Véhicule sous-marin téléguidé

Un véhicule sous-marin téléguidé (ou ROV, Remotely Operated underwater Vehicle) est un petit robot sous-marin contrôlé à distance (généralement filoguidé), contrairement au robot sous-marin autonome (AUV, Autonomous Underwater Vehicle). Comme leurs homologues aériens, ces drones permettent une acquisition rapide et sécurisée d’informations globales ou précises, physicochimiques et visuelles (sous forme numérique notamment), assez rapidement, à distance de l'opérateur et parfois "en masse". Certains ont une fonction de plateforme pouvant être équipée à la demande de préleveurs ou de divers capteurs. De nombreux prospectivistes estiment que leur usage civil, encore émergent, est une source potentielle de progrès scientifique et opérationnel.

Un ROV de type workclass en opération près d'une infrastructure pétrolière (Oceaneering)
Robot sous-marin filoguidé construit par les étudiants de l'Université Cornell (dans la piscine anéchoïque du Centre d'évaluation de transduction de San Diego, le 24 juillet 2013, lors du RoboSub [1])

Présentation

Il existe deux catégories de ROV selon le travail à accomplir :

  • Les ROV d'observation ou OBSROV (pour OBServation Remotely Operated Vehicles), sont des engins utilisés dans un but d'observation, par exemple vérifier l'état d'oléoducs ou des fondations de plates-formes pétrolières ou d'effectuer diverses mesures (salinité, turbidité, champ magnétique…)
  • Les ROV de travail ou Workclass ROV (pour Workclass Remotely Operated Vehicles) sont des engins équipés de bras hydrauliques ou électriques et d'outils permettant l'accomplissement de travaux spécifiques tels que découper, ou détecter des gaz. Des exemples typiques sont la manipulation de vannes ou la maintenance des installations pétrolières.

En 2008, les ROV peuvent descendre jusqu'à environ 6 000 mètres sous la surface de l'eau (ROV Victor, Ifremer), et supporter des pressions allant jusqu'à 600 bars.

Utilisations

Dispositif de succion équipant un ROV, ici en train de capturer à fins d'étude un specimen de pieuvre des grands fonds (Cirroteuthis muelleri)

Les premiers ROVs ont été utilisés pour l'exploration océanographique en profondeur, et assez rapidement pour l'extraction pétrolifère ainsi que dans la maintenance des lignes et infrastructures sous-marines, telles que les oléoducs et les câbles sous-marin. En 2008, leur nombre s'élèverait à environ 1 500 engins, dont 35 % utilisés en mer du Nord.

Des ROV ont aussi été utilisés pour explorer des épaves de plusieurs bateaux, dont le Titanic (pour la première fois ainsi filmé en 1987 à environ 3 820 mètres de fond), le Bismarck, ou le Central America, ou d'avions, comme l'A330 du vol AF447 ou plus récemment (23 septembre 2013) pour l'épave d'un hélicoptère de la Garde côtière canadienne qui s'est abimé dans l'Océan Arctique par près de 500 mètres de profondeur. Lors de ces missions, ils sont parfois utilisés pour remonter à la surface des objets provenant de ces épaves. Depuis les années 2000, les progrès de la robotique ont permis d'envisager l'utilisation de robots pour la fouille archéologique profonde. Le DRASSM fait figure de précurseur dans ce domaine avec son programme de développement d'outils robotiques spécifiques pour l'archéologie sous-marine, démarré en 2012 en partenariat avec plusieurs laboratoire, dont le LIRMM et Stanford University, et qui lui permet désormais d'effectuer des campagnes archéologiques fréquentes entre 50 et 1.000 mètres de profondeur[2],[3],[4], notamment sur l'épave de la Lune.

Les ROV peuvent également être utilisés pour des opérations militaires, et notamment la surveillance ou le déminage en milieu sous-marin. Boeing a développé des ROV à usage spécifiquement militaires comme le