Yann Bricler

Yann Bricler ou Jean Bricler, né en 1902 à Quimper, est un militant nationaliste breton, chef de la section locale du Parti national breton à Quimper. Il fut exécuté le à Quimper par la Résistance.

Yann Bricler
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Biographie

Cousin d'Olier Mordrel, il fait ses études à l'École normale de Saint-Brieuc[1] et adhère dès l'âge de 15 ans à Unvaniezh Yaouankiz Breiz (Groupe régionaliste breton) dès sa création en 1918. Il fut très actif dans divers mouvements bretons et en particulier l'Emsav, entre 1920 et la Seconde Guerre mondiale. Le , il fait une conférence sur « La question celtique » dans la région parisienne[2]. Il participe en 1927 à la création du Parti autonomiste breton, dirigé par François Debeauvais, dont il devient le secrétaire général. En 1932, il est suspecté d'être l'un des auteurs de l'attentat de Rennes contre la sculpture de Jean Boucher symbolisant l'union de la Bretagne à la France[3]. Il est dès sa fondation en 1934 administrateur de la revue Stur qui développe une idéologie nationale-socialiste bretonnisée. En mai 1942, il devient l'administrateur du nouveau Stur, toujours dirigé par Olier Mordrel, qui reparaît pendant plus d'un an et est alors ouvertement pro-nazi.

Il était aussi un industriel, directeur des « Biscuiteries de Locmaria » à Quimper.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fait preuve de sentiments pro-allemands : par exemple, lors de Noël 1942, à la demande de Marc Le Berre, responsable local du Parti national breton, il fait confectionner par son entreprise tout un lot de boîtes fantaisies de crêpes dentelles destinées comme cadeaux aux soldats allemands de Stalingrad, chaque boîte étant accompagnée d'un petit message en allemand comme « Aux héros de Stalingrad », « Aux libérateurs de l'Europe » et signé « Un breton reconnaissant »[4].

Il entretient des liens avec la Feldkommandantur de Quimper, et est accusé par la Résistance de collaboration très active avec la Gestapo. Divers documents accablants furent trouvés dans son coffre-fort après son assassinat, en particulier une liste d'une centaine de personnes[5].Il fut tué par deux résistants venus du maquis de Saint-Goazec le à Quimper, peut-être sur un ordre venu de Londres[6]. Son décès est présenté dans la presse collaborationniste de l'époque comme survenu accidentellement[7].

L'enterrement de Yann Bricler dût se faire sous la protection de la kommandantur locale. Olier Mordrel, qui assistait à la cérémonie, a écrit que le cortège funèbre défila jusqu'à l'église Saint-Mathieu entre deux haies de gens qui ricanaient, ce qui illustre le sentiment d'une bonne partie de la population quimpéroise à cette époque[4].

Notes et références

  1. Revue Le Mouvement social : bulletin trimestriel de l'Institut français d'histoire sociale, janvier 1970.
  2. https://www.amazon.fr/Question-celtique-conf%C3%A9rence-groupement-Coude-%C3%A0-Coude/dp/B0018H9Z4G/ref=sr_1_1/256-0347564-5490513?s=books&ie=UTF8&qid=1471228675&sr=1-1
  3. Journal L'Ouest-Éclair no 13071 du 20 août 1932, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k659011m/f4.image.r=Bricler?rk=128756;0
  4. Georges Cadiou, L'Hermine et la Croix gammée, Mango Document, (ISBN 2-914353-065)
  5. Sur la liste Bricler figuraient notamment Francis Gourvil, les chanoines Joncour et Le Goasguen, de la direction des Œuvres à l'évêché de Quimper, l'abbé Jean-Louis Dantec, vicaire à Landerneau, etc., voir Yvon Tranvouez, Catholiques en Bretagne au XXe siècle, PURennes, (ISBN 2-7535-0318-4)
  6. Jacqueline Sainclivier, Christian Bougeard, La Résistance et les Français: Enjeux stratégiques et environnement social, Presses Universitaires de Rennes, 1995, p. 236.
  7. Journaux L'Ouest-Éclair, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k663056g/f2.image.r=Bricler?rk=257512;0 et La Dépêche de Brest et de l'Ouest du 7 septembre 1943
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