Tyndaris

Tyndaris ou Tyndarion (du grec ancien Τυνδαρίς selon Strabon ou Τυνδάριον selon Ptolémée), est une ancienne cité grecque située dans la province de Messine en Sicile, aujourd'hui Tindari, dans la commune de Patti.

Théâtre grec de Tyndaris

Historique des recherches du site archéologique

Les ruines actuelles de Tindari sont le fruit de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques.

Parmi les premières recherches, soit durant les XVIII-XIXe siècles, les premières structures attestées furent le théâtre grec, la basilique romaine ainsi que d’autres édifices tels que le Bouleutérion. Francesco Ferrara a été le rédacteur de la première monographie sur l’archéologie de Tindari sous le nom de Memorie sopra l’antica distrutta città di Tindari, publié durant la première moitié du XIXe siècle.

Dès la deuxième partie du XIXe siècle, les fouilles ont commencé à être systématiques. C’est notamment durant ces fouilles que les habitations à l’ouest de la basilique romaine ont été découvertes. Ces dernières ont la particularité de posséder des mosaïques polychromes.

Une des dernières grandes études du site a été réalisé par Nino Lamboglia en 1950-1952. Durant son étude, des fragment de marbre de statues Niké acrotériales ont été retrouvées.

Les dernières fouilles ont eu lieu jusqu’en 2007. Ces fouilles ont notamment nourri l’hypothèse que le noyau urbain était situé au nord du théâtre[1].

Histoire

Tindari a été fondée en 396 av. J.-C. par Denys l’Ancien, tyran de Syracuse. Cette colonie a été fondée afin d’assouvir un contrôle plus important sur la péninsule. En effet, Denys l’Ancien avait pour but de contrôler le détroit de Messine qui permet un accès direct à l’Italie et également aux routes commerciales. Ses ambitions furent remplies étant donné que le tyran de Syracuse réussit à détruire les forces de Rhêgion, colonie d’Italie.  Ainsi, en ayant le contrôle des deux côtés du détroit avec Rhêgion en Italie et Messina (anciennement appelé Zancle) en Sicile, Denys l’Ancien montre sa puissance[2].

Comme plusieurs cités antiques de Sicile, comme Taormina ou Gela, Tindari a été détruite suite à un tremblement de terre. Ce dernier a eu lieu en ~360 ap. J.-C. [3]

Zone archéologique

Au sommet de l'acropole : vestiges du théâtre antique et de la cité antique : quartier d'habitations, mur d'enceinte.

"Urbanisme"

Tindari fait partie de ces nouvelles cités dans le sens où elle ne suit pas l’organisation chaotique de Rome ou Athènes. En effet, elle possède un plan régulier, également dit « en damier ». D’autres citées de Sicile présentent la même organisation comme Mégara Hyblaea, fondée au VIIIe siècle av. J.-C.[4]


Mur d'enceinte

D’après les stratigraphies archéologiques, les premières traces d’utilisation de ce site remonte à 350-300 BC. Toutefois, à cette époque, aucun indice ne suspecte une muraille protégeant la ville. Selon Nino Lamboglia, ce n’est que dès 300-250 BC que la muraille a été érigée (probablement durant le règne de Iceta (289-278 BC). Toujours d’après le même archéologue, cette muraille aurait subi des modifications jusqu’en 150 av. J.-C. L’état de préservation de celle-ci ne permet pas de définir l’Opera de la structure. Toutefois, à son dernier stade, les études ont montré qu’elle était recouverte d’un plâtre[1].

Théâtre

Le site archéologique de Tindari présente un théâtre typiquement grec. Ce dernier est distinguable du théâtre romain par le fait que la structure épouse la topographie naturelle. Ainsi, le théâtre de Tindari profite du caractère montagneux du site. Le théâtre est construit en pierre dure et est en forme de hémicycle.

Basilique

Initialement considérée comme un gymnase lors des premières fouilles, la structure a finalement été déduite comme une basilique. Cette dernière semble dater du Ier siècle av. J.-C. en raison de son architecture[5].

Images

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. (it) Fasolo Michele, Tyndaris e il suo territorio I: Introduzione alla carta archeologica del territorio di Tindari, MediaGEO, (ISBN 9788890875519, lire en ligne)
  2. Frétigné, Jean-Yves., Histoire de la Sicile des origines à nos jours, Fayard, impr. 2009 (ISBN 9782213631547 et 2213631549, OCLC 690359851, lire en ligne)
  3. (en) Carla Bottari, Stathis C. Stiros et Antonio Teramo, « Archaeological evidence for destructive earthquakes in Sicily between 400 B.C. and A.D. 600 », Geoarchaeology, vol. 24, no 2, , p. 147–175 (DOI 10.1002/gea.20260, lire en ligne, consulté le 19 juillet 2019)
  4. GRUET Brice, « Hippodamos de Milet. Un architecte en trompe-l'oeil », Dossiers d'archéologie, , p. 28-33 (ISSN 1141-7137)
  5. Encyclopædia Universalis, « TYNDARIS », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 19 juillet 2019)
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