Stade (homonymie)

Le substantif masculin stade est une réfection du mot « estade » (masculin ou féminin) que l’on trouve dès le XIIIe siècle dans les « Alecta romanae » avec le sens de « carrière dans laquelle on s’exerce à la course », ainsi que dans l’expression « courir l’estade », qui signifie « nager » (La Curne de Sainte-Palaye). Nicole Oresme, dans sa version française des Éthiques d’Aristote, traduit ainsi στάδιον : « Milon portoit un bœuf tout le cours d’une estade »[1].

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Stade d'Athènes

Étymologie et histoire du mot

La réfection du mot s’est opérée comme c’était l’usage au XVIe siècle, d’après le latin stadium qui désignait le stade, mesure grecque de 15 pas (600 pieds grecs) ou 625 pieds romains, soit le huitième du mille, un peu moins que 200 mètres, ainsi que la carrière où l’on pouvait « stadium curere » (« faire la course du stade »), que l’on retrouve chez Pline et Cicéron.

Le στάδιον stadion grec est lui aussi une unité de mesure, dont la valeur exacte est sujette à variations dans la mesure où sa définition était soit d’origine mythique, soit d’origine subjective (longueur sur laquelle un homme pouvait courir à l'allure maximale — ce qui est à peu près la définition du 200 mètres plat moderne — et d’une seule haleine, ce qui n'est sans doute valable que pour les dieux). C’est donc plus tard que l’on construisit des carrières longues d’un στάδιον qui matérialisaient et concrétisaient la valeur du stade linéaire.

À l’origine, le mot était une forme substantivée de l’adjectif στάδιον, signifiant : qui se tient debout (stable, ferme en parlant d’un combat, fixe, raide, en parlant d’une robe), lui-même dérivé du verbe « estanai » (ἵστημι) : se tenir droit et ferme, être arrêté, fixé, stationnaire[2].

On notera que stadios traduit en grec ancien le mot français fois dans les expressions : une fois (stadia), deux fois (stadious) ou de cent fois le meilleur (ekaton stadiosisin aristos, Aristophane, Les nuées) et que parallèlement, il désigne déjà la carrière de la longueur d’un stade où se déroule la course, et aussi une piste de danse (Euripide, Ion), ou un jeu d’échecs ou de tric-trac.

Selon Eichhoff, toutes ces expressions sont issues de la racine indo-européenne « stha » : être debout, rester, se tenir, qui a donné le latin « stativus » et le sanscrit « sthatavyas ».

À partir de sa réfection le mot « stade » est resté un mot d’antiquité désignant la carrière utilisée par les grecs pour la course ou bien l’unité de longueur de 184 mètres jusqu’à son utilisation en médecine au début du XIXe siècle.

En langue anglaise et en médecine, on distinguait les trois « stadiums » de la fièvre intermittente ; en physiologie les trois « stadiums » de la contraction musculaire. Le mot stade a donc été employé en français pour traduire stadium depuis 1810. On le trouve avec cette signification dans le dictionnaire de l’Académie, en 1835 et dans le Littré.

Considéré comme « période identifiable » d’un processus en évolution, le mot continua à être utilisé en médecine, mais aussi en géologie : stade de relief, stade glaciaire.

Par la suite les psychologues prirent l’habitude de l’utiliser pour évoquer les parties distinctives d’une évolution. L’inconvénient de cet emploi réside dans l’amalgame souvent effectué entre la notion de phase et la notion de période. En effet, la phase, par définition c’est la possibilité d’identifier un certain nombre de caractéristiques à un moment donné ; alors que le « stade psychologique » met en question la succession chronologique des phases, la stabilité intersujet de leur ordre d’apparition, leur continuité ou leur discontinuité. Par exemple, Freud emploie en allemand Entwicklungstufe (« phase du développement ») ou Entwicklungstadium (« stade du développement ») que l’on traduit par stade de développement, alors que parfois il aurait été préférable de dire phase du développement. C’est ainsi que le psychanalyste Jacques Lacan, qui a particulièrement étudié « le stade du miroir », énonce dans ses écrits qu’on devrait dire « la phase du miroir ».

Enfin, le sens moderne, le plus connu, de grande enceinte autour d’un terrain aménagé pour la pratique des sports est un sens d’apparition récente. Il remonte aux rencontres organisées par le Baron Pierre de Coubertin entre le Racing Club de France et les Stades américains qui ont abouti à l’organisation des Jeux olympiques d’Athènes en 1896.

Nom commun

Le substantif stade peut avoir plusieurs significations :

Toponyme

Patronyme

Notes et références

  1. BN204, f, 375
  2. Cependant la forme dialectale d'Argos σπάδιον pourrait ouvrir la possibilité d'un rapprochement avec le latin spatium. Dans ce cas, il faut supposer une déformation secondaire du mot dans les autres dialectes sous l'influence de l'adjectif στάδιος.
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