˗
Diacritique signe moins souscritOo  OoU+0320̠
̠
Exposant signe moinsOo  OoU+207B⁻
⁻
Indice signe moinsOo  OoU+208B₋
₋

Notes et références

  1. A. Dahan-Dalmedico et J. Peiffer, Une histoire des mathématiques : Routes et dédales, [détail des éditions], p. 78..
  2. The Holocaust in Three Generations (Page 107).
  3. Christian-Jewish Dialogue: Theological Foundations By Peter von der Osten-Sacken, 1986 – Fortress Press – (ISBN 0-8006-0771-6), "In Israel the plus sign used in mathematics is represented by a horizontal stroke with a vertical hook instead of the sign otherwise used all over the world, because the latter is reminiscent of a cross." (Page 96).
  4. Unicode U+FB29 reference page .

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • (en) Douglas Weaver, The History of Mathematical Symbols, AU, Unisa (lire en ligne), « The symbols for plus and minus »
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