Tour de Ganne

La tour de Ganne, ou simplement tour Ganne, est une ancienne tour fortifiée située à Grez-sur-Loing, dans le département français de Seine-et-Marne. Elle constitue les vestiges du donjon de l'ancien château médiéval, auquel on attribue le nom de château de Grez-sur-Loing. La tour se situe sur la rive gauche du Loing, à proximité de celui-ci.

Tour de Ganne
Présentation
Type
Statut patrimonial
Localisation
Adresse
Ruelle de la Tour-de-Ganne
Grez-sur-Loing, Seine-et-Marne
 France
Coordonnées
48° 18′ 59″ N, 2° 41′ 31″ E

La tour est classée aux monuments historiques, depuis le [1].

Toponymie

On retrouve plusieurs orthographes, dont Ganne, Gannes, Gal, ou Galles. Il s'agirait d'un surnom souvent attribué aux vieilles ruines de château[a 1]. Il proviendrait, en fait, du latin gannum, signifiant « ridicule »[2], ou ganea, signifiant « bouge ».

La tour portait déjà ce surnom à la Révolution lors de sa vente[a 2].

Historique

Construction

L'édifice est érigé vers par Louis VI le Gros. Ayant un rôle défensif, le château contribue à la fortification des confins de l'Île-de-France (en Beauce et en Gâtinais récemment acquis) face à la Bourgogne et la Champagne[3],[4]. Il est bâti à la même époque que Yèvre-le-Châtel et Moret-sur-Loing, suite à une révolte du vicomte du Gâtinais[5]. À l'époque médiévale, le château contribue à la protection du village en plus des quatre portes et du mur d’enceinte[6].

Exploitation

L'édifice abrite notamment Blanche de Castille, qui y séjourne de nombreuses fois tout comme à Moret-sur-Loing et à l'abbaye du Lys[a 3]. On atteste aussi les passages de Philippe IV le Bel et de Jean II le Bon[7]. Le château devient une résidence royale au XIIIe siècle et XIVe siècle, apprécié des reines[1].

Le majeure partie du château subit une destruction durant la guerre de Cent Ans en et . Il ne reste alors plus que le donjon[1].

On suppose que c'est dans ce donjon, que le , Louise de Savoie, mère de François Ier, décède de la peste qui sévissait alors à Fontainebleau alors qu'elle fuyait vers Romorantin[a 2].

Démantèlement

Le système de protection devenant déjà archaïque, la forteresse et les murailles sont supposément démantelées à partir du XVIIe siècle, sous le règne d'Henri IV ou à partir du XVIIIe siècle[N 1]. Cela laisse ainsi la cité ouverte[5].

À la Révolution, l'édifice, ayant appartenu au duc d'Orléans, est vendu comme bien national. De nos jours, les ruines restent entretenues dans un bon état de conservation[a 2].

Structure

Le donjon, de forme quadrangulaire, mesure 15,30 m sur 12,10 m[a 1]. Tout comme à Moret-sur-Loing, le donjon présente des mêmes dispositions de deux contreforts plats qui encadrent chaque angle. Suite aux destructions, ne subsistent aujourd'hui parmi les ruines, que le côté nord-ouest, une grande partie du côté sud-ouest, une partie minime du côté sud-est[a 4]. Ainsi, on retrouve les angles nord, ouest et sud. On distingue aussi deux courts retours sur les murs manquants (côte nord-est et côté sud-est). Les murs du gros œuvre comportent une hauteur de deux étages et sont épais de 2,30 m. Ils sont composés de pierre calcaire à joints assez épais où figurent des trous de boulins ayant servis aux échafaudages lors de la construction. Les contreforts sont de pierre de taille assemblées à joints minces. Elles sont plus grosses et plus dures que ceux des murs[a 3].

Chaque face comporte deux ouvertures, rectangulaires à l’extérieur. On distingue une ouverture au seuil, près de l'angle nord, qui semblerait s'apparenter à une porte. Vers le contrefort de l'angle sud sont accrochées de pierres d'attente, dont on suppose une appartenance à une échauguette ou à des latrines, auxquelles on accède par l'angle du donjon[a 3].

On distingue l'amorce d'une tourelle extérieure adjointe au donjon sur le retour est de l'angle sud. Il pourrait s'agir de la tourelle d'accès[a 3]. Celle-ci aurait abrité un oratoire dirigé vers l'Orient, et supposerait l'existence d'un dôme disparu de nos jours[3].

La tour est semblable à la Tour de Londres construite en par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie[3].

Environs

Jardins

Un parc de 3000 m2 entoure la tour et les ruines. Peints par de nombreux artistes au XIXe siècle, ces jardins ont été reconstitués tels qu'ils étaient quand Carl Larsson et Jean-Baptiste Camille Corot les ont peints[5]. On retrouve aussi les jardins de la tour de Ganne dans la peinture de Kuroda Seiki[8].

Autres monuments

La tour est située non loin du pont sur le Loing qui enjambe le Loing. Aux pieds de la tour, est conservée une borne royale fleurdelysée numérotée "36"[9]. En contrebas dans le parc, se trouvent deux lavoirs restaurés datant du XIXe siècle, dont celui qui figure sur une toile d'Asai Chū[5], et une grange donné à la ville par Mme Guillerat[7].

Culture

La tour de Ganne de Grez-sur-Loing a inspiré et figuré sur de nombreuses gravures et peintures.

Gravures

  • vers  : Vestiges d'Antiquité en la petite ville de Grestz, Cl. Chastillon
  • Le donjon vu du Loing, C. Sauvageot

Peintures

  •  : Pont de Grez-sur-Loing, Asai Chū (aperçu au dernier plan)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • André Châtelain, Châteaux forts et féodalité en Ile de France, du XIème au XIIIème siècle, Nonette, Créer, (ISBN 978-2-902894-16-1, lire en ligne), p. 105-108
  1. p. 105.
  2. p. 108.
  3. p. 106.
  4. p. 107 (schéma).

Notes et références

Notes

  1. Une gravure de Cl. Chastillon, vers , présente déjà une enceinte ruinée au pied du château[a 1].

Références

  1. Notice no PA00087017, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. (en) Lionel Carley, Frederick Delius: Music, Art and Literature: Music, Art and Literature, Routledge Revivals, , 337 p. (ISBN 978-0-429-84919-0, lire en ligne), p. 144
  3. « Tour de Ganne (Grez-sur-Loing, 12th century-14th century) », sur Structurae (consulté le 21 mars 2020)
  4. « La Tour de Ganne | Seine-et-Marne Attractivité », sur tourisme.seine-et-marne-attractivite.fr (consulté le 21 mars 2020)
  5. Jean-Luc Flohic, Le Patrimoine des communes de la Seine et Marne, t. 2, Paris, Éditions Flohic, , 1500 p. (ISBN 2-84234-100-7), Canton de Nemours - Grez-sur-Loing, « Tour Ganne », p. 1144
  6. « Grez-sur-Loing | Seine-et-Marne Attractivité », sur tourisme.seine-et-marne-attractivite.fr (consulté le 22 mars 2020)
  7. « La ruelle de la Tour Ganne à #Grez-sur-Loing #77 #77880 », sur www.petit-patrimoine.com (consulté le 21 mars 2020)
  8. « La Tour de Ganne et ses jardins. », sur Cirkwi (consulté le 22 mars 2020)
  9. « La ruelle de la Tour Ganne », sur ignrando.fr (consulté le 22 mars 2020)
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